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Domus de janas

type de tombes en Sardaigne, Italie From Wikipedia, the free encyclopedia

Une domus de janas (nom signifiant « maison des fées ou des sorcières ») est une tombe préhistorique creusée dans la roche que l'on trouve sur tout le territoire de la Sardaigne. Les domus de janas apparaissent dès le Néolithique moyen. Ce sont les héritières des grottes artificielles qui ont vu le jour avec la culture de Bunuighinu. Elle connaissent une grande diffusion durant la culture d'Ozieri. Les domus de janas constituent l'une des caractéristiques majeures de l'architecture funéraire du Néolithique en Sardaigne. Leur évolution architecturale résulte probablement d'évolutions culturelles affectant les pratiques funéraires et les relations entretenues entre le monde des morts et celui des vivants durant toute la période pré-nuragique.

Vue intérieure de la domus I dans la nécropole de Monte Siseri.
Bucrane et motifs en spirale (nécropole de Pala-Larga).

Étymologie

Selon la tradition populaire, les architectures extraordinaires sont la demeure d’êtres fantastiques, le plus souvent de sexe féminin, parfois dispensatrices de dons, parfois malfaisantes. Dans les différentes régions de l’île, on les appelle ajanas, bajanas, birghines, fadas, faddi, gianes, margianas, mergianas, nanos, virghines, zanas, même si l’appellation la plus répandue est janas. Le nom donné à leurs maisons varie également : concas, concheddas, coronas, furrighesos et, plus généralement, domus[1].

Localisation

Giovanna Maria Meloni, à partir de données bibliographiques connues, a recensé 3 500 domus de janas dans toute la Sardaigne[2]. Les domus de janas sont réparties sur tout le territoire insulaire, avec de fortes concentrations notamment dans le nord-ouest de la Sardaigne[2]. Leur présence en Sardaigne centrale et sud-occidentale est en effet très limitée et apparaît concentrée dans le Goceano (zone centrale)[3].

L’étude de la géologie des territoires où sont situées les tombes montre une très nette prévalence des sols calcaires et trachytiques, les autres roches (grès, granite, basalte, dacite, granodiorite, ignimbrite, rhyodacite, rhyolite) témoignent d'une adaptation locale aux ressources disponibles car le choix du substrat conditionne non seulement la possibilité d'y creuser des tombes et de les décorer (sculpture et peinture), mais aussi leur durabilité[4].

Architecture

Généralités

Dans les domus à accès souterrain, les tombes sont creusées dans un sol rocheux et l'accès se fait par un puits vertical ou fortement incliné, la tombe s'apparente alors à un hypogée. Dans les domus à accès aérien, les tombes sont creusées dans des parois rocheuses verticales, voire des rochers erratiques (Rocher de l'Éléphant à Castelsardo)[5] et l'accès se fait au niveau du sol ou au-dessus, avec éventuellement un couloir à ciel ouvert de type dromos.

Les tombes sont parfois isolées mais le plus souvent elles sont regroupées en nécropoles dans de vastes affleurements calcaires ou gréseux. La nécropole d'Anghelu Ruju regroupe 38 tombes, celle de Montessu 35 tombes. Les nécropoles de Su Crucifissu Mannu et celle de Forus (Villa Sant'Antonio) comprennent respectivement 22 et 20 tombes[5].

Certaines domus de janas ne comportent qu'une seule pièce en « forme de four », d'autres sont d'architecture plus complexe avec la présence d'une porte, d'un « atrium » ou d'un dromos, permettant l'accès à la chambre sépulcrale. Vingt-neuf tombes comportent un couloir d'entrée[2]. Dans les domus de janas multicellulaires, une petite porte d'entrée (0,50 m de côté en moyenne) débouche sur une pièce d'entrée étroite faisant office d'antichambre et celle-ci donne accès une pièce centrale, de plus grande dimension, où chaque côté comporte une porte permettant d’accéder à une ou plusieurs chambres plus petites[5]. Les plus grandes tombes peuvent atteindre jusqu'à vingt pièces, résultant d'agrandissements successifs probablement réalisés pour accueillir les défunts d'un même groupe familial[5].

Les ouvertures d’entrée des domus et des cellules étaient fermées principalement par des dalles de pierre ou par des portillons en bois. Il n’existe aucun doute sur ce point. À titre de preuve, on peut citer la stèle de Serra is Araus, qui correspond au bouchon de fermeture de l’hypogée homonyme, le bouchon encore en place dans la cellule de la tombe XVI de Su Crucifissu Mannu et celui de l’entrée de la tombe I de Campu Lontanu. La présence de feuillures visibles dans de nombreux portillons (Anghelu Ruju, Furrighesos, Mariughia, Partulesi, Puzzu Putridu, Sa Ogada et Sa Pardischedda) ne s’explique qu’en admettant l’existence de fermetures mobiles, parfois maintenues en place par des chevilles fixées dans des trous creusés dans les parois[6].

