Musée de la Kalâa des Béni Hammad
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| Nom local |
متحف قلعة بني حماد |
|---|---|
| Type | |
| Ouverture |
18 avril 1995 |
| Surface |
400 m2 |
| Collections | |
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| Genre |
Art et architecture islamiques médiévaux |
| Provenance | |
| Époque |
| Article dédié | |
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| Protection |
Site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO |
| Pays | |
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| Division administrative | |
| Commune | |
| Adresse |
Proximité du site archéologique de la Kalâa des Béni Hammad |
| Coordonnées |
Le Musée de la Kalâa des Béni Hammad est un musée archéologique implanté à proximité du célèbre site médiéval de la Kalâa des Béni Hammad, dans la commune de Maâdid (wilaya de M'Sila) en Algérie. Il est destiné à la conservation, la présentation et la valorisation des vestiges matériels découverts lors des fouilles de ce site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Le musée de la Kalâa des Béni Hammad a été créé le sous l’égide de l’Agence nationale de l’archéologie et de la protection des monuments et sites historiques, et inauguré par Slimane Cheikh, alors ministre de la Culture, à l’occasion de la Journée mondiale des monuments et des sites. Il a pour vocation d’abriter les objets archéologiques découverts lors des campagnes de fouilles menées sur le site, notamment par Lucien Golvin et Rachid Bourouiba, comprenant principalement des pièces en céramique et des pierres sculptées. Une partie de ces objets a été transférée vers d’autres musées nationaux et internationaux, tandis qu’une autre est restée sur place pour constituer la collection du musée de site[1],[2],[3].
Le bâtiment qui accueille le musée est un ancien centre de tissage construit dans les années 1960, transformé successivement en lycée puis en entrepôt avant sa réaffectation muséale. Des travaux de rénovation et d’aménagement ont permis d’élargir et de structurer l’espace d’exposition, notamment en 2001 avec l’extension de la salle à 400 m2, décorée selon un style inspiré de l’architecture hammadide. Le musée a été rouvert le , enrichissant sa collection d’objets métalliques en plus des pièces déjà présentes[1],[2].
En tant que musée de site, il joue un rôle clé dans la préservation du patrimoine archéologique local et dans la diffusion des connaissances sur la Kalâa des Béni Hammad inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1980[4]. Il complète la visite des ruines de l’ancienne capitale hammadide, permettant aux visiteurs de mieux comprendre l’architecture, les arts décoratifs et la vie matérielle de cette civilisation médiévale.
Au début de l’année 2014, la Gendarmerie nationale de M’sila a ouvert une enquête sur la disparition de 130 pièces archéologiques de la Kalâa des Béni Hammad. Le musée a été la cible de ce vol portant sur des objets issus de ses collections, à la suite de fouilles illégales. L’investigation a permis la récupération de 64 pièces, et un dossier judiciaire a été constitué contre trois personnes. L’enquête, qui se poursuivait par l’audition des responsables du site et du musée, n’avait pas encore donné lieu, en 2017, à la publication des résultats ou à l’identification des responsabilités[5],[6].
Découvertes archéologiques
Les fouilles archéologiques de la Kalâa des Béni Hammad ont révélé un vaste ensemble de vestiges permettant de mieux comprendre la civilisation hammadide (XIᵉ–XIIᵉ siècles). Dès le XIXᵉ siècle, Laurent-Charles Féraud et Louis Méquesse signalèrent l’importance historique du site, avant les prospections de Paul Blanchet en 1897, complétées par les études d’Achille Robert. En 1908, le général Léon de Beylié, conseillé par Henri Saladin et assisté de Georges Marçais, mena des fouilles méthodiques mettant au jour la Grande Mosquée, le Manār et plusieurs palais. Les recherches reprirent dans les années 1950 avec Lucien Golvin, puis à partir de 1964 avec Rachid Bourouiba. Par la suite, Abderrahmane Khelifa ainsi que des équipes algériennes et étrangères poursuivirent les fouilles et les travaux de restauration, tandis qu’une grande partie du site demeure encore inexplorée[7],[8],[9].
Les artefacts découverts au cours du XXᵉ siècle, notamment lors des travaux dirigés par Lucien Golvin, Georges Marçais et Rachid Bourouiba, furent d’abord répartis entre plusieurs institutions nationales et internationales, dont le musée du Louvre le musée de Sétif, le musée national Cirta à Constantine et le musée national des Antiquités et des Arts islamiques à Alger. Par la suite, un musée de site fut créé à proximité du monument historique.
Un important mobilier céramique a été exhumé, composé de tessons ornés de motifs géométriques et épigraphiques, ainsi que de lampes et de récipients de formes variées, témoignant à la fois des ateliers locaux et des échanges commerciaux. Les fouilles ont également livré de nombreux fragments architecturaux de grande qualité, tels que des fûts de colonnes provenant de la mosquée et des palais, des chapiteaux en pierre ocre, du plâtre sculpté, du marbre et des briques vernissées, permettant de reconstituer partiellement l’architecture monumentale et son décor[10],[11],[12].
Parmi les découvertes figurent aussi des fragments de stucco finement sculptés ainsi que des zelliges, premières formes de mosaïques en terre cuite émaillée, révélant des techniques décoratives précoces et élaborées dans l’art islamique maghrébin, qui influencèrent par la suite l’architecture andalouse et nord-africaine. Des objets métalliques, des ornements et bijoux, ainsi que des monnaies, notamment des dirhams d’argent et plusieurs pièces d’or, ont également été mis au jour, apportant un éclairage précieux sur l’économie, les réseaux monétaires et les échanges régionaux à l’époque hammadide[10],[11],[12].
Les archéologues ont enfin identifié des vestiges de fontaines décoratives, parfois ornées de lions, ainsi que des bassins et structures intégrant des figures animales, illustrant la richesse du décor palatial et l’importance de l’art figuratif dans certains contextes architecturaux[10],[11],[12].
- Quelques artefacts répartis entre plusieurs musées
Collection
Le musée expose principalement des éléments architecturaux, des fragments décoratifs, des tessons de céramique et d’autres objets provenant des fouilles des palais, notamment du palais du Manar et du palais du Bahr, ainsi que d’autres secteurs du site. Ces pièces illustrent l’art et l’architecture de la civilisation hammadide (XIe – XIIe siècles).
L’exposition est organisée dans une salle d’environ 400 m2, avec des vitrines murales et des zones thématiques inspirées de l’architecture hammadide, permettant de replacer les objets dans leur contexte culturel et historique. La façade du musée s’inspire également de l’art hammadide, avec une galerie d’arcs en berceau et des motifs décoratifs évocateurs de ceux présents sur le site[1],[2].
La collection la plus importante est celle de la céramique, comprenant des lampes à huile, des carreaux de sol, ainsi que des fragments de vaisselle à décor à lustre métallique ornés de motifs végétaux, géométriques et épigraphiques. Le musée conserve également des ensembles de stuc sculpté et peint, du stuc enduit de décors géométriques, végétaux et calligraphiques, ainsi que du stuc modelé en forme de fleurs[1],[2].
On y trouve en outre des collections de pierres sculptées et de marbre, ainsi qu’un autre ensemble composé de stèles funéraires, de colonnes, de chapiteaux, d’éléments de décor de façade[1],[2].
La section des métaux comprend une collection de monnaies fatimides et almohades, des poids en bronze et en plomb, des amulettes en plomb, des instruments de parure féminine[1],[2].
