Mémoires de la vie de Henriette-Sylvie de Molière
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| Mémoires de la vie de Henriette-Sylvie de Molière | ||||||||
Frontispice de l'édition de 1719. | ||||||||
| Auteur | Marie-Catherine de Villedieu | |||||||
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| Pays | ||||||||
| Genre | Roman-mémoires | |||||||
| Date de parution | 1672-1674 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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Mémoires de la vie de Henriette-Sylvie de Molière est un roman-mémoires de Madame de Villedieu (nom de plume de Marie-Catherine Desjardins), publié de 1672 à 1674.
Après plusieurs succès à la scène, notamment lors de divertissements royaux à Versailles où l'on joue en 1665 sa tragicomédie Le Favori, Mme de Villedieu se tourne à partir des années 1670 vers l'écriture romanesque en prose, et notamment celle d'annales et chroniques galantes qui racontent la vie privée de grandes figures historiques. La nécessité financière pousse l'autrice à avoir une production très intense. Villedieu est alors aussi connue comme autrice à scandale, notamment à la suite de la publication de son sonnet érotique "Jouissance."
Les Mémoires paraissent chez Claude Barbin, alors un des principaux imprimeurs parisiens, en trois volumes. Les deux premières parties en 1671, les deux suivantes en 1672, et les deux dernières en 1674.
Le roman a un grand succès et connaît des rééditions régulières jusque dans les années 1740, ainsi qu'une traduction anglaise publiée de 1672 à 1677, et une allemande en 1680[1].
Structure et thèmes
Le roman constitue un des premiers roman-mémoires de la littérature française, genre qui connaîtra un apogée dans les premières décennies du XVIIIe siècle avec les œuvres de Prévost ou de Marivaux, eux-mêmes lecteurs de Villedieu.
Le roman est écrit comme une lettre de Henriette-Sylvie à une grande dame de la noblesse. Il s'agit pour la narratrice de justifier, sur le mode apologétique, les remous romanesques de sa vie. La narratrice prétend donc ne rien cacher à sa destinataire, y compris ses "folles aventures[2]", et lui montre comment ces événements ont été déformés pour salir sa réputation.
L'intrigue est particulièrement dense et complexe, multipliant les péripéties et les rebondissements. On peut cependant identifier comme fils conducteurs l'histoire d'amour entre Henriette-Sylvie et le Comte d'Englesac, ainsi que sa poursuite par le marquis de Birague. Le récit est rythmé par les évasions et les cavales de la narratrice, ainsi que ses déguisements et travestissements.
Le roman s'inscrit dans le mouvement littéraire de la galanterie, à travers une réflexion sur les rapports genrés et notamment amoureux. Une des spécificités du style de Villedieu est son insistance sur l'humour, qui tranche avec le genre contemporain de la nouvelle historique galante telle que pratiquée par Mme de La Fayette, et avec les romans fleuve de Scudéry. L'esthétique est alors celle du badinage tel que défini à l'époque et pratiqué par des auteurs comme Voiture ou Sévigné. Le ton est léger et désamorce les possibles accents pathétiques. L'autoportrait d'Henriette-Sylvie fait au début du roman est à ce titre programmatique :
Au reste je suis grande et de bonne mine; j'ai les yeux noirs et brillants, bien ouverts, bien coupés, et qui marquent assez d'esprit, on jugera si j'en ai. Ma bouche est grand quand je ris, fort petite quand je ne ris point; mais par malheur pour elle je ris toujours[3].