Construction

Les domus de janas sont des tombes préhistoriques qui ont été creusées dans la roche, avec des pics, comme l'attestent les nombreuses traces laissées sur les parois des tombes et la découverte lors de fouilles archéologiques de nombreux outils lithiques (plus d'une cinquantaine de pics dans la tombe XI de la nécropole d'Anghelu Ruju) laissés sur place[7]. Dès 1909, l'archéologue Antonio Taramelli avait été en mesure de constater qu'à Anghelu Ruju les outils utilisés sont de « gros éclats ou des galets de calcaire jaunâtre provenant du Mont Doglia », plus rarement « des galets de calcaire gris trouvés dans le dépôt alluvial du fleuve voisin » et exceptionnellement « des éclats de trachyte affleurant en divers points de la vallée du rio Filiberto »[7]. Taramelli identifie ainsi cinq types d’outils : des pics (les plus nombreux), des ciseaux, des percuteurs, des polissoirs (rares) et des éclats informes[7]. On connait deux types de pics lithiques : le premier, dit « campignanoïde » ou d’« Anghelu Ruju », présente une forme d’amande, avec des surfaces façonnées par éclatement, ne dépassant pas 35 cm de longueur, taillé dans un calcaire dur ; le second type, dit aussi de « Molìa », du nom de la nécropole homonyme dans la campagne d’Illorai, utilisait des galets de rivière soigneusement polis et modelés en forme d’amande allongée à pointe conique[1]. Les 232 outils retrouvés dans la tombe VII de Montessu sont majoritairement constitués de pics et de marteaux taillés dans des pierres d’origine volcanique, dure et résistante, avec un façonnage bifacial[7]. Quel que soit le site de découverte des outils, il a été constaté qu'ils correspondaient à des outils fabriqués dans des roches faciles à trouver sur place[8].

Les domus de janas ne sont pas des structures figées : elles connaissent des réaménagements et agrandissements au fil du temps, en lien avec leur utilisation prolongée et d’une adaptation aux besoins des communautés. En 1998, des traces évidentes de restructuration ont été mises en évidence dans les planimétries de quatorze domus de janas : Anghelu Ruju XX bis et Santu Pedru I, Puttu Codinu VIII, Oredda I, tombe majeure, Noeddale I, Su Crucifissu Mannu VIII et XXI, Molia 1 et 7, tombe du chef, tombe de l'hémicycle, Iloi II, S’Acqua Salida 1. Par la suite, un constat identique a été réalisé dans d’autres hypogées (Mesu ’e Montes II, Ponte Secco IIa, Montalè, Sos Furrighesos VIII et IX)[9]. À l'époque nuragique, certaines domus seront transformées en tombes des géants « à façade architecturale ».

Typologie

Presque tous les archéologues qui se sont intéressés aux domus de janas ont essayé de les classifier selon une typologie planimétrique[10].

Approche architecturale

En 1901, à la suite de ses nombreuses explorations de domus situées surtout dans la Sardaigne centrale (territoires de Busachi, Fordongianus et Ruinas), G. Pinza utilise une nomenclature issue du vocabulaire de l'architecture classique (atrium, vestibule, dromos, antichambre, cellules « en four » ou à « voûte plate »), encore employée aujourd’hui, et un langage géométrique accordant une place importante à la forme (curviligne, rectiligne) des murs et des plafonds. Pinza distingue ainsi deux types de domus, celles constituées de « petites cellules en four précédées d’un simple couloir ou vestibule », d’où se développent « les hypogées à plusieurs pièces elliptiques ou circulaires, généralement à voûte en coupole » et celles constituées de « simples cellules rectangulaires à voûte plate, auxquelles on accède directement depuis le couloir d’accès », d’où se développa l’hypogée « à cellule rectangulaire, précédée d’une antichambre de plan similaire, accessible par un vestibule ou couloir d’accès, dont la partie interne est parfois couverte par une saillie de la roche »[11]. En 1909, A. Taramelli, après ses travaux à Anghelu Ruju propose une synthèse utilisant le type d’accès aux hypogées comme critère principal de classification : il distingue ainsi les tombes à entrée en puits (avec un couloir plus ou moins long) et celles à pavillon, en soulignant dans les deux cas des constantes planimétriques (présence d'une antichambre, variété des formes des formes des cellules)[10].

Plan de la domus de janas dite tomba del capo dans la nécropole de Sant'Andrea Priu.
Dromos dans la nécropole de Genna Salixi.

Approches géomorphologique et culturelle

Giovanni Lilliu distingue quant à lui deux types d'hypogée selon des critères géomorphologiques : des domus réalisées sur des plateaux ou des affleurements rocheux à peine émergents du sol, avec un puits vertical d’accès et entrée intentionnellement dissimulée, et des domus à projection horizontale, ouvertes dans la façade de falaises rocheuses, avec une entrée bien visible[10]. Le premier type, moins fréquent, serait selon Lilliu plus ancien et peut-être d’origine orientale, car il est attesté surtout dans des zones proches de la mer (Cuccuru S’Arriu à Cabras) et se serait diffusé progressivement dans toute l’île. Pour Lilliu, le second type accorde une importance plus grande à l'articulation planimétrique et au nombre de pièces (passage d'une tombe monocellulaire à une tombe pluricellulaire) et résulte d'une évolution temporelle et des besoins de groupes humains plus ou moins florissants. Constatant que l’articulation des pièces correspond à deux dispositions distinctes (une projection longitudinale ou un développement à plan central), Lilliu estime que le choix de l'un ou de l'autre serait déterminé par des raisons géomorphologiques (configuration et qualité de la roche) et par des motivations culturelles (volonté de rendre désormais l’entrée visible, influence de l'architecture à plan rond des cabanes des pasteurs nomade ou des premiers agriculteurs semi-sédentaires, influence du modèle oriental de la tombe souterraine, influence indirecte des constructions dolméniques de forme rectiligne[10].

