Nécropole de Sant'Andrea Priu
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| Nécropole de Sant'Andrea Priu | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Sardaigne |
| Province | Sassari |
| Commune | Bonorva |
| Protection | Patrimoine mondial 2025 |
| Coordonnées | 40° 25′ 18″ nord, 8° 50′ 50″ est |
| Histoire | |
| Époque | Néolithique |
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La nécropole de Sant'Andrea Priu est un site préhistorique daté du Néolithique, situé dans la commune de Bonorva, dans la province de Sassari, en Sardaigne (Italie). La nécropole, bien qu'endommagée, constitue l’un des plus vastes et plus importants ensembles funéraires de domus de janas de toute la Sardaigne, comportant encore une vingtaine de tombes. Certaines tombes présentent une architecture extrêmement complexe et presque toutes ont été réutilisées au haut Moyen Âge et/ou à une époque plus récente. La tombe VI, dite « tombe du chef », est constituée de dix-huit cellules. Transformée en église, elle conserve des fresques des époques paléochrétienne et byzantine.
Le site a été inscrit en 2025 sur la liste du Patrimoine mondial avec 26 autres sites néolithiques de Sardaigne.
La première étude sur le site est publiée en 1856 par Giovanni Spano dans son ouvrage intitulé Catacombe di Sant’Andrea Abrìu presso Bonorva. Spano décrit la nécropole comme étant des catacombes ayant servies de refuge aux premiers chrétiens durant les persécutions. Spano identifie la tombe VI comme étant une église chrétienne et bien que son relevé topographique soit idéalisé, sa description constitue un témoignage précieux sur des éléments désormais disparus ou difficilement identifiables. En complément, Spano émet l’hypothèse de l’existence d’un « vico ou oppidum antique » à proximité de la « route centrale romaine », cette hypothèse étant soutenue par la découverte d’une borne milliaire et il mentionne aussi que « dans la plaine en contrebas, on trouve fréquemment des objets romains et de nombreux objets précieux en or, parmi lesquels un gros anneau en or avec une gemme gravée représentant Lucrèce »[1].
En 1881, S. Vallerò signale la découverte de tombes romaines et d’un sceau en bronze, avec des caractères grecs, appartenant à une dénommée Antonia Rufina, qui constitue un précieux témoignage de la présence d’ateliers de poterie dans la région à l’époque byzantine[1].
Au début du XXe siècle, A. Taramelli réalise une vaste exploration du site, dont il publie les résultats en 1919 sous le titre Fortezze, Recinti, Fonti sacre e Necropoli preromane nell’Agro di Bonorva, publication qui demeure encore aujourd'hui une référence fondamentale, à laquelle se sont rapportés toutes les études ultérieures, notamment parce qu'elle décrit l'état de la nécropole avant les destructions survenues au milieu du XXe siècle[2].
En 2025, le site archéologique de la nécropole de Sant'Andrea Priu fait partie de l'ensemble inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO sous le nom Tradition funéraire dans la Sardaigne préhistorique – Les domus de janas[3]. En juillet 2025, trois nouvelles domus de janas sont découvertes sur le plateau (domus XVIII, XIX et XX) dans une zone comprise entre les domus XII et XIII[4].
La nécropole
La nécropole a été creusée dans une paroi rocheuse trachytique de 180 mètres de longueur bordant un plateau. La partie orientale de la nécropole est endommagée sur environ 50 m de longueur mais le site comprend encore une vingtaine de « domus de janas ». Dans les années 1950, l'utilisation d'explosifs pour extraire de la falaise des matériaux de construction a rendu l'accès aux domus V, VII, VIII, et IX très difficile et plusieurs tombes ont été détruites à la même occasion. En 1967, l’éboulement de la paroi a probablement scellé l'accès à d'autres tombes situées à un niveau inférieur, dont l’existence est attestée par la présence de rigoles d’écoulement sur la roche entre les tombes V et VI[5]. D'autres cavités rupestres visibles au pied de la falaise pourraient correspondre à un ancien village[5].
