Mur du Janicule
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Le mur du Janicule est une enceinte défensive édifiée à Rome à l'initiative du pape Urbain VIII à partir de 1642 ; c'est le plus récent dispositif de ce genre dans cette ville.
Le mur prolonge vers le sud la muraille de la cité léonine qui protège le Vatican, sur la rive droite du Tibre et va rejoindre les bords du fleuve près du port antique, enfermant une grande partie du quartier du Trastevere. Endommagé en 1849 lors des combats opposant les milices de la République romaine aux troupes françaises, ses réparations commencent cinq ans plus tard.
Dans l'Italie du XVIIe siècle, les familles Barberini à laquelle appartient Urbain VIII et Farnèse se livrent une guerre d'influence féroce ; la politique expansionniste des premiers aux dépens des seconds connaît son point d'orgue avec la guerre de Castro. Si les quartiers de Rome situés sur la rive gauche du Tibre sont moins exposés, ce conflit révèle l'insuffisance des défenses du Vatican et du Trastevere face à un assaut qui viserait cette partie de la ville où réside le pape.

Urbain VIII demande donc à Marcantonio De Rossi de concevoir la nouvelle enceinte, avec l'appui de Domenico Castelli et de Giovanni Bonazzini[1]. Les premiers relevés sont faits en 1641, la construction proprement dite débute en 1642 pour s'achever en 1650 sous le pontificat d'Innocent X avec l'édification de la Porta Portese[2]. Parallèlement, toute la partie du mur d'Aurélien situé dans le Trastevere est démontée. Pendant les deux siècles qui suivent, toutefois, aucune attaque n'est menée contre Rome et l'efficacité de l'enceinte n'est pas mise à l'épreuve. Des réparations sont malgré tout effectuées à au moins une dizaine de reprises entre 1658 et 1831[3].
La situation change au XIXe siècle et en 1849 des combats opposent les milices de la République romaine à l'armée française venu aider au rétablissement du pape — c'est l'« expédition de Rome ». Bien que le mur du Janicule soit l'enceinte la plus solide de la ville[4], l'artillerie a fait des progrès considérables depuis sa construction et les murailles sont détruites en huit endroits dont la porte San Pancrazio, entièrement démolie[5]. Dès que son pouvoir est rétabli, Pie IX fait réparer les sections endommagées et reconstruire, de 1854 à 1857, la porta San Pancrazio sous la direction de l'architecte Virginio Vespignani[6].
Dans les années 2010, alors que l'état d'abandon de l'enceinte est constaté, des travaux de consolidation et de restauration sont engagés par l'organisme chargé de la surveillance et de la valorisation des biens culturels de la ville[7].