Dans les années 1990, les études archéologiques portent une attention plus particulière à la détermination des variables environnementales (altitude, hydrographie, géologie, pédologie, morphologie). À partir de 2006, Ercole Contu aborde la question typologique des domus selon deux critères, l'un centré sur l’implantation morphologique et l'autre selon le type d’entrée. Contu distingue plusieurs types morphologiques : les tombes situées sur une esplanade rocheuse, celles creusées le long d’un versant ou d'une paroi rocheuse, celles creusées dans des blocs erratiques. Quant aux types d’entrée, comme Lilliu, il distingue les tombes à puits (pozzetto-calatoia) de celles à couloir (descendant et/ou ascendant), direct et visible, au niveau du sol. Contu tient aussi en compte de la planimétrie, qu’il considère comme intentionnelle et propre à des traditions locales (curviligne dans les régions méridionales et centrales, rectiligne dans les régions nord-occidentales) tout en observant des mélanges de styles, aussi bien dans les nécropoles que dans les tombes elles-mêmes et souligne l'importance du critère numérique. Sur cette base, on serait passé à d'un modèle à cellule unique (à fonction exclusivement funéraire pour un seul individu) à un modèle à deux cellules (la première servant aux rituels et la seconde aux sépultures) puis à des schémas pluricellulaires avec une pièce principale servant de raccord purement architectural aux cellules disposées tout autour et, en même temps, de lieu destiné aux rituels funéraires. Quant à la planimétrie, Contu reconnaît une tendance fréquente, mais non exclusive, au creusement de pièces selon les règles de symétrie, conduisant à des schémas en « T », cruciformes et, enfin, à développement central[12].

Typologie planimétrique

Actuellement, le critère numérique reste constamment utilisé par tous les chercheurs pour les définitions typologico-planimétriques[12] mais il est peu probable que les vastes domus de janas, comme celle de la tombe majeure dans la nécropole de S’Adde ‘e Asile qui compte 21 pièces, soient le résultat d’un projet unitaire originel soigneusement achevé, mais plus celui d’une élaboration fortuite réalisée au cours du temps et en fonction des besoins du groupe qui l’a utilisée[13].

Pour G. Tanda, les tombes doivent remplir deux fonctions : accueillir le défunt dans un espace réservé et accueillir les vivants dans un espace circonscrit (au cours de visites périodiques) pour rendre possible une communication spirituelle individuelle ou collective avec les morts et pratiquer des rituels ouverts à l’ensemble de la communauté. En outre, il ne fait aucun doute que le passage d'une domus de janas hypogée à celle partiellement épigée, c'est-à-dire le passage d'une tombe non visible à une tombe visible, ne peut être considéré ni comme un fait fortuit ni comme une manifestation purement psychologique, mais comme le fruit d’un changement culturel que traduirait l'évolution architecturale des domus de janas[13].

Pour G. Tanda, il apparaît ainsi indispensable de préciser les éléments constitutifs d'une domus de janas et, parmi ces éléments, de distinguer les attributs qui concourent à l'identification de séries typologiques. À partir de la reconnaissance des différents espaces destinés à différentes fonctions (accueil du défunt, accueil les vivants), il devient ainsi possible de distinguer des constantes en lieu et place du seul paramètre numérique[13]. Toute domus de janas est constituée d'une structure principale, constituée de l'antichambre, de la chambre et de cellules qui lui sont éventuellement ajoutées ultérieurement, mais aussi d’éléments accessoires mais fondamentaux comme le type d’entrée, les espaces de connexion et l'organisation du passage entre ces différents espaces. L'application de cette grille d'analyse, à 120 domus dont un relevé planimétrique a pu être réalisé, a conduit Tanda à définir une nomenclature synthétique des domus de janas comprenant deux classes, elles-mêmes éventuellement subdivisées en types et sous-types[14] :

