Mythologie cantabre

From Wikipedia, the free encyclopedia

Le feu était un culte central de la mythologie des Cantabres.

La mythologie cantabre constitue le fonds des croyances des Cantabres qui vivaient dans l'actuelle Cantabrie. Cette mythologie partage depuis ses origines de grandes connexions avec les mythologies celtique et romaine qui présentent des similitudes avec les légendes et traditions de la côte Cantabrique. Généralement, la signification première des mythes, qui étaient transmis oralement de père en fils, s'est trouvée affaiblie soit en raison d'une perte du sens profond, soit parce que les auteurs classiques n'ont pas pu saisir l'ensemble de la richesse populaire et du contexte des mentalités d'alors ; ces auteurs préférant se concentrer sur les cultes et les divinités qui trouvaient un écho dans leur propre mythologie. D'autre part, la romanisation puis l'avènement de la chrétienté ont transformé le sens et la représentation de ces rites païens, de nombreux cas relevant du syncrétisme religieux.

Cependant, les habitants de Cantabrie conservent encore de nombreux apologues et légendes avec une dimension rituelle ou comportementale plus prégnante que dans des contes d'importance majeure.

La stèle de Barros du IIIe siècle av. J.-C. associe des anneaux et des triangles à des symboles solaires et lunaires.

Parmi les mythes qui subsistent en tant que substrat de la tradition cantabrique, on rencontre celui du culte des grandes divinités protectrices, telle l'adoration du Soleil comme en témoignent plusieurs stèles cantabres, ainsi que le culte du feu[1]. De même, un culte est porté à une divinité-père suprême appelée Candamo, qui était associée à Jupiter (Jupiter Candamo) et au culte solaire à l'époque romaine, puis au Dieu chrétien de façon postérieure.

En raison de la disposition guerrière des habitants de la Cantabrie, un culte est voué à un dieu de la guerre, ensuite identifié comme le Mars des Romains, à qui étaient offerts des sacrifices de boucs, de chevaux, et de nombreux prisonniers, comme le rapportent Strabon, Horace et Silius Italicus. Au cours de ces hécatombes, les participants buvaient le sang encore chaud des chevaux afin que la communion soit véritable, ainsi que le mentionne Horace au sujet du peuple des Concanos.

« [...] et laetum equino sanguine Concanum,... »

 Horace, Carm. III 4. v29-36

« [...] et aux Concanos qui aiment le sang de cheval,... »

 Carm. III 4. v29-36

Pour les habitants antiques de Cantabrie, ces pratiques avaient une origine mystique puisque les animaux concernés étaient considérés sacrés. Ces rites ont parfois été reliés à une variante d'un dieu solaire Mars celtique dont les animaux en auraient été la réincarnation[2].

Les sacrifices humains parmi les peuples du nord sont également évoqués par Martin de Braga : ces sacrifices étaient une manifestation de repentance et servaient à prédire l'avenir, comme chez les autres peuples de Celtes Gaulois où ils étaient fréquents. Ainsi, Strabon raconte que ceux qui examinaient les entrailles des sacrifiés les couvraient de fines tuniques, puis leur coupaient la main droite qu'ils consacraient ensuite aux dieux. La prédiction de l'avenir était lue selon la chute qu'effectuait le sacrifié[3].

La déesse mère fertilisatrice était associée à la Lune et exerçait son influence sur les périodes de semis et de récolte des cultures ; cette croyance a perduré dans les campagnes pendant très longtemps. L'archéologue Joaquín González Echegaray explique qu'une inscription mentionnant une déesse-mère a été trouvée sur un autel votif dans le village de Topusko, en Croatie ; il met en relation cette déesse et la déesse mère des Cantabres. Cette épigramme aurait été gravée par un ou plusieurs soldats faisant partie des légions romaines :

« CANTABRIA / SACR(um) / CVSTOD(es) / EIVSDEM »

« Monument sacré de Cantabrie. Les gardiens de la même (déesse) »

Toujours à l'époque romaine, le culte voué à un dieu de la mer était assimilé à celui du dieu Neptune : une statuette de ce dieu présentant des caractéristiques propres au dieu des Cantabres a été découverte à Castro-Urdiales, à l'extrême est de la Cantabrie.

Les antiques Cantabres croyaient en l'immortalité de l'esprit. Ainsi, la crémation était le rite funéraire le plus fréquent ; seuls les corps de ceux qui étaient morts au combat devaient rester sur le champ de bataille avant que les vautours ne les éviscèrent, permettant à l'âme de quitter le corps et de l'emmener vers l'au-delà où elle peut alors s'unir dans la gloire avec les âmes des ancêtres. Une inscription gravée sur la stèle de Zurita témoigne de cette pratique.

Le sacrifice tenait un rôle important et double au sein de la complexe société cantabre : cela répondait au besoin de se conformer aux exigences divines ainsi qu'à la prévalence de la communauté sur l'individu. Ainsi, dans une société guerrière comme l'était celle des Cantabres, l'immolation permettait de prouver la forte détermination qui habitait celui qui allait être sacrifié, l'acte obtenant par cet aspect une importance plus grande. La devotio, pratiquée par les Cantabres, relevait de ces sacrifices singuliers et entiers dans lesquels la communauté unissait son destin à celui de son chef[4].

Créatures mythologiques

Postérité de la mythologie cantabre

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI