Médipôle de Koutio
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Médipôle de Koutio | ||
| Présentation | ||
|---|---|---|
| Coordonnées | 22° 12′ 35″ sud, 166° 27′ 09″ est | |
| Pays | ||
| Ville | Grand Nouméa | |
| Adresse | 110, boulevard Joseph-Wamytan, Koutio 98 835 Dumbéa |
|
| Fondation | 2016 | |
| Site web | http://www.cht.nc/ | |
| Organisation | ||
| Type | Hôpital polybloc | |
| Affiliation | CHT Gaston-Bourret de Nouvelle-Calédonie | |
| Services | ||
| Service d’urgences | oui | |
| Nombre de lits | 645 | |
| Spécialité(s) | Médecine clinique Chirurgie Mère-enfant Maladie tropicale |
|
| Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Calédonie
| ||
| modifier |
||
Le Médipôle de Koutio est un centre hospitalier public et « pôle Santé » situé dans la commune de Dumbéa et la banlieue de Nouméa en Nouvelle-Calédonie.
Réponse à la vétusté et à l'éclatement du CHT
Le centre hospitalier territorial de Nouvelle-Calédonie (CHT) est éclaté depuis les années 1980 en plusieurs sites répartis dans le Grand Nouméa :
- CHT Gaston-Bourret : principal hôpital (267 lits, 20 places d'hospitalisation de jour), et le plus ancien (héritier d'un hôpital maritime ouvert en 1860), situé au centre-ville de Nouméa, sur le port ;
- CHT de Magenta : clinique privée à l'origine achetée en 1983, pôle « mère-enfant » du CHT, deuxième hôpital de Nouvelle-Calédonie (160 lits, 14 places d'hôpital de jour, 13 postes d'hémodialyse), situé dans le quartier de Magenta à 3 km à l'est du centre-ville ;
- centre médical du Col de la Pirogue : situé dans le col qui lui a donné son nom dans la commune de Païta, à 40 km de Nouméa, c'est une petite structure (34 lits) pavillonnaire rattachée au CHT en 1990 et servant de centre de convalescence et de rééducation de moyen séjour ;
- centre Raoul Follereau : centre hansénien, ou léproserie, située sur la presqu'île de Ducos. Rattaché au CHT en 1990, il dispose de 25 lits et accueille en permanence une quinzaine de malades.
Des critiques se développent dans les années 2000 à l'égard de cet éparpillement, mais également concernant le problème de la capacité et de la vétusté des bâtiments anciens (remontant pour certains au XIXe siècle) de l'hôpital Gaston-Bourret. Si celui-ci est considérablement agrandi en 2000 avec la construction du bâtiment P, plateau technique regroupant les Urgences, les blocs opératoires, le service de réanimation et soins intensifs ainsi que l'unité de stérilisation sur 4 niveaux plus un héliport de l'hôpital est installé sur le toit, la question d'une restructuration complète est vite posée. Un rapport de fait état d'une aggravation de la vétusté des infrastructures[1], tandis que les bâtiments les plus anciens de Gaston-Bourret doivent être évacués pour raison de sécurité en 2005[2].
La solution à apporter à ce problème a donné lieu à un vif débat politique entre le parti au pouvoir entre 2004 et 2009, l'Avenir ensemble, partisan de la construction d'un nouvel hôpital sur un autre site, et le Rassemblement-UMP (le membre du gouvernement néo-calédonien chargé de la Santé entre 2004 et 2007, Marianne Devaux, est issu de ses rangs), qui lui prône l'agrandissement de Gaston-Bourret sur le parc de stationnement de l'hôpital. Finalement, Marianne Devaux est écartée du dossier et c'est l'option de l'Avenir ensemble qui est acceptée par l'exécutif collégial local le , malgré un coût envisagé plus élevé (20,4 milliards de Francs pacifique estimés à l'origine, contre 13,1 milliards, voire 9 selon le Rassemblement-UMP, pour un agrandissement de l'hôpital existant). Le choix du site se porte sur 15 ha de terrains appartenant à la Nouvelle-Calédonie et la Province Sud dans le quartier de Koutio à Dumbéa, banlieue proche de Nouméa[3], à la place notamment de l'ancien service de la quarantaine.
Coût du projet
Le coût du projet a dû être révisé à plusieurs reprises (généralement à la hausse), entraînant des retards dans le processus de lancement :
- 20,4 milliards de Francs pacifique (170 millions d'euros environ) estimés lors de l'adoption de l'avant-projet par le gouvernement le [3] ;
- 37 milliards de Francs pacifique (310 millions d'euros) au total dans le projet initial agréé par le Congrès en 2005[4] ;
- 50 milliards de Francs pacifique (419 millions d'euros) selon une évaluation du surcoût réalisée à la fin de l'année 2008[4] ;
- 44 milliards de Francs pacifique (369 millions d'euros) finalement dans le nouveau projet adopté par le Congrès le pour relancer le chantier, avec un financement couvert[4] :
- 63,2 % par l'Agence sanitaire et sociale (ASS) de Nouvelle-Calédonie (27,8 milliards de Francs pacifique, 233 millions d'euros), en partie sur fonds propres (alimentés par la taxe sur les tabacs et alcools) et le reste sur emprunt (17 milliards),
- 19,1 % par le CHT (8,4 milliards de Francs pacifique, 70 millions d'euros), qui va de plus fournir 3,8 milliards pour les équipements hospitaliers et prendre totalement en charge les 3 milliards du « logipôle », le tout financé avant tout par l'emprunt (15 milliards),
- 17,7 % par l'État (7,8 milliards de Francs pacifique, 68 millions d'euros) dans le cadre des contrats de développement.
- 49,92 milliards de Francs pacifique (418,329 millions d'euros) de budget final, dont[5] :
- 68,41 % par l'ASS (34,150 milliards de Francs pacifique, 286,177 millions d'euros), dont 20 milliards en fonds propres et finalement 14 milliards d'emprunt,
- 17,83 % par le CHT (8,9 milliards de Francs, 74,582 millions d'euros), entièrement financé par l'emprunt,
- finalement, 10,01 % par l'État (5 milliards de Francs pacifique, 41,9 millions d'euros) qui a ainsi réduit sa contribution dans un contexte budgétaire national marqué par de nombreuses coupes et à la suite de nombreuses difficultés rencontrées lors des négociations des nouveaux contrats de développement pour la période 2015-2020,
- 3,75 % par la Nouvelle-Calédonie (1,87 milliard pacifique, 15,671 millions d'euros), qui a finalement directement participé au projet.
Chronologie de la réalisation
- : le gouvernement local présidé par Marie-Noëlle Thémereau (Avenir ensemble) adopte le principe de la construction du médipôle à Koutio[3].
- : le Congrès adopte un premier échéancier, avec une ouverture initialement prévue à 2012.
- : arrêté du gouvernement adoptant le maître plan.
- : le jury chargé du choix du projet d'architecture opte pour celui de l'agence parisienne d'architectes et urbanistes « Michel Beauvais et associés », spécialisé dans l'élaboration d'infrastructures de santé. Il est basé sur quatre « grandes options d'aménagement » : l'articulation du parvis d'entrée avec le futur boulevard urbain ; la structuration par un « axe vert traversant » baptisé « Jardin des traversées » et voulu comme l'« épine dorsale du projet structurant toutes les unités fonctionnelles » ; la création d'une promenade au nord du bâtiment ; l'accompagnement paysager d'une vaste promenade en bordure de mer. Voulant donner une place significative aux éléments végétaux, « l'architecture se développe dans une succession de patios et de jardins en complément de l'axe vert traversant »[6],[7].
- : le gouvernement signe une convention pour l'attribution du mandat de la maîtrise d'ouvrage à la Société d'équipement de la Nouvelle-Calédonie (SECAL) assisté d'Icade G3A.
- : le président du gouvernement Harold Martin (Avenir ensemble) et le Haut-commissaire de la République Yves Dassonville déposent la « première pierre » symbolique du chantier du Médipôle[8].
- début : décision, par arrêté, de doter le « Médipôle » d'un centre de radiothérapie, pour un coût d'environ 800 millions de Francs CFP (6,7 millions d'euros)[9].
- fin : démission de Jacqueline Bernut, présidente du conseil d'administration du CHT, du Centre hospitalier spécialisé (CHS) Albert-Bousquet et de la Fédération régionale hospitalière du Pacifique Sud. Elle justifie ce geste en dénonçant des décisions jugées « irrégulières » de la part du membre du gouvernement chargé de la Santé, Sylvie Robineau, et surtout le fait que l'exécutif n'a alors pas encore signé l'avant-projet définitif (APD) du médipôle, alors qu'il était prévu initialement qu'il le fasse en mars-avril afin de débloquer les premiers financements et lancer les premiers travaux[10].
- : dans le cadre du vote du budget supplémentaire 2009, le Congrès réaffirme son soutien au chantier du médipôle de Koutio, mis en suspens depuis mai, en approuvant l'APD du médipôle redéfinissant le coût prévisionnel global de l'opération et modifiant l'échéancier : début des travaux en 2010 et ouverture en 2015[4].
- : l'autorisation de défrichement est accordée par la Province Sud.
- : le maire de Dumbéa, Georges Naturel (Rassemblement-UMP), signe le permis de construire du médipôle[11].
- : fermeture de l'ancienne quarantaine, qui occupait le site du futur médipôle[12]. Début des travaux préalables (désamiantage, destruction des bâtiments de la quarantaine, terrassement, transplantation des végétaux et végétalisation des talus).
- : délivrance de l'autorisation d’occupation du domaine public maritime (AODPM).
- : délivrance de l'autorisation d'installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) par la Province Sud.
- : la Nouvelle-Calédonie, l'ASS et le CHT signent la convention par laquelle ils s’engagent à mener une stratégie commune de négociation pour emprunter l’argent nécessaire à la construction du médipôle de Koutio (en tout, 33 millions de Francs CFP)[13], et pour la mise à disposition finale du Médipôle au CHT.
- : début des travaux du gros œuvre[5].
- : livraison technique de l'infrastructure au CHT[14], début de l'aménagement.
- - : déménagement prévu successivement des sites de Gaston-Bourret durant trois semaines puis de Magenta pendant deux semaines, en terminant par la maternité[5].
- : ouverture au public[5].