Médecine en Bretagne
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La médecine en Bretagne est marquée par une longue sous-médicalisation, ainsi que par le recours fréquent à l'herboristerie traditionnelle et au reboutage. Les médecins formés en tant que tels s'installent dans la région à partir de la fin du XIXe siècle.

D'après le Dictionnaire du patrimoine breton, la Bretagne a pour particularité d'être longtemps restée sous-médicalisée, tout particulièrement dans le Kreiz Breizh[1]. En 1536, François Ier rédige pour le duché de Bretagne une ordonnance organisant une ébauche de médecine légale[2].
Cependant, au début du XIXe siècle, seuls quelques centaines de médecins exercent sur ce territoire, de façon très inégale, la plupart étant établis à Nantes[1]. Avant 1870, la grande majorité des Bretons ruraux ne voient jamais de médecin au cours de leur vie[1]. Le Morbihan est, en 1886, le département français avec le plus bas taux de médecins par habitant, soit un pour 6 000 personnes[1].
À partir de la fin du XIXe siècle, les médecins formés dénoncent les guérisseurs traditionnels de Bretagne comme des charlatans, et se montrent moins tolérants avec les religieuses, qui offraient jusque-là des soins[3]. En 1907, Marcel Lelièvre accuse les guérisseurs, dormeurs de mal (ou dormeuses), et rebouteurs bretons d'exercice illégal de la médecine[4].
Dès lors, le nombre de médecins en Bretagne augmente continuellement, jusqu'à arriver au taux d'un médecin pour 470 habitants en 2013[3].
Lieux de formation et de soins
Nantes est la première ville bretonne à se doter d'une école qui deviendra une faculté de médecine, à l'Université de Nantes en 1460[3]. Rennes dispose aussi de lieux de formation à la médecine[3]. À Brest, c'est une école de santé navale qui forme les médecins de la marine, ou chirurgiens-navigants[3].
Les lieux de soin sont longtemps liés à l'Église et aux religieuses, qui officient dans les hôpitaux et à domicile, surtout auprès des plus pauvres[3].
Pratiques
Herboristerie
L'herboristerie a longtemps tenu une place importante dans la médecine bretonne[3]. Les connaissances des plantes, louzoù en breton, sont transmises de génération en génération[3], par le bouche à oreille ou via une tradition orale[5]. Ces plantes sont récoltées sur des espaces publics (bords de champs, prairies...) ou cultivées dans des jardins pour les espèces rares[5]. Des plantes sont portées sur soi ou accrochées aux animaux, comme remèdes ou pour leurs vertus prophylactiques supposées[5].
Remèdes magiques et religieux

Les remèdes magiques, basés sur des symboliques de chiffres ou de formes, des oraisons et l'observation des astres (soleil, lune...), ont longtemps été utilisés[5].
Une guérisseuse habitant à Kergornet eut une grande réputation à Gestel aux alentours de 1900 ; représentée dans plusieurs cartes postales, elle était "décompteuse" : elle prononçait une formule magique rapidement, sans prendre haleine, à neuf reprises, après avoir tracé une croix sur la tumeur ou la zone malade avec son pouce gauche préalablement noirci en le frottant contre un trépied ou un chaudron : c'est une formule d'exorcisme[6].
Reboutage
Les rebouteux bretons sont des soigneurs traditionnels qui se transmettent leur savoir des membres et des articulations de génération en génération[3].
Dormeuses (de mal)
Le vétérinaire Christophe Auray décrit les dormeuses (gallo : dormouères) comme une catégorie particulière de guérisseuses du pays gallo. Elles hériteraient d'un don de mère en fille[7]. La dormeuse se fait amener une couverture portée par un animal malade pendant 24 heures, puis pose l'objet sur elle et s'endort[7]. Durant son sommeil, elle visualise l'état de santé de l'animal malade et formule un diagnostic à son réveil[7].