Musique mapuche

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Machis jouant du kultrún.

La musique mapuche est la musique du peuple mapuche, principalement présent au Chili (Ngulumapu ou "terre de l'ouest") et en Argentine (Puelmapu ou "terre de l'est"). Elle est utilisée durant différentes situations de la vie quotidienne mais principalement lors de rituels. Les chants mapuche sont généralement improvisés et peuvent être a cappella ou accompagnés d'instruments comme le kultrún, la pifilka, la trutruka (es) ou la kaskawilla (es)[1].

Période archaïque

Les preuves archéologiques les plus anciennes de colonies humaines en Araucanie correspondent à l'endroit Montez Vert, proche de Port Montt environ dans le 10.500 à. C. C'était des chasseurs-cueilleurs qui réalisaient des rites et des fêtes où le son du groupe était constamment réélaboré. Les enregistrements sonores manquent, mais on sait qu'ils avaient un large répertoire de chansons et qu'ils possédaient peut-être des instruments tels que des idiophones et des flûtes. Il est probable que les premiers chasseurs-cueilleurs aient apporté des instruments sophistiqués tels que des flûtes en os.

Pitrén (200 - 1200 av. J-C)

La seule référence musicale attribuée à cette culture est une céramique. C'est une cruche qui représente un personnage jouant de la flûte. Elle a été trouvée dans le lac Calafquén, ce qui permet de déduire l'existence d'une flûte à partir d'ossements d'animaux à cette période.

Il existe également un certain nombre de flûtes en pierre qui peuvent être stylistiquement attribuées à cette période, à partir de la comparaison avec les céramiques Pitrén. Ce sont de petites flûtes arrondies d’aspect compact. Elles se caractérisent par un son aigu et capables d'atteindre une grande intensité sonore.

Le Vergel (1000 av. J-C)

A cette période, on peut reconnaître des flûtes aux caractéristiques typiques d' El Vergel puisqu'on y retrouve des dessins dans le même style que celui utilisé pour décorer les céramiques caractéristiques de cette période. Il s'agit principalement de piloilos[2] (type de flûte de Pan en pierre dont les tubes suivent un ordre apparemment aléatoire, différent pour chaque flûte) à anse basale, de forme arrondie ou rectangulaire avec des angles arrondis, mais plus stylisés et plats que ceux de la période Pitrén

Protomapuches (1.300 av. J-C)

Leur système social comprenait des procédures d'alliances et d'équilibres à travers de grands rituels collectifs. La sonorité générale de ces rituels était probablement similaire à celle d'aujourd'hui, avec des masses instrumentales de kultrún, trutruka, ñolkin, kull kull et pifilka[3] mais avec l'ajout d'une plus grande variété de flûtes, formant parfois de vastes cacophonies, continuellement changeantes, dont la forme générale était encadrée par le jeu du kultrún de la machi.

L'arrivée des espagnols (1535)

Aucun des instruments introduits par les Espagnols sur le territoire mapuche n'a influencé la culture mapuche, à l'exception de la trompette militaire métallique, qu'ils commencèrent à utiliser dans les batailles comme trophée de guerre. Plus tard, d'autres influences des conquistadors ont pu être identifiées dans l'aspect musical, comme l'introduction du clairon de guerre espagnol et des grelots métalliques. Cependant, les influences européennes restent minimes.

Dans l'actualité

Au XXe siècles et XXIe siècle de plus en plus d'ouvrages, recherches et articles sur la culture mapuche ont commencé à être publiés, notamment sur des sujets tels que la musique. De plus, des CD contenant des compilations d'œuvres sonores ont commencé à circuler.

On constate depuis les années 90 un phénomène de revalorisation de la culture mapuche, principalement de la part des communautés elles-mêmes, qui a contribué au maintien de leurs traditions musicales mais également à l'émergence de nouvelles formes de musique qui réutilisent les sonorités mapuche tout en les fusionnant avec des codes et des genres musicaux winka (blancs, occidentaux, non-mapuche en mapugungún) comme le rock[4], le métal, le rap ou encore le punk[5]. Cette musique fusion répond notamment à un besoin grandissant de la jeunesse mapuche, très majoritairement urbaine, de réaffirmer une identité culturelle mapuche malgré le fait d'être éloignés des communautés traditionnelles, le plus souvent rurales.

Cette fusion peut se faire grâce à l'utilisation d'instruments traditionnels comme le kultrún ou la trutruka dans d'autres styles de musique, mais elle peut également passer par des paroles en mapudungún ou des textes engagés pour la cause mapuche (dans lesquels on retrouve une dénonciation de la violence historique et actuelle des États argentin et chilien vis-à-vis du peuple mapuche).

Chant sacré (tayül)

Chant profane (ülkantun)

Références

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