Domus I
La tombe est accessible grâce à un escalier en partie moderne. L’entrée, réaménagée à une époque récente, est précédée d’un court couloir d'une largeur de 1,40 m dans sa partie haute mais réduite à 0,70 m au niveau du sol en raison de la présence de deux bancs latéraux. La chambre, en forme de quadrilatère (2,35 m sur 2,65 m), comporte un plafond plat situé à 1,75 m de hauteur au-dessus du niveau du sol qui ne correspond pas forcément au niveau d'origine. Trois tombes de plan elliptique sont creusées le long des parois (de respectivement 1,60 m de long sur 0,48 m de large et 0,35 m de profondeur, 1,55 m de long sur 0,42 m de large et 0,33 m de profondeur et 1,65 m de long sur 0,40 m de large et 0,33 m de profondeur). Au centre, le sol comporte la trace d'un foyer de 0,70 m de diamètre. Les parois ne comportent aucun signe attribuable à un culte chrétien mais l'aménagement des tombes, clairement haut-médiéval, conduit à supposer que la « domus de janas » originelle a été réutilisée entre le VIe siècle et le IXe siècle[6].
Domus II
On accède à la tombe par un escalier moderne. La chambre est précédée d'une antichambre de forme sub-rectangulaire (large de 2,08 m, profonde de 0,85 m et haute au maximum de 1,06 m) à plafond plat et dont le sol descend en pente vers la porte d'entrée (0,76 × 0,82 m) de la chambre. La chambre comporte deux parties. La première partie mesure environ 1,30 × 1,10 m et son plafond est irrégulier. La seconde partie est de forme ovoïde (environ 1,70 × 1 m au sol et 1,05 m de hauteur) et pourrait résulter d'un agrandissement postérieur. Son plancher est situé 0,35 m plus haut que celui de la première partie. Le long de la paroi sud-ouest, le banc rocheux a été rabaissé, cela pourrait correspondre à une phase de réutilisation de la domus à l'époque moderne à caractère érémitique[7].
Domus III
La domus est difficile d'accès en raison d'un escalier aux marches rudimentaires. La porte mesure 0,38 sur 0,60 m. La chambre est composée de deux cellules quadrangulaires alignées encore visibles et comportait une troisième cellule latérale désormais détruite. La première cellule mesure environ 1,70 m de côté pour une hauteur maximale de 1,05 m. On accède à la seconde cellule par une petite ouverture de 0,40 sur 0,60 m. La seconde cellule mesure environ 1,80 × 1,60 m pour une hauteur maximale de 1,02 m. La troisième cellule était accessible par une ouverture (0,52 × 0,64 m) située dans la paroi sud-ouest de la première cellule. L’ensemble devait à l'origine correspondre à un plan cruciforme qui ne fut que partiellement réalisé. Aucune trace de réutilisation n’a été relevée, même si l’on ne peut exclure qu’il y en ait eu[7].
Domus IV
En raison de sa destruction partielle et de son comblement par des pierres, cette domus est désormais inaccessible. Ses dimensions ne sont connues que grâce au relevé effectué par Taramelli[8].


Domus V, dite la « tombe en cabane circulaire »
La domus est désormais inaccessible, en raison de l’effondrement de la paroi rocheuse où avait été creusé son escalier d’accès mais ses caractéristiques architecturales sont connues grâce au relevé topographique réalisé par Taramelli[9].
