Mésusage du médicament
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En médecine, le mésusage du médicament ou mésusage médicamenteux, source d' iatrogénie médicamenteuse, désigne l'utilisation d'un médicament dans une situation où il ne devrait pas l'être, c'est-à-dire en dehors des indications reconnues, avec alors un risque élevé d'effets indésirables (« réactions nocives et non voulues à un médicament, se produisant aux posologies normalement utilisées chez l’Homme pour la prophylaxie, le diagnostic ou le traitement d’une maladie ou pour la restauration, la correction ou la modification d’une fonction physiologique ou résultant d’un mésusage du médicament » (définition française retenue par les Bonnes Pratiques de Pharmacovigilance, inscrite à l'article R. 5121-153 du code de la santé publique).
En France, le mésusage est défini dans le code de la santé publique comme l'« utilisation intentionnelle et inappropriée d’un médicament ou d’un produit, non conforme à l'autorisation de mise sur le marché (AMM) ou à l’enregistrement ainsi qu’aux recommandations de bonnes pratiques »[1]. En France au début des années 2020, il causait environ 2 760 décès et 210 000 hospitalisations par an, selon le Réseau français de centres de pharmacovigilance (soit 8,5 % des hospitalisations et 1,5 fois plus de décès que les accidents de la route).
Le mésusage est à rapprocher de l'abus, du dopage, de la dépendance et de l'accoutumance.
En France, le coût sanitaire et humain de ce mésusage est élevé : au début des années 2020, le mésusage documenté de plus de 600 médicaments, était la source d'environ 2 760 décès et de 210 000 hospitalisations par an, d'après les données (Base Nationale de Pharmacovigilance) du Réseau français de centres de pharmacovigilance (au milieu des années 2020, ceci représente 8,5 % des hospitalisations et 1,5 fois plus de morts que les accidents de la route)[2].
Les personnes âgées sont les plus touchées par ce phénomène, avec un pic d'hospitalisation pour mésusage médicamenteux chez les 80-90 ans[3].
En termes d'organes ou de fonction touchées, les effets adverses sont principalement[4] :
- gastro-intestinaux (17,2 %), avec surtout des hémorragies gastro-intestinales (6,1 %), suivis de signes et symptômes abdominaux (nausées et vomissements (4,0 %) et de troubles de la motricité gastrointestinale (diarrhées, 2,8 %) ;
- hématologiques (anémies, bicytopénies, pancytopénies, et aplasies...) et lymphatique (12,3 %) ; les troubles hémorragiques sont les plus fréquents, touchant notammnet le système digestif, nerveux, pulmonaire et le système vasculaire), devant les anomalies hématologiques (anémie, bicytopénie, pancytopénie, aplasie...) ;
- urinaires et rénaux (11,3 %) ; insuffisance rénale aiguë notamment ;
- métaboliques ou nutritionnels (10,0 %), avec notamment des troubles hydro-électrolytiques (dysnatrémie et dyskaliémie) et du métabolisme du glucose (hypoglycémie).
Des études font périodiquement le point sur les données disponibles, dont par exemple :
- EMIR : Effets indésirables des Médicaments : Incidence et Risque (étude EMIR) ;
- ENEIS : Enquête Nationale sur les Evénements Indésirables graves associés aux Soins ;
- IATROSTAT () : Iatrogénie médicamenteuse source d’hospitalisation chez l’adulte et l’enfant : incidence, caractérisation et évitabilité.
Causes des effets indésirables médicamenteux (EIM)
Elles varient beaucoup selon les pays.
En France, en 2022, les « Effets Indésirables Médicamenteux » (EIM) ont comme causes : des non-conformités absolues (indication hors AMM, contre-indication, mise en garde et/ou posologie non respectée pour la dose et/ou la durée prescrites) ; des non-conformités relatives, avec : précaution d'emploi non respectée ; erreur médicamenteuse (6,9 %) ; d'autres situations propres au patient (11,6 %) ; une automédication inappropriée (4,6 %) ou le mésusage (7,0 %).