  • Classe I : elle regroupe les domus à entrée en puits et développement à projection verticale (tombes XXVIII, XXX et la tombe C d'Anghelu Ruju, tombe XXXIV de Montessu et les tombes de Montalè V et Oredda I). Dans trois d’entre elles (Anghelu Ruju XXX, Montalè V et Oredda I), le puits d'accès a toutefois été largement modifié et seules quelques traces sont visibles, quant aux trois autres leur faible nombre et leurs différences morphologiques notables ne permettent pas d’identifier un type bien défini.
  • Classe II : elle regroupe les domus à entrée au niveau du sol ou en élévation, avec ou sans dromos ou pavillon, et développement à projection horizontale. On peut les subdiviser en huit types distincts, avec des sous-types et des variétés :
Davantage d’informations Type, Sous-type ...
Domus de classe II[15]
Type Sous-type Caractéristiques principales
1
Domus de janas avec structure essentielle constituée d’une antichambre et d’une cellule (quadrangulaire, sub-quadrangulaire, sub-circulaire, sub-trapézoïdale ou irrégulière)
1
1 pavillon et 1 cellule irrégulière : 16 domus (3 typiques et 13 atypiques réparties en 8 variétés)
2
1 antichambre quadrangulaire et 1 cellule semi-ellipsoïdale : 5 domus et 2 variétés
3
1 antichambre sub-ellipsoïdale, 1 cellule semi-ellipsoïdale et 1 dromos de grandes proportions : 3 domus et 1 variété
2
Domus de janas avec structure essentielle constituée d’une antichambre et d’une cellule quadrangulaire dont les dimensions sont au moins doubles de celles de l’antichambre
1
1 antichambre quadrangulaire, 1 cellule plus grande (jusqu’à 4 fois), avec des espaces ajoutés à la cellule principale : 7 tombes et 3 variétés
2
la structure essentielle est précédée d’un pavillon (avec ou sans espaces ajoutés)
3
1 pavillon et 1 dromos
3
Domus de janas avec structure essentielle creusée dans une cavité avec une antichambre sub-ellipsoïdale et un espace ajouté à la cellule
4
Domus de janas avec structure essentielle caractérisée par une antichambre et/ou un pavillon, de forme le plus souvent quadrangulaire, et par une cellule à profil rectangulaire, disposée le long de l’axe transversal, perpendiculairement à l’axe longitudinal. En règle générale, la largeur de la cellule est supérieure à celle de l’antichambre/pavillon. Plan dit en « T ».
1
1 antichambre
2
1 dromos avec pavillon terminal
3
1 dromos, à la cellule principale sont ajoutées quelques pièces : 2 domus
4
2 antichambres, à la cellule principale sont ajoutées quelques pièces : 2 domus
5
1 pavillon ou 1 antichambre. Le schéma « en T » est réalisé par la disposition, le long de l’axe transversal, à côté de la cellule principale, de deux pièces, une de chaque côté, chacune ayant une largeur presque égale à celle de l’antichambre :d 6 domus de janas et 5 variétés
6
structure essentielle déjà configurée en schéma « en T », prolongée par l’ajout, sur les côtés, de pièces ou groupes de pièces :
  • antichambre le plus souvent sub-ellipsoïdale (parfois reconstruite)
  • cellule principale presque toujours sub-rectangulaire, plus grande que l’antichambre
  • cellules de prolongement généralement quadrangulaires, rarement sub-ellipsoïdales : 11 domus et 7 variétés.
7
structure essentielle, déjà configurée selon un schéma « en T », prolongée par l’ajout, sur les côtés, de pièces ou de groupes de pièces, le plus souvent quadrangulaires. La tombe est précédée d’un dromos, long et étroit ou court et large, ou bien d’un pavillon : 5 domus de janas et 4 variétés
  • l’antichambre est rectangulaire, rarement sub-ellipsoïdale (variété 2), et dans un cas double (variété 3)
  • la cellule principale, sub-rectangulaire, a des dimensions supérieures à celles de l’antichambre
  • les cellules de prolongement présentent en général un profil quadrangulaire, rarement sub-ellipsoïdal (variété 1).
5
Domus de janas avec structure essentielle caractérisée par une antichambre semi-circulaire et une chambre quadrangulaire. La largeur de l’antichambre est, le plus souvent, égale à celle de la cellule quadrangulaire
6
Domus de janas avec structure essentielle constituée d’une antichambre et d’une cellule quadrangulaires, précédées d’un pavillon, développées sur l’axe longitudinal (influence mégalithique) : 9 domus et 3 variétés
7
Domus de janas avec structure essentielle comportant un long dromos et un pavillon terminal. L'antichambre et la cellule sont de mêmes dimensions (influence mégalithique) : 7 domus et 1 variété
8
Domus de janas avec une structure essentielle précédée d'un court dromos mégalithique : 2 domus uniques en leur genre
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18 domus de janas, attribuables à la classe II, échappent à toute tentative de classification selon les critères exposés plus haut, en raison de leur état (vastes remaniements ultérieurs, encombrement par des matériaux, destruction partielle). Statistiquement, la classe II est très largement majoritaire (117 tombes, soit 97,5 % de l'échantillon) et le type 4 de la classe II, correspondant à la typologie classique dite du plan en « T », est prévalent par rapport aux autres types[16].

Les hypogées précédés d'un dromos présentent toujours des pièces de plan rectiligne, carrées ou rectangulaires, rappelant l’architecture mégalithique : le couloir hypogéique semble en effet refléter en négatif la galerie dolménique[17].

Décor intérieur

Maison des vivants, demeure des morts

Dans de nombreux hypogées, on observe à la fois des éléments architecturaux en relief, des représentations/imitations d'éléments architecturaux typiques de l'habitation des vivants, et le plan complet de l'habitation[18]. Les éléments, tels que le plafond (à pente unique ou double, semi-circulaire) et les décors intérieurs (linteaux, piliers, colonnes, pilastres, stipes, plinthes, frises, lésènes, socles, bandes, banquettes, tables et foyers) sont communément interprétés comme représentation d’éléments architecturaux typiques de l’habitation des vivants.

Au vu de sa fréquence, le foyer semble tenir une importance plus particulière. Il apparaît sous une forme structurée (Sa Pala Larga n°3 et 7, Sa Lophasa, Mesu ’e Montes II, Monte Siseri, Masadda, Mandra Antine III) ou sous la simple forme d'une petite fosse (Sos Furrighesos VIII et XV, tombe des sabliers, Butule, Montessu). La forme structurée est généralement présente dans la chambre principale, alors que la forme en fosse est présente dans l'antichambre[19].