L'antichambre est de forme vaguement rectangulaire (1,70 × 0,80 m) et dispose d'un plafond plat situé à 1,60 m du sol. Trois cupules ont été creusées dans le sol. La porte (largeur 0,60 m, hauteur 1,30 m) donne accès à une chambre de plan circulaire (environ 3,00 de diamètre), d'une hauteur de 1,60 m surmontée d'un plafond de forme conique culminant à environ 2,30 m de hauteur. La forme de la chambre rappelle celle d'une cabane et cette impression est renforcée par une série de sillons incisés, partant d’une rainure creusée tout autour de la base du toit, qui évoque des poteaux destinés à soutenir une couverture. Les parois comportent de petites niches, à gauche et au fonds de la chambre face de l’entrée. De nombreuses cupules et une fosse rectangulaire (1,90 × 0,60 m, profondeur 0,70 m) sont visibles dans le sol. Contrairement à l'opinion de Taramelli, il est admis que la fosse correspond avec certitude à un aménagement tardif, à l'époque romaine ou postérieurement, car son creusement a entraîné la coupure de certaines cupules préexistantes[9].
Deux cellules secondaires complètent l'ensemble : l’une à droite de l'entrée, avec une ouverture réduite et l'autre à gauche en forme d'arcosolium de 1,37 m, résultant probablement d'un réaménagement ultérieur[9].
Domus VI, dite la « tombe du chef »


Le plan de la domus VI est le plus complexe qui soit connu pour un édifice du type « domus de janas ». Actuellement, la partie visitable de la domus s'étire sur 15 m de long dans la direction nord-sud et 8 m de large dans la direction est-ouest (correspondant aux pièces n°1 à 4 du plan), mais il existe 14 autres cellules adjacentes plus petites, d’accès difficile, correspondant à une surface supplémentaire totale de 67 m2. Le relevé planimétrique, Francesco Giarrizzo et publié par Taramelli est plus fidèle que celui de de Spano mais il est toutefois incomplet sur plusieurs points (oubli des cupules dans les pièces n°1 et 2, oubli des tombes de la pièce n°2). La domus ayant été partiellement transformée en église chrétienne, Taramelli utilise une nomenclature architecturale correspondant à n’importe quelle autre église rupestre chrétienne médiévale, appelant « narthex » externe la pièce n°1, « narthex » interne la pièce n°2, et bêma ou sanctuaire la pièce n°4[10].
En l’état actuel, un escalier conduit au « narthex externe », qui correspond à l'antichambre préhistorique, de forme sub-rectangulaire mesurant 4,20 à 4,30 m de largeur selon son axe est-ouest et 1,50 à 1,70 m de largeur du nord au sud, pour une hauteur moyenne de 2,10 m. Le sol correspond à celui de l’époque préhistorique, comme l'atteste la présence de plusieurs cupules. Dans l’angle sud-est, on distingue les traces d’un logement rectangulaire (environ 0,30 m sur 0,50 m) qui servit probablement à l’installation d'une vasque pour la phiale. Dans l’angle nord-est, des vestiges subsistent d’un sol battu en chaux. Une petite niche hémisphérique de 0,45 m de rayon est visible dans l’angle extérieur nord-ouest, à 0,40 m au-dessus du sol. Une porte à linteau (1,70 m de large et 2 m de hauteur) comportant un seuil surélevé de 5 cm permet d’accéder au « narthex interne » (pièce n°2) de forme semi-circulaire (environ 7 m de diamètre) dont le sol est creusé par un encastrement rectangulaire (d'environ 2 m sur 1 m). Le sol de la pièce n°2, qui monte légèrement du sud vers le nord, est creusé de nombreuses cupules préhistoriques, dont certaines sont regroupées à l’intérieur d’un cercle d’environ 1 m de diamètre, situé presque au centre de l’hémicycle. Durant la période byzantine, deux tombes (environ 2 m de long sur 0,50 à 0,60 m de large et 0,45 à 0,50 m de profondeur chacune) ont été creusées près du mur nord-est, à gauche de l’entrée. Les parois courbes de la pièce comportent une base de 0,30 à 0,40 m de hauteur et des pilastres de 0,20 m de largeur. Près des tombes, une petite niche a été creusée dans la paroi, à 1,65 m de hauteur, probablement destinée à l'installation d'une lampe à huile[10].
