Myrianida

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Myrianida est un genre de vers annélides marins de la famille des Syllidae.

Description

Dans le genre Myrianida les formes atoques (adultes non sexués) mesurent 1,2 à 21 mm de long pour 16 à 109 segments. Le corps, cylindrique ou légèrement rectangulaire en section, s’aplatit ventralement et se rétrécit vers l’arrière. La ciliature compte un ou deux anneaux de cils par segment. Le prostomium[note 1], rectangulaire et arrondi, porte quatre yeux à lentilles disposés en trapèze, la paire antérieure étant plus grande. Les palpes, fusionnés à la base, dépassent peu ou pas le prostomium. Trois antennes sont présentes : une médiane et deux latérales. Deux paires de cirres tentaculaires complètent la tête. Les parapodes, de taille moyenne à grande, ont des lobes arrondis, parfois prolongés dorsalement. Les soies, composées et bidentées, présentent une denticulation sur les lames, sauf les soies-baïonnettes, fines et denticulées près de leur extrémité. Le pharynx est sinueux devant le proventricule[note 2], et le trépan[note 3] présente divers types de dents. Un anneau basal peut être présent ou absent. Le proventricule montre des rangées de cellules musculaires de forme carrée. Le pygidium porte deux cirres, sans papille médiane[1].

Les formes épitoques mâles ont un corps segmenté en trois zones fonctionnelles. La région antérieure compte deux à quatre segments uniramés, généralement trois, tandis que la région médiane, plus large, en comporte quatorze à vingt-quatre, biramés. La région postérieure, plus réduite, ne comprend parfois aucun segment mais peut avoir jusqu'à à huit segments uniramés. La ciliature segmentaire reste inchangée par rapport à la forme atoquee, avec un ou deux anneaux de cils par segment. Le prostomium, élargi et de forme rectangulaire arrondie, porte deux paires d’yeux à lentilles, la paire ventrale étant la plus développée. Les palpes sont absents. Une antenne médiane robuste émerge de la partie postérieure du prostomium, accompagnée de deux antennes latérales bifides dont les ramifications ventrales externes peuvent dépasser jusqu’à cinq fois la longueur des ramifications dorsales internes. Des processus frontaux minuscules sont situés près des yeux dorsaux, et des excroissances ventrales peuvent apparaître près des yeux inférieurs. Les cirres tentaculaires, au nombre d’une ou deux paires, sont présents, tandis que les premiers cirres dorsaux, similaires en taille et en forme à l’antenne médiane, se positionnent au-dessus des lobes du premier segment porte-soies. Les parapodes de la région médiane sont élargis, aplatis et équipés de notopodes[note 4] bien développés, soutenus par des acicules[note 5] antéro-dorsales et postéro-ventrales. Les lobes notopodiaux portent quinze à trente soies natatoires, dont la longueur équivaut à la largeur corporelle de la région médiane, lobes inclus. Le pygidium, dépourvu de papille médiane, porte deux cirres. Les appendices, qu’il s’agisse d’antennes ou de cirres, adoptent des formes variées, allant de cylindrique à fusiforme, en passant par des morphologies renflées ou aplaties[1].

Les formes épitoques femelles présentent aussi un corps divisé en trois régions : une région antérieure comptant deux à six segments uniramés, une région médiane de quatorze à vingt-trois segments biramés à la largeur est légèrement accrue, et une région postérieure de deux à quinze segments uniramés. La largeur du corps est relativement constante. La ciliature segmentaire reste identique à celle de la forme atoque, avec un ou deux anneaux de cils par segment. Le prostomium, rectangulaire et élargi, porte deux paires d’yeux à lentilles, la paire ventrale étant plus grande et dépourvue de palpes. Une antenne médiane est présente et des antennes latérales émergent du bord antérieur. Une ou deux paires de cirres tentaculaires sont présentes, les premiers cirres dorsaux se situant au-dessus des lobes du premier segment porte-soies. Les cirres peuvent être cylindriques, fusiformes, renflés ou aplatis. Les parapodes de la région médiane, moins développés que chez le mâle, comportent des notopodes soutenus par des acicules antéro-dorsaux et postéro-ventraux. Les lobes notopodiaux portent quinze à vingt soies natatoires, dont la longueur atteint une fois et demie la largeur corporelle de la région médiane, lobes inclus. Le pygidium, dépourvu de papille médiane, porte deux cirres[1].

