Mur des fusillés de Valréas
monument aux morts à Valréas (Vaucluse)
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Le Mur des fusillés est un mémorial à Valréas, dans le département de Vaucluse, commémorant l'assassinat de 53 otages et prisonniers le par l'occupant allemand. Moins connu que le massacre d'Oradour-sur-Glane qui a eu lieu deux jours plus tôt le , le massacre de Valréas a marqué dans le sang le passage de la Werhmacht en Provence.
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Le massacre de Valréas
Enivrés par la perspective de la victoire suite au débarquement allié en Normandie, environ 200 résistants FFI et FTP locaux décident, le matin du , de libérer la ville de Valréas dans le Vaucluse, prenant le contrôle des bâtiments publics et des villages alentours. Une situation inacceptable pour l'occupant nazi qui ne peut laisser l'événement impuni au risque de voir la situation se propager. Quatre jours plus tard, le , une armée allemande hétéroclite de quelques 1 200 soldats, dont une trentaine d'hommes de la Division Brandenburg, soutenus par des avions de la Luftwaffe et 34 panzers de la 9e Division blindée, attaque en plusieurs directions la cité pour l'encercler[1].
Après de violents accrochages, les maquisards en nette infériorité numérique, manquant d'entraînement et d'armes lourdes sont défaits et doivent s'enfuir ou sont capturés. A Taulignan, village limitrophe de la Drôme où les résistants avaient établi un barrage, les Allemands exécutent sur leur passage plusieurs civils et prisonniers. Puis, en entrant à Valréas, ils sèment la terreur en tirant dans tous les sens, allant jusqu'à incendier plusieurs bâtiments et en piller d'autres. Le maire, Jules Niel, est forcé par les Allemands de rassembler tous les habitants sur la place de la mairie. Là, 28 valréassiens sont pris au hasard comme otages et conduits jusqu'au Portalon, où le maire parvient après négociations à en sauver deux. Les otages sont ensuite rejoints par 27 maquisards faits prisonniers avant d'être tous conduits devant l'hôtel Thomassin où le commandement allemand a établi son QG. Alignés en face de l'hôtel, contre le mur d'un atelier de cartonnage, otages et prisonniers sont fusillés méthodiquement par petits groupes pour l'exemple[2]. En fin de journée, à la vue de tous et avec interdiction d'y toucher, 50 corps gisent devant le mur et 7 autres ailleurs en ville et aux alentours. Malgré tout, à la nuit tombée, plusieurs habitants bravent l'interdit et découvrent dans le charnier cinq survivants qui sont conduits à l'hôpital où un décède de ses blessures. C'est seulement le que les Allemands autorisent les habitants à transporter jusqu'au cimetière les 53 cercueils, accompagnés uniquement des familles et des autorités[3]. Au total, on compte près de 73 victimes, civils et maquisards, tués par les Allemands le suite aux combats et aux exactions commises autour de l'Enclave des Papes.
Libération et construction
Les Valréassiens retrouvent la liberté le avec la libération par les soldats américains de la 3e Division d'Infanterie. Rapidement, il est décidé d'élever sur le lieu du massacre un monument commémorant les victimes de la barbarie nazie. La première commémoration au Mur des Fusillés a lieu le , un an jour pour jour après le massacre. Les noms des 53 otages et prisonniers figurent sur le monument commémoratif qui est inscrit au titre des monuments historiques depuis [4].