Nacertanije
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Le Nacertanije, est un texte de politique étrangère serbe rédigé par le Premier ministre du roi Michel III Obrenović, Ilija Garašanin, en 1844. C’est un projet nationaliste basé sur l’expansion territoriale et l’unification ethnico-linguistique des Balkans, en vue de la création d’un grand État sud-slave, à cheval entre l’empire d’Autriche, l’Empire russe et l’Empire ottoman, et qui ferait des Serbes les meneurs d’une coalition autour du slavisme[1]. La justification de la pensée du gouvernement de Belgrade repose sur un devoir historique d’une part, et sur la défense du territoire et de la culture d’autre part. En effet, le jeune État serbe entend reconstituer son legs ancestral, c’est-à-dire réunifier les peuples de l’ancien Empire serbe ; et entend contrer l’hégémonie russe désireuse d’étendre l’ingérence de Moscou jusque dans les Balkans. Le Nacertanije est donc un projet impérialiste qui apparaît aux yeux des serbes comme stratégique, vital et dans la continuité de leur histoire.
À la suite des premier et second soulèvements du peuple serbe contre l’Empire ottoman, Miloš Ier Obrenović obtient du sultan de Constantinople un territoire sur lequel il est autorisé à régner. Cependant, l’autonomie de la province ne sera concrétisé qu’en 1830, lorsque Mahmoud II reconnaît l’hérédité de sa fonction.
Alors que dans tout l’Occident, l’État-nation devient le modèle de société, la Serbie est encore un petit État complexé par l’occupation ottomane, et par sa faiblesse militaire et diplomatique vis-à-vis du géant russe, de l’Angleterre et de la France. Afin de s’aligner sur les autres États européens, les autorités de Belgrade veulent profiter de l’adynamie des ottomans. En effet, le Sultan enchaîne les défaites militaires à la suite de la guerre d’indépendance grecque puis la guerre civile qui oppose les armées de Constantinople à celles du vizirat d’Égypte jusqu’en 1840.
À la suite de la seconde révolte serbe, Obrenovic jouit d’une immense popularité chez tous les peuples balkaniques, encore soumise au joug ottoman. Malgré les profondes divisions ethniques, religieuses, linguistiques et culturelles qui ont toujours caractérisées la région, les conditions semblaient réunies pour élaborer l’expansion du territoire vers le Sud, et promouvoir l’État serbe comme premier défenseur du panslavisme.