On accède à la pièce n°3 par une ouverture (1,45 m de large sur 2 m de hauteur), surmontée d’une architrave moulurée assez imposante, qui devait être fermée par une porte en bois (les trous d'emplacement des gonds sont encore visibles). La pièce n°3 est de forme trapézoïdale (grande base 7,50 m de large, petite base 6,75 m de large, côtés environ 4 m de long). Son plafond plat s'élève à environ 2,75 à 3 m de hauteur et repose sur deux colonnes effilées (0,60 m de diamètre) qui ont conservé des traces de trous destinés à l’installation de grilles en bois. L'inscription latine Ego IANUARIU / DIAKUNU (traduisible par « Moi, Januarius / le diacre ») est visible sur les parois est et sud[10]. La paroi nord conserve des fresques sur deux couches et des traces de peintures exécutées directement sur la roche avec l'inscription incertaine M(ense ?) IVLIVS / D(ie)XXIII sur deux lignes qui ne peut être antérieure au Ve siècle. Le plafond comporte des restes de stuc rouge, certainement antérieurs aux fresques murales[10].
- Domus VI : fresques murales et inscription en latin de l'époque chrétienne
Par une porte (1,30 m de large sur 2,50 m de hauteur) dans la paroi nord, on accède à la pièce n°4 faisant office de bêma/sanctuaire. Les deux petites fenêtres trapézoïdales visibles de part et d'autre de la porte étaient à l’origine les ouvertures de cellules funéraires. La pièce n°4 est un espace sub-rectangulaire (d'environ 7,70 m × 3,30 m, pour une hauteur de 2,40 m) avec un plafond plat soutenu par deux colonnes (0,80 à 0,90 m de diamètre). Le sol comporte une vasque carrée (37 cm de côté et de profondeur ) et deux excavations (environ 1 m de longueur, 17 à 22 cm de largeur et profondes d’environ 10 cm) interprétées comme étant un logement pour des reliques pour la première et un thalassidion en relation avec un autel disparu pour la seconde. À l’emplacement de l’autel, le plafond est percé d’un puits de lumière de forme quadrangulaire (d’environ 1,50 × 2 m à la base mais qui atteint 2,50 × 3 m à l'extérieur) qui traverse le plateau rocheux sur plus de 5 m d’épaisseur. Une abside semi-circulaire de 1,68 m de diamètre a été creusée dans la paroi ouest[10]. Plusieurs fresques en bon état subsistent au plafond et d'autres, très détériorées, sont visibles sur les murs[10].
Domus VII
Cette tombe, située entre la domus VI et la domus VII, mais en position plus élevée, est désormais inaccessible.
Domus VIII, dite la « tombe à chambre »
La domus est désormais inaccessible à la suite de l’effondrement de la paroi rocheuse où se trouvait selon la description de Taramelli « les marches d’un escalier large de 2 m, avec des degrés de 17 cm de hauteur, qui formaient à l’origine l’accès monumental et imposant à l’hypogée ». Cet escalier débouchait sur une vaste antichambre de forme quadrangulaire (2,75 × 2,85 m pour 1,70 à 1,80 m de hauteur). Dans le sol, dix cupules ont été creusées. Au fond, on accède à la pièce principale par une porte à linteau (0,75 m de large et haute de 1,50 m) entourée d’une profonde moulure et dont les montants ont conservé des traces d’enduit peint en rouge[11].