Les représentations de plafonds sculptés (à simple ou double pente, avec éventuellement « poutre faitière » et « solives », de forme semi-circulaire ou conique) sont particulièrement significatives. 90 tombes comportent une représentation d'un plafond à deux versants[5]. Le plafond comporte une double pente dans des espaces le plus souvent de forme quadrangulaire (antichambre, chambre, cellule), et il est alors associé à des piliers et colonnes, bandes et lésènes[20]. Le plafond à pente unique, orientée vers l’extérieur, est généralement associé à des espaces de plan rectangulaire ou sub-rectangulaire : il se rencontre surtout dans les hypogées de type longitudinal mais il ne comporte ni piliers ni colonnes, et les éléments décoratifs associés (socles, bandes) y sont rares. Les plafonds de forme semi-circulaire ou conique (plus rare) évoquent directement la forme d'une cabane circulaire, transposée dans le monde funéraire, et témoigne d’une symbolique forte mais assez marginale dans le corpus[21]. Les zones agricoles et collinaires semblent avoir privilégié ces représentations, renforçant l’idée d’une continuité entre la maison des vivants et la demeure des morts. Certaines tombes présentent des plafonds multiples, à double pente et semi-circulaire, mais le phénomène est assez limité (Noeddale I, Mesu ’e Montes XVI)[22]. À Ispiluncas 2, l’antichambre de forme semi-ellipsoïdale combine trois types de plafond : pente unique, double pente et semi-circulaire. D'autres tombes comportent des associations « anormales », avec par exemple une cellule de forme quadrangulaire/ellipsoïdale couverte par un plafond de type semi-circulaire (Tanca Bullittas, Puttu Codinu VIII, Montigiu Zuffinu III, Sas Lozas I et IV, Su Littu/Montiju de sa Femina). Ces « anomalies » pourraient traduire l'intention symbolique de leurs concepteurs : reproduire les modèles de couverture connus des communautés préhistoriques, indépendamment de la forme réelle de l’espace, en variant selon la morphologie des tombes et les traditions régionales[22].

Des fausses portes, sculptées ou peintes, sont visibles dans une vingtaine de tombes, principalement situées dans le nord-ouest de la Sardaigne[23] (Anghelu Ruju) et les plus anciens exemples sont antérieurs à l'apparition des fausses portes dans les tombes de l'Égypte antique[24]. Ces fausses portes apparaissent généralement sur le mur du fond de la chambre principale et sont représentées par des cadres horizontaux et verticaux et un linteau en saillie.

Motifs décoratifs

Les techniques utilisées pour orner les tombes sont variées : la sculpture (bas-relief ou en pseudo-relief), le martelage, le graffiti, le polissage, les pointillés, la peinture directe sur le mur ou sur un enduit. Les techniques sont souvent utilisées en combinaison au sein d'une même tombe (notamment sculpture, gravure et peinture). Sur 215 domus de janas ornées, 120 tombes comportent un décor sculpté, 54 un décor gravé et 112 un décor ou peint, les trois techniques étant le plus souvent combinées[25]. La sculpture et la peinture, celle-ci étant souvent appliquée en superposition à la sculpture, apparaissent comme les plus anciennes, car elles furent utilisées pour la réalisation des motifs les plus anciens attestés jusqu’à présent au Néolithique récent. La technique du martelage est plus tardive et attribuable à l’âge du cuivre[26].

Ces motifs décoratifs sont généralement présents dans l'antichambre et dans la chambre principale, plus rarement dans les cellules secondaires, ce qui laisse penser que ces pièces avaient des fonctions distinctes[27] (culte des défunts dans les grandes pièces, dépôts des corps dans les plus petites)[5]. On peut classer les motifs décoratifs représentés en cinq catégories : les bucranes et motifs corniformes , les motifs en forme de « peigne », les motifs anthropomorphes, les armes et les outils, les figures géométriques[25].

Les bucranes et corniformes[28] sont les motifs les plus fréquents. Le symbole est représenté de manière complète (museau, oreilles, yeux, cornes) ou seulement par les cornes (jusqu'à 4 cornes)[5]. Les bucranes et corniformes sont représentés, horizontalement ou verticalement, au-dessus de la porte d'entrée de la tombe ou dans les chambres sur les murs[25]. Trois modèles de bucranes/corniformes sont documentés par 258 figurations : avec les cornes tournées vers le haut, avec les cornes tournées vers le bas, avec les cornes sculptées au plafond de la pièce et orientées vers l’entrée. Le motif avec les cornes tournées vers le haut est nettement prévalent (241 motifs répartis dans 92 hypogées). Ces représentations sont datées du Néolithique récent (culture Ozieri) et, dans une moindre mesure, de l’âge du cuivre[29]. Le symbole est généralement identifié comme le signe du principe masculin, partenaire de la « Déesse‑Mère », où il remplace complètement dans le contexte funéraire l’iconographie du sexe viril mais pour d'autres auteurs les bucranes ne seraient que la reproduction d’objets analogues suspendus sur les parois des maisons des vivants, à fonction apotropaïque[30].

Les motifs sculptés anthropomorphes (masculins ou féminins, formes en « sablier », idoloformes) ont été réalisés en bas-relief plat ou en « relief négatif », ils sont toujours situés dans l’antichambre ou le pavillon d'entrée (Ponte Secco V). Dans la domus de Su Littu (Ossi), la représentation d’une idole dans le style des statuettes en plaque constitue un cas unique. Des figurations interprétées comme idoloformes du même type mais réalisées en « relief négatif » ont été documentées dans les antichambres des domus de janas no 6, 8 et 24 de Montessu et dans la tombe XV de Sos Furrighesos. Par comparaison avec les figurines imitées, ces quatre figurations sont attribuées au Néolithique récent (culture Ozieri)[31].

