Mère Cottivet

personnage de fiction From Wikipedia, the free encyclopedia

Benoîte Cottivet, plus connue sous le nom de Mère Cottivet, est un personnage de fiction créé et interprété par Élie Périgot-Fouquier, figurant une concierge lyonnaise haute en couleur et maîtrisant le parler lyonnais[1].

La Mère Cottivet (1924)
La Mère Cottivet
dans le théâtre de Guignol.

Ce personnage a connu un succès aussi important que Guignol à Lyon, notamment par des chroniques radiophoniques hebdomadaires pendant lesquelles l'auteur commentait, de façon humoristique et satirique, les scènes de la vie quotidienne et l’actualité lyonnaise, nationale, voire internationale. Elle représente ainsi à sa manière un pan de la culture lyonnaise.

Le personnage

Le personnage de la Mère Cottivet a été créé en 1923 par le directeur de théâtre, comédien et auteur Élie Périgot-Fouquier (1891-1971) dans la revue Tout Simplement donnée au Théâtre de l'Horloge, en duo avec la « mère Craquelin » (jouée par Juliette Niel, épouse de l'auteur)[2].

Ces saynètes devinrent des chroniques publiées dans le journal satirique lyonnais Guignol (fondé par Victor Lorge (1861-1920) puis dirigé par son fils Joanny Lorge (1884-1964)), puis des sketchs radiophoniques interprétés par l’auteur sur Radio Lyon (sur la TSF), tous les mercredis de 11h à midi[3] entre 1927 et le , date du décès de son créateur.

Au fil de ses chroniques titrées initialement De darnier mon Judas De derrière mon judas »), Benoîte Cottivet, concierge croix-roussienne, commentait l’actualité dans le « langage Guignol » hérité de la presse satirique lyonnaise du XIXe siècle (le mot cot(t)ivet signifie « cou, nuque » dans le parler lyonnais).

Les expressions de la mère Cottivet

Parfaite pipelette, les sketchs de la Mère Cottivet commençaient toujours par la phrase « En descendant montez donc, vous verrez le petit comme il est grand ». Elle habitait au 99, ou « cent moins n’un », de la Montée de la Grande Côte, donc tout en bas de la Montée, et au dernier étage de l’immeuble[4].

Les chroniques finissaient par « À mercredi que vin mes belins belines » (à mercredi qui vient mes chéris).

Extrait d’une chronique de la mère Cottivet

Chronique parue dans le journal Guignol du 21 juin 1930 (les notes explicatives ne sont pas de l’auteur) :

« Le mami Beaugraton[5] est un tireur bien chenu[6], mais ne fois encore y n’était mal tombé... on lui avait donné des boules ac’que des golets autour des caboches[7]... ça fait qu’à châque coup qu’y voulait tirer, ses doigts rentraient dans les trous et la boule lui demeurait dans la menine[8] !
Hou ! Sainte Marie à la coque ! Pensez si le pauvre était aux cents coups ! Lui que voulait prendre sa revanche ! Le Glaudius gongonnait aussi... ses boules ne voulaient pas rouler et décanillaient toutes de bizangoin[9]! N’y avait de quoi appeler le bon Dieu Michel.
– « Lyon va être déshonoré ! » que piâillait que me ça le mami Beaugraton.
– « Les canuts vont me prendre pour un babian ! » que quinchait[10] le Glaudius.
Y pensaient de collagne[11] à la Fanny, et moi je ne décessais pas de me graboter[12] les fesses à cause des « cousins[13] » qui me délavoraient[14] à tire-l’hâricot. Ce n’est que vers le soir, au mement de décaniller que le Glaudius s’est puis rendu compte pourquoi ses saloperies de boules ne voulaient rien chiquer poû rouler. Le matin y n’avait ressemelé une paire de grollons[15], alors que m’y l’avait les menines pleines de pège[16], ça arrâpait[17] par terre que me ne boule de gomme. Ni une, ni deux, le finaud s’est mis à cramiauter sû les boules et, finâblement, ça roulait si tellement bien que n’y en a que s’ensauvaient jusque dans les planches... »

Les auteurs et interprètes

Photo d'un homme grimé en femme, il sourit.
Élie Périgot-Fouquier, créateur de la Mère Cottivet.
Photo d'un homme grimé en femme, il a une expression exagérée de surprise.
Benoîst-Mary dans le rôle de la mère Cottivet.

Le créateur et principal interprète de la mère Cottivet, Louis-Élie Périgot, est né le 27 janvier 1891 à Lyon, dans le quartier de la Guillotière, où ses parents possèdent une charcuterie. Il entame une carrière d’acteur à Paris où il interprète ses sketches et imite Mistinguett, Maurice Chevalier et d'autres. De retour à Lyon, il se produit au Théâtre de l’Horloge[18], où il crée la Mère Cottivet en 1923. Il dirigea le Cabaret du Merle Jaune puis devint directeur du Théâtre de la Cigale en 1929[19].

Le 26 janvier 1966, pour ses 75 ans, Périgot-Fouquier reçoit des mains du maire Louis Pradel la médaille d'honneur de la ville de Lyon[20].

Décédé le 17 décembre 1971 à 80 ans, il est enterré au cimetière d'Heyrieux, ainsi que son épouse Juliette Niel (1900-1965)[21].

La Mère Cottivet a aussi été interprétée sur scène par le directeur de compagnie théâtrale, chansonnier et comédien Marie Benoît Antoine Renard, dit Benoîst-Mary (1864-1944)[22].

Notes et références

Voir aussi

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