La pièce principale se développe sur 4,70 m de longueur et 3,05 m de largeur. Son plafond imite la forme d'un toit en bois à deux pentes et par conséquent, la hauteur sous plafond varie de 1,55 m le long des parois à 2,10 m au faîte. Deux piliers massifs ont été taillés dans la pierre et semblent soutenir une « poutre faîtière ». Le pilier de droite mesure 2,10 m de hauteur mais le pilier de gauche ne mesure que 1,40 m de hauteur, car il se dresse sur un large gradin d'une épaisseur environ 70 cm au-dessus du sol[11]. Taramelli a décrit ainsi cet ensemble :
« Pour mieux imiter la charpente en bois du toit (c’est-à-dire des cabanes d’habitation), sont représentées en fort relief les poutres courant de part et d’autre du faîte du toit et à sa base, ainsi que les grandes planches disposées transversalement pour former la couverture, au nombre de huit par versant, séparées par des sillons profonds de largeur variable. Les deux pentes du toit sont également quelque peu convexes, indiquant presque la courbure des planches du plafond, sous l’effet de la pression continue des dalles de pierre ou des tuiles d’argile de la couverture, et cela avec un grand sens du réalisme. L’ensemble offre ainsi l’image d’une petite chambre avec un toit apparent de poutres et de planches. »
— A. Taramelli, Fortezze, Recinti, Fonti sacre e Necropoli preromane nell’Agro di Bonorva
Un aménagement similaire, bien que moins raffiné, est visible dans la domus de janas de Noeddàle, à Ossi et un toit à deux versants est évoqué dans la domus III de Mandra Antine, à Thiesi[11].
De part et d'autre de la porte reliant l'antichambre à la chambre, deux autres ouvertures donnent accès à deux cellules quadrangulaires (2,10 × 2,30 m côté droite , 2,10 × 2,20 m côté gauche), dont le sol est environ 75 cm plus haut que celui de la chambre principale et dont la hauteur est très modeste (70 à 75 cm) que Taramelli interprète comme des espaces « destinés à divers dépôts ». Une troisième cellule périphérique, tout à fait analogue aux deux précédentes, a été creusée derrière le gradin déjà mentionné. Elle mesure 2,18 × 2,90 met comporte un plafond plat à 80 cm du sol. Une fosse, absolument analogue à celle à celle de la domus V, a été creusée devant le gradin probablement à l’époque romaine[11].
Domus IX et X
On accède à la domus IX par un escalier récent. L'antichambre est de plan semi-circulaire. Au centre de la pièce, on peut observer une série de cupules disposées en cercle. La cellule principale est de forme quadrangulaire. Elle permet d’accéder à cinq cellules secondaires disposées radialement par cinq accès distincts. Deux de ces cellules, situées sur le côté oriental, comportent chacune une petite cellule supplémentaire[12].
À la suite de l’usage d’explosifs lors des activités d’extraction, une grande partie de la domus X a été détruit et la tombe n'est plus accessible[13].
Domus XI
La domus est en mauvais état. Elle comporte un court couloir (1,50 m x 1,10 m) débouchant sur une ouverture sub-rectangulaire (0,56 m x 0,84 m), dont le seuil a été abaissé, peut-être lors d’une phase de réutilisation. À l'origine, il y avait deux cellules mais la seconde s'est effondrée. La cellule subsistante est de forme quadrangulaire (environ 2,20 m x 2,30 m), avec un plafond plat situé entre 0,98 m et 1,20 m au-dessus du sol. Au centre, le plafond est percé d'un trou circulaire (1 m de diamètre) interprété comme une ouverture de puits : il est en effet presque certain, qu'à l’époque médiévale ou plus récemment, en profitant de la pente naturelle du plateau, les eaux pluviales étaient recueillies dans un bassin de décantation, situé dans la seconde cellule. Ce bassin débordait par une ouverture (0,50 m x 0,60 m) dans la première cellule où l'eau était puisée à l’aide de seaux descendus par l’ouverture du plafond[14].
Domus XII
La domus est située sur le plateau, à 12 mètres à l’est du « clocher ». La domus est partiellement ruinée. Il en subsiste une partie de l'antichambre (environ 0,70 m x 1,10 m ; hauteur estimée à 0,80 m) qui, par une ouverture de 0,60 m de large, communiquait avec une cellule originellement quadrangulaire (environ 1,50 m x 1,40 m), dont le plafond s’est effondré. Il existe une seconde cellule accessible par une large ouverture (1 m de large et 0,80 m de haut) communiquant avec la première cellule. La seconde cellule, de forme quadrangulaire à l’origine, a été agrandie vers le sud-est et correspond à un espace de forme vaguement trapézoïdale (environ 2,90 m x 1,50 m ; hauteur maximale 0,95 m)[15].