Les motifs en « sablier » visibles dans la domus II de Mesu ’e Montes et dans la tombe des sabliers sont généralement reconnus comme étant des représentations d’êtres féminins. Toutefois, la juxtaposition par les sommets des triangles disposés par bandes, formant les « sabliers », pourrait ne pas être intentionnelle et dans ce cas, la composition figurative devrait être classée parmi les motifs géométriques. Il est en de même des motifs en spirale (sculptés en bas-relief, gravés par incision ou peints) qui peuvent être interprétés comme de simples motifs géométriques ou comme la représentation d'un être divin féminin (la « déesse aux yeux ») ou masculin (cornes de bélier tournées vers le bas)[31].

Une figuration, réalisée par incision, dans la domus 2 de Baldedu (Chiaramonti) a été interprétée comme la représentation d'une poignée d’épée. Un motif en double hache qui avait été reconnu sur la paroi d’entrée de la cellule principale de la domus de janas IX à Sos Furrighesos a été depuis malheureusement détruit[32]. Le motif en « peigne », correspondant à une bande horizontale rectiligne enrichie de quatre bandes rectilignes verticales, n'est connu qu'à un seul exemplaire (domus II à Montessu)[29].

Les études menées sur des échantillons de pigment provenant de certaines domus de janas indiquent que les principaux composants minéraux utilisés sont l’ocre et l’oxyde de manganèse et que ces pigments contiennent également des liants organiques, mélangés aux minéraux afin d’assurer la conservation[33].

Toutefois, le nombre de domus comportant des motifs décoratifs à valeur symbolique est très faible. Ce fait a été mis en relation avec une situation naissante d’inégalités sociales : les tombes décorées auraient été le privilège de commanditaires disposant de plus grandes ressources, proportionnelles au résultat final et aux compétences nécessaires. Les tombes richement sculptées et peintes en polychromie de Mandra Antine (Thiesi) et S’Incantu (Putifigari) ont certainement exigé un investissement plus important que des tombes richement ornées mais peu ou pas peintes, comme Mesu ’e Montes II, et celles‑ci à leur tour furent plus coûteuses que les tombes au décor très modeste de la même nécropole[30].

Rituels funéraires

La plupart des domus de janas ayant été découvertes sans dépôts archéologiques ou avec un contexte archéologique pollué par de nombreuses réutilisations ultérieures, les pratiques funéraires demeurent largement méconnues. Les domus de janas sont des tombes collectives qui représentaient vraisemblablement les monuments funéraires de groupes parentaux[34].

La grande variété planimétrique des domus de janas est probablement conditionnée par la morphologie du site d'implantation mais aussi par des exigences liées aux rituels funéraires. Par exemple, si la présence de couloirs d’accès dans les tombes de la nécropole d’Anghelu Ruju est liée à la morphologie plane du banc gréseux dans lequel les hypogées sont creusés, la longueur exceptionnelle du couloir de la domus IV de S’Elighe Entosu (Usini) est vraisemblablement liée au besoin de créer un espace cérémoniel, peut‑être destiné à des processions rituelles[34]. Les pièces internes ne semblent pas toutes avoir la même fonction : à la destination funéraire commune s’ajoute, dans l’antichambre et dans les pièces centrales, un usage lié au culte, comme en témoignent les nombreuses représentations symboliques ainsi que la présence de niches, cupules, foyers, banquettes[34]. Quelques rares cas de chambres avec des bancs creusés dans les parois pourraient correspondre à des tombes destinées à des défunts d'un rang social plus élevé[5]. Les domus de janas, quel que soit leur planimétrie comportent toujours un espace introductif, l’antichambre : un espace généralement étroit, précédé d’un portillon minuscule, comme le sont également les petites ouvertures de communication entre les cellules internes. Ces ouvertures étroites ne peuvent s'expliquer uniquement par la crainte des morts et la volonté de limiter leurs possibilités de sortie. Selon Paolo Melis, il doit exister une analogie entre l’exiguïté des portillons et celle de l’utérus maternel  : la restitution du corps à la « Mère‑Terre » se faisant selon les mêmes modalités et avec la même difficulté que celles de la naissance[35].

Il n'est pas exclu que l'abondance des outils retrouvés dans les tombes ne résulte pas uniquement d'un abandon accidentel, mais peut-être aussi d'un dépôt intentionnel, à valeur symbolique, le creusement de la tombe pouvant lui-même faire partie du rituel[35],[34],[36].

On a parfois pensé que les domus de janas étaient des lieux où pouvaient se dérouler des cérémonies cultuelles, non seulement lors des sépultures mais aussi lors de certaines occasions mais en réalité, cela n’a pu être possible que dans les tombes particulièrement monumentales, capables d’accueillir plusieurs personnes debout, car la grande majorité des domus de janas sont trop exiguës pour ce type d’activité[35].

