Métairie monastique de Bergeresse
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La ferme de Bergeresse est une ancienne métairie monastique dépendant de la Chartreuse du Liget. Elle est située sur la commune d'Azay-sur-Indre, dans le département d'Indre-et-Loire.
Ses premiers bâtiments attestés sont construits au XIVe siècle et remaniés à plusieurs reprises jusqu'au XIXe siècle. Elle est partiellement inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis le .
Cette demeure privée ne se visite pas.
L'ancienne ferme monastique de Bergeresse (aujourd'hui lieu-dit le Grand-Bergeresse) se trouve à 2 km au nord-ouest du bourg d'Azay-sur-Indre presque en bordure de la D 943, sur le plateau de la Champeigne tourangelle. L'environnement de la ferme est constitué de parcelles de terres cultivables qui constituaient probablement son domaine.
Historique
La ferme de Bergeresse était jusqu'en 1274 un fief dépendant du Fau (ancien nom de Reignac-sur-Indre[2]). À cette date, son propriétaire, Philippe de Bergeresse, le vend aux moines de la Chartreuse du Liget[3] qui agrandissent le domaine et en gardent la propriété jusqu'en 1789[4]. Un cartulaire du Liget du XIVe siècle mentionne d'ailleurs à plusieurs reprises des achats de terre pour le compte de « Bergeresce ». L'utilisation dans ce cartulaire des termes « airal » ou « maison » semble indiquer qu'il se trouve au centre d'une exploitation agricole ; au XVIIe siècle, Bergeresse est cité comme « fief »[C 1].
La construction du bâtiment principal semble dater du milieu du XIVe siècle, hypothèse corroborée par les résultats des analyses dendrochronologiques des bois de charpente[C 2]. Au début du XVIe siècle, le bâtiment est profondément réaménagé avec la construction de la tourelle extérieure et le remaniement des salles[C 2] ; c'est peut-être au même moment qu'est construite la chapelle, si toutefois il ne s'agit pas de la reprise d'un bâtiment de la fin du XIVe siècle[C 3]. Au XVIIe siècle, le logis principal est prolongé vers l'ouest par une construction qui lui est accolée[C 4].
Saisi comme bien national sous la Révolution française au même titre que toutes les possessions de la Chartreuse du Liget, le fief de Bergeresse est vendu. À cette époque, cinq métairies sont sous sa dépendance[5].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Bergeresse, en zone libre non loin de la ligne de démarcation, abrite temporairement des passeurs ainsi que ceux qui viennent de franchir la ligne. Le grenier de la tour sert de poste d'observation à des soldats français qui surveillent l'activité des troupes d'occupation en zone occupée[6].
Ce sont le portail d'entrée (au nord), en arc brisé, ainsi que le bâtiment principal qui font l'objet de l'inscription à l'inventaire des monuments historiques le [1].