Domus XIII, dite tombe du foyer
La domus est la plus complexe de toutes celles creusées sur le plateau. Elle est située à 20 mètres au nord de la domus XII. La façade est partiellement endommagée depuis l’Antiquité. Elle comporte une entrée de 1,06 m de largeur sur environ 1,20 m de hauteur. L’antichambre est vaste (2,55 m de largeur sur 2,07 m de profondeur) avec un plafond plat situé à 1,25 m au-dessus du sol. Un foyer symbolique est visible presque au centre de la pièce. Le foyer est matérialisé par la sculpture d'un cercle (0,50 m de diamètre extérieur, 0,30 m de diamètre intérieur) avec une petite cuvette creusée au centre. Depuis l’antichambre, par une ouverture de 0,60 m sur 0,60 m, on accède, à droite, à une cellule originellement en forme de four (diamètre environ 1,25 m) qui a été ultérieurement été agrandie sur ses côtés est et nord. À gauche s’ouvre une ouverture endommagée par des effondrements, qui mène à une cellule quadrangulaire d’environ 1,30 m sur 2 m, d’où l’on accède, côté ouest à une minuscule tombe en forme de four (axes 0,80 m et 0,90 m) à l’ouest et côté nord, à une autre cellule presque carrée (environ 2 m de côté)[16].
Domus XIV et XV
Les domus XIII et XIV sont contiguës. La domus XIV est monocellulaire mais elle comporte un dromos d'environ 1 m de largeur qui fait office d'antichambre (découvert sur une longueur de 2,10 m puis couvert sur 0,45 m restant, 0,92 m de hauteur). L'entrée est matérialisée par un seuil (0,15 m de hauteur, 0,20 m de largeur) et un petit portique (0,64 m x 0,52 m), sans trace de feuillure pour une éventuelle fermeture. La cellule, dont le plafond plat s’est en grande partie effondré, dispose d'un plan irrégulier : elle mesure 2,48 m de long du côté du portique, 2,54 m de long côté sud-est (où s’ouvre un second portique irrégulier reliant les domus XIII et XIV), et 1,80 m de long côté nord-ouest. La dernière paroi, au tracé irrégulier, comporte une niche[17].
La domus est située à l’extrémité ouest du plateau. C'est la plus rudimentaire de toutes les domus de la nécropole. Elle ne comprend qu'une petite cellule de forme ovoïde (0,98 m de large sur 0,80 m de long), accessible par une entrée large de 0,70 m et haute de 1,10 m. Avec son plafond qui descend en pente constante vers l’intérieur et s'arrête à seulement 0,84 m du sol et ses parois rétrécies, la cellule ressemble à un four (0,85 m de largeur et 0,60 m de longueur)[18].

Domus XVI et XVII
La domus XVI est composée d'un dromos et d'une petite cellule. Elle se trouve sur un terrain privé et sa visite n’est pas possible[19].
La domus XVII, dite « tombe du colombarium », comporte une entrée fortement remaniée par la construction d’un mur de refend à l’époque moderne. La cellule principale est de forme quadrangulaire. La tombe a été réaménagée à l'époque romaine pré-chrétienne avec des niches creusées dans les parois pour y déposer les urnes contenant les cendres des défunts[19].
Domus XVIII, XIX et XX
Ces trois domus ont été découvertes en 2025 dans une zone située entre les domus XII et XIII, disposées en éventail à partir de la domus XIII. La domus XVIII comporte un couloir taillé dans la roche, une chambre quadrangulaire avec un foyer sculpté au centre et une seconde cellule plus petite. Le matériel archéologique découvert lors des fouilles comprend une petite hache en pierre verte, une fusaïole, des pics et des fragments d’obsidienne. La domus XIX comprend une petite cellule, une chambre rectangulaire et une seconde chambre de forme arrondie, ressemblant à une niche. On y a trouvé des fragments d’obsidienne et de céramique, notamment un vase miniature. La domus XX comporte une antichambre donnant accès par des couloirs latéraux à un ensemble de sept cellules, dont une décorée d’une bande peinte. On y a découvert 30 objets céramiques datés de la période romaine impériale, très bien conservés, et la tombe a été surnommée en conséquence « tombe des vases romains »[4].