Dans le seul cas de sépultures intactes de la phase Ozieri, dans la tombe de San Benedetto (Iglesias), les dépôts étaient secondaires[35]. Par comparaison avec les pratiques funéraires observées en Italie péninsulaire à la même période, on émet l'hypothèse que le rituel funéraire pratiqué dans les domus était celui de l'inhumation secondaire articulée en plusieurs étapes : dépôt du cadavre (à l’extérieur ? dans le couloir ?), décharnement (à l’extérieur ?), sélection de certaines parties anatomiques, rites dans l’antichambre et la pièce centrale et dépôt final dans les pièces internes[35],[34]. Parmi les différents procédés de décharnement, celui de la semi‑combustion est bien attesté dans la phase Filigosa[34].

Les restes osseux étaient généralement accompagnés d’un mobilier lié au défunt. Au IIIe millénaire av. J.-C., dans certains riches ensembles funéraires, le métal semble assumer un rôle symbolique, reflétant le statut social du défunt. Parmi les contextes les plus significatifs se distingue l’hypogée de Cungiau Su Tuttui (Piscinas) daté de la phase Filigosa, pour le nombre considérable d’objets en cuivre et en argent qui y ont été retrouvés. Cette abondance est vraisemblablement liée à la proximité des sources d’approvisionnement en matières premières[34].

Datation

Au XIXe siècle, les domus de janas étaient assimilées à des catacombes et datées de l'époque romaine ou de l'Antiquité tardive.

Il est traditionnellement admis que les domus en hypogée correspondent aux plus anciennes réalisations datées du Néolithique moyen et qu'elles ont perduré au Néolithique récent mais uniquement dans le contexte des grandes nécropoles, comme à Anghelu Ruju, où ce choix semble être alors dicté par un manque d'espace alors que le type avec dromos est prédominant dans cette nécropole[37]. Au XXe siècle, les archéologues Giovanni Lilliu (1963), et Ercole Contu (1997) ont proposé de voir dans les domus de janas une des composantes caractéristiques de la culture d'Ozieri. En 1980, les fouilles menées dans la grotte de Sa Ucca de su Tintirriolu (Mara), livrant un contexte archéologique daté du Néolithique moyen et récent, puis la découverte de la nécropole de Cuccuru S’Arriu, attribuée au Néolithique moyen et présentant de fortes similitudes structurelles avec les domus de janas, ont semblé confirmer cette hypothèse[2]. Indépendamment de l’attribution architecturale, qui n'est pas toujours possible en raison de restructurations réalisées postérieurement au premier aménagement (tombes XXX et tombe A d’Anghelu Ruju, tombe V de Montalè), il a été souligné l'existence d'un lien fort entre trois domus de janas de la classe I (hypogée XXXIV de Montessu, tombe C et tombe XXVIII d’Anghelu Ruju) et la culture de Bonu Ighinu. Les domus de janas présenteraient une filiation directe avec le modèle funéraire du Néolithique moyen, modèle qui actuellement n'a été reconnu que dans la nécropole de Cuccuru S’Arriu[18].

L'origine du modèle funéraire hypogéique fait cependant l'objet d'une controverse opposant ceux qui voient dans la grotte artificielle un produit de l’idéologie funéraire de communautés agricoles issues de l'Orient et venues s'installer dans l'Occident méditerranéen, et ceux qui, au contraire, estiment que ce type sépulcral a pu se développer de manière autonome. Deux domus de janas, (Minerva I et II à Villanova Monteleone), présentent une caractéristique particulière : elles sont toutes deux été aménagées dans une cavité naturelle. Dans la première tombe, la partie retravaillée de la grotte comporte un portillon d’entrée, surmonté d’un motif double de cornes rectilignes. Dans la seconde tombe, on distingue à peine un motif corniforme au-dessus du portillon. Si l'installation dans des abris naturels pourrait être considérée comme un simple effet du déterminisme environnemental, certains éléments (dont la présence de cupules au sol analogues à celles observées dans des espaces non strictement funéraires mais à usage rituel) tendent cependant à confirmer l’intentionnalité de l’excavation et de l’adaptation de la cavité. On connaît par ailleurs d’autres cas de domus de janas présentant la même morphologie (tombes de Villanova Monteleone, d’Ardauli , tombes 7 à 10 de Sas Perderas). L’origine autochtone de l’hypogéisme sarde pourrait s’appuyer sur des indices appréciables[18].

La multiplication des fouilles qui ont pu être réalisées de manière scientifique a toutefois mis en évidence des configurations archéologiques complexes. La domus I de Santu Pedru a été utilisée du Néolithique final à l'Âge du bronze ancien et la domus II de Mesu 'e Montes a été fréquentée du Néolithique moyen au Bronze ancien, soit du IVe millénaire av. J.-C. jusqu'au quatre premiers siècles du IIe millénaire av. J.-C.. Les datations radiométriques réalisées dans les domus de Molia sur des sédiments organiques et des charbons de bois correspondent à plusieurs intervalles compris entre 4230 et [38].

Les longues périodes d'utilisation des domus de janas soulignent leur valeur identitaire pour les groupes humains qui les ont utilisées durant toute la période prénuragique[38] dont elles constituent la caractéristique majeure de l'architecture funéraire. Elles ont parfois été réutilisées à des fins funéraires durant la période nuragique puis réemployées comme bergeries ou abris de bergers jusqu'à des périodes récentes[39].