Reproduction

Comme la majorité des syllidés, les Autolytinae, sous-famille à laquelle appartient le genre Myrianida, sont gonochoriques et présentent une épitoquie. Chez les Autolytinae, l’épi‑ et la schizogamie cohabitent. Myrianida prolifera et M. edwarsi sont des exemples connus de la schizogamie gemmipare. Les stolons (ou épitoques) mâles et femelles diffèrent nettement sur le plan morphologique, et les mâles se déplacent beaucoup plus rapidement que les femelles. La « danse nuptiale » débute dès que le mâle repère la femelle : il tourne rapidement en cercles serrés autour d’elle, le dos tourné vers elle, ses antennes et ses cirres effleurant son corps. Cette accélération de la nage du mâle semble être déclenchée par des phéromones émises par la femelle. En nageant ainsi, le mâle libère son sperme sous forme de filaments gluants, puis s’éloigne. Environ une heure plus tard, la femelle, recouverte de semence, dépose ses œufs dans un sac gélatineux. Il est probable qu’elle demeure un certain temps dans le plancton tout en assurant la couvaison des larves[2].

Liste des espèces

Selon World Register of Marine Species (11 septembre 2025)[3] :

  • Myrianida antondohrni (Çinar & Gambi, 2005)
  • Myrianida arborea (Westheide, 1974)
  • Myrianida australiensis (Hartmann-Schröder, 1982)
  • Myrianida brachycephala (Marenzeller, 1874)
  • Myrianida brevicirrata (Winternitz, 1936)
  • Myrianida brevipes (Hartmann-Schröder, 1959)
  • Myrianida cognettii (Çinar & Gambi, 2005)
  • Myrianida convoluta (Cognetti, 1953)
  • Myrianida dentalia (Imajima, 1966)
  • Myrianida edwarsi (Saint Joseph, 1887)
  • Myrianida flava Nygren, 2004
  • Myrianida gidholmi Nygren & Pleijel, 2007
  • Myrianida hesperidium (Claparède, 1868)
  • Myrianida inermis (Saint Joseph, 1887)
  • Myrianida irregularis (Imajima & Hartman, 1964)
  • Myrianida juventudensis (San Martín, 1994)
  • Myrianida langerhansi (Gidholm, 1967)
  • Myrianida longoprimicirrata (López, San Martín & Jiménez, 1997)
  • Myrianida multidenticulata (Westheide, 1974)
  • Myrianida pachycera (Augener, 1913)
  • Myrianida paredesi Aguirre, San Martín & Álvarez-Campos, 2016
  • Myrianida pentadentata (Imajima, 1966)
  • Myrianida phyllocera Augener, 1918
  • Myrianida pinnigera (Montagu, 1808)
  • Myrianida profunda (San Martin, 2004)
  • Myrianida prolifera (O.F. Müller, 1788)
  • Myrianida puladilaw Álvarez-Campos, San Martín & Piotrowski, 2014
  • Myrianida pulchella Day, 1953
  • Myrianida quindecimdentata (Langerhans, 1884)
  • Myrianida rangiroaensis (Hartmann-Schröder, 1992)
  • Myrianida rodosensis Çinar, 2015
  • Myrianida rubropunctata (Grube, 1860)
  • Myrianida sanmartini Dietrich et al. 2015
  • Myrianida spinoculata (Imajima, 1966)
  • Myrianida tereseta Hoagland, 1920
  • Myrianida tyrrhenica (Cognetti, 1953)

Systématique

Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Myrianida Milne-Edwards, 1845[3],[4]. Dans sa publication de 1845, Milne-Edwards baptise ce genre « Myrianide » en précisant que « cet Annélide, dont se distingue des Phyllodocés et des Myrianes[note 6] par la forme de la tête, par l'absence de cirrhe ventral à tous les pieds, et par plusieurs autres caractères »[4].

Myrianida a pour synonymes[3] :

  • Autolytides Malaquin, 1893
  • Autolytus (Autolytides) Malaquin, 1893
  • Autolytus (Autolytus) Grube, 1850
  • Autolytus Grube, 1850
  • Crithida Gosse, 1855
  • Diploceraea Grube, 1850
  • Podenereis Blainville, 1818
  • Podonereis [auct. misspelling]
  • Sacconereis J. Müller, 1853
  • Sylline Grube, 1860

Au plan phylogénétique Myrianida est un clade incluant spécifiquement trois espèces de référence : Myrianida fasciata, Myrianida prolifera et Myrianida irregularis. En revanche, sa définition exclut explicitement deux autres espèces : Epigamia noroi et Proceraea picta. Cette classification est fondée sur deux apomorphies[note 7]. La première concerne le nombre de dents du trépan, qui se situe entre 26 et 30 chez les membres de ce clade. Ce caractère, bien que présent chez l’ancêtre commun, a néanmoins pu subir des modifications ou des réversions au cours de l’évolution, ou même disparaître chez certaines espèces du groupe. La seconde apomorphie porte sur la diversité des tailles des dents du trépan, qui se décline en trois catégories distinctes. Là encore, ce trait distinctif est apparu chez l’ancêtre commun, mais il a pu évoluer différemment selon les lignées, et n’est pas documenté pour toutes les espèces du clade[1].

Publication originale

  • Henri Milne Edwards, « Observations sur le développement des annélides », Annales des Sciences Naturelles, Paris, 3e série, vol. 3, , p. 145-182 (lire en ligne, consulté le ).

Notes et références

Liens externes

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