Le clocher
L'édifice est situé sur le plateau, à 10 m au nord du bord de la falaise et à 13 m à l’ouest du puits d’éclairage de la domus VI. Il correspond à un rocher dont la forme naturelle déjà singulière a été remodelée par l’intervention de l’homme. Le rocher est localement désigné sous le nom de « clocher » par analogie avec les domus qui elles étaient désignées selon Spano sous le nom de « couvent » au XIXe siècle. Selon Spano, à l'époque, on appelait « campanile » le puits de lumière situé dans le plafond de la domus VI et des cloches étaient suspendues sous le rocher. Pour Spano, le rocher ressemble « à un autel profane où l’on brûlait des victimes devant quelque temple ». Pour Taramelli, il s'agit d'un simple bloc de trachyte saillant « taillé extérieurement et intérieurement, percé d’une cellule hypogéique dont les parois furent abattues ». Dans cette hypothèse, les dimensions de la cellule auraient été d'environ 1,50 m de long sur 1 m de large et 0,95 m de hauteur. Une petite cuvette ovale (environ 20 x 15 cm) est visible dans l'angle sud-est[20].
D'autres auteurs ont voulu y voir une sculpture de « taureau », qui serait désormais mutilée et décapitée, mais aucun élément tangible ne permet d’accréditer cette hypothèse[20].
Références
- 1 2 Caprara 1986, p. 7.
- ↑ Caprara 1986, p. 8.
- ↑ « Tradition funéraire dans la Sardaigne préhistorique – Les domus de janas », sur UNESCO
- 1 2 « Sardaigne, trois nouvelles Domus de Janas découvertes dans le complexe archéologique de Sant'Andrea Priu », sur Finestre sull'Arte, (consulté le )
- 1 2 Caprara 1986, p. 5.
- ↑ Caprara 1986, p. 13.
- 1 2 Caprara 1986, p. 14.
- ↑ Caprara 1986, p. 15.
- 1 2 3 Caprara 1986, p. 15-16.
- 1 2 3 4 5 6 Caprara 1986, p. 35-39.
- 1 2 3 4 Caprara 1986, p. 18-22.
- ↑ Canu 2024, p. 33-34.
- ↑ Canu 2024, p. 51.
- ↑ Caprara 1986, p. 24-25.
- ↑ Caprara 1986, p. 25.
- ↑ Caprara 1986, p. 26.
- ↑ Caprara 1986, p. 27.
- ↑ Caprara 1986, p. 28.
- 1 2 Canu 2024, p. 51-52.
- 1 2 Caprara 1986, p. 29-30.
Voir aussi
Sur les autres projets Wikimedia :
- Nécropole de Sant'Andrea Priu, sur Wikimedia Commons
Bibliographie
- (it) Nadia Canu, Il complesso archeologico di Sant'Andrea Priu, Soprintendenza Archeologia, , 64 p.
- (it) Roberto Caprara, La necropoli di San Andrea Priu, Sassari, Carlo Delfino Editore, , 79 p. (ISBN 9788820603274)
- (it) G. Spano, « Catacombe di Sant’Andrea Abrìu presso Bonorva », Bullettino Archeologico Sardo, vol. II, no 11, , p. 170–179.
- A. Taramelli, Fortezze, Recinti, Fonti sacre e Necropoli preromane nell’Agro di Bonorva (Prov. di Sassari), con rilievi e disegni del Prof. Francesco Giarrizzo, in Monumenti Antichi dei Lincei, XXV, 1919, coll. 816-825.