Patrimoine mondial

Faits en bref Pays, Subdivision ...
Tradition funéraire dans la Sardaigne préhistorique – Les domus de janas *
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Subdivision Sardaigne
Numéro
d’identification
1730
Année d’inscription (47e session)
Type Culturel
Critères (iii)
Superficie 319,91 ha
Zone tampon 21 828,17 ha
Région Europe et Amérique du Nord **
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO
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Le , l'Italie inscrit sur sa liste indicative une proposition intitulée Art and Architecture in the Prehistory of Sardinia. The domus de janas.[40] Art et Architecture de la préhistoire de la Sardaigne. Les domus de janas »). Cette inscription, préalable nécessaire à tout examen par le Comité du patrimoine mondial, comprend 35 sites distincts. Cet examen a lieu en 2025 durant la 47e session, sur une liste resserrée de seulement 27 sites. L'ICOMOS recommande de renvoyer la proposition à l'Italie afin de la reformuler[41], mais le comité ne tient pas compte de cet avis et les sites inscrits au patrimoine mondial le [42] sous le libellé de « Tradition funéraire dans la Sardaigne préhistorique – Les domus de janas » comme étant la manifestation la plus étendue et la plus riche de l'architecture funéraire hypogée en Méditerranée occidentale, illustrant un phénomène attesté par environ 3 500 hypogées répartis sur toute l'île[43],[44].

Davantage d’informations N°, Site ...
Sites du bien inscrit au patrimoine mondial
Site Commune Superficie (ha) Zone tampon (ha) Coordonnées Illustration
1730-001 Nécropole d'Anghelu Ruju Alghero 7,07 779,48 40° 37′ 57″ N, 8° 19′ 36″ E
1730-002 Nécropole de Puttu Codinu Villanova Monteleone 2,7 520,39 40° 29′ 14″ N, 8° 31′ 08″ E
1730-003 Nécropole de Monte Siseri Putifigari 4,87 2 369,1 40° 36′ 23″ N, 8° 25′ 48″ E
1730-004 Complexe prénuragique de Monte Baranta Olmedo 79,44 40° 37′ 55″ N, 8° 23′ 50″ E
1730-005 Nécropole de Mesu ‘e Montes Ossi 6,57 471,81 40° 37′ 51″ N, 8° 37′ 05″ E
1730-006 Sanctuaire du Monte d'Accoddi Sassari 37,39 1 272,64 40° 47′ 23″ N, 8° 26′ 59″ E
1730-007 Nécropole de Su Crucifissu Mannu Porto Torres 9,85 40° 48′ 39″ N, 8° 26′ 34″ E
1730-008 Domus de janas de l'Orto del Beneficio Parrocchiale Sennori 0,31 44
1730-009 Domus de janas du rocher de l'Éléphant Castelsardo 4,71 2 220,74 40° 53′ 23″ N, 8° 44′ 46″ E
1730-010 Nécropole de Li Muri Arzachena 21,32 753,12 41° 04′ 13″ N, 9° 19′ 18″ E
1730-011 Parc des pétroglyphes-a (it) Cheremule 1,78 0 40° 29′ 09″ N, 8° 43′ 50″ E
1730-012 Parc des pétroglyphes-b (it) Cheremule 40° 28′ 56″ N, 8° 43′ 51″ E
1730-013 Dolmen de Sa Coveccada (it) Mores (ville) 1,22 1 423,19 40° 30′ 29″ N, 8° 52′ 00″ E
1730-014 Abri de Luzzanas Ozieri 0,59 938,88 40° 38′ 58″ N, 8° 53′ 27″ E
1730-015 Nécropole de Sant'Andrea Priu Bonorva 3,61 2 132,29 40° 25′ 18″ N, 8° 50′ 50″ E
1730-016 Nécropole de Sa Pala Larga Bonorva 6,31 40° 24′ 37″ N, 8° 52′ 18″ E
1730-017 Nécropole de Sos Furrighesos Anela 3,67 825,53 40° 28′ 53″ N, 8° 58′ 17″ E
1730-018 Village de Serra Linta Sedilo 22,87 760,19 40° 08′ 34″ N, 8° 54′ 20″ E
1730-019 Nécropole d'Ispiluncas (it) Sedilo 40° 09′ 30″ N, 8° 54′ 09″ E
1730-020 Nécropole de Mandras Ardauli 0,39 385,33 40° 05′ 06″ N, 8° 57′ 05″ E
1730-021 Nécropole de Brodu (it) Oniferi 15 558,85 40° 19′ 19″ N, 9° 10′ 24″ E
1730-022 Nécropole d'Istevéne Mamoiada 0,67 559,68 40° 11′ 36″ N, 9° 17′ 30″ E
1730-023 Grotte Corbeddu (it) Oliena 1,34 3 601,68 40° 15′ 19″ N, 9° 29′ 10″ E
1730-024 Menhir de Curru Tundu Villa Sant'Antonio 1,59 240,88 39° 52′ 33″ N, 8° 54′ 05″ E
1730-025 Abri de Su Forru de is Sinzurreddus et ateliers d'outils de pierre de Sennixeddu Pau 0,94 822,34 39° 48′ 24″ N, 8° 46′ 33″ E
1730-026 Pranu Muttedu Goni 45,07 388,55 39° 34′ 01″ N, 9° 16′ 11″ E
1730-027 Nécropole de Montessu Villaperuccio 40,63 759,5 39° 08′ 01″ N, 8° 40′ 06″ E
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Notes et références

Annexes

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