Nadia Al-Gindi (également orthographiée Nadia El Gendi); (en arabe: نادية الجندي) (née en 1940 à Alexandrie) est une actrice et productrice égyptienne. Les films auxquels elle participe rencontre un grand succès commercial de ses films dans les années 1980 et 1990. Au cours de sa carrière qui s'étend sur six décennies, elle a joué dans une soixantaine de films et une petite dizaine de séries télévisées. Elle incarne aux yeux du public le personnage d’une femme que les injustices transforment en tigresse et qui se vengent de ceux qui l’ont humiliées. Elle est connue pour ses rôles de femme fatale et ses films d'espionnage liés au conflit israélo-égyptien et aux questions patriotiques, et pour les films policiers, après la révolution de 1952, tels que Mohemma Fi Tel Aviv (1992) et El Gasousa Hekmat Fahmy (1994). Elle est productrice de la plupart de ses films.
Née en 1940[1], elle commence sa carrière au cinéma après avoir remporté un concours de beauté au Caire, ce qui lui vaut de faire ses débuts en 1958 avec un petit rôle dans un film historique de Youssef Chahine sur le colonialisme français en Afrique du Nord, Djamila l'Algérienne, aux côtés des célèbres acteurs Magda al-Sabahi et Salah Zoulficar[1]. Elle n’y prononce qu’une ou deux phrases[1].
Dans les années 1960, elle se voit surtout confier des rôles secondaires ou de figurantes, notamment dans le film Une tempête d'amour avec Salah Zoulficar et Nahed Chérif en 1961, ou dans Trop jeune pour aimer avec Souad Hosni et Rouchdi Abaza en 1966. Elle obtient un rôle un peu plus important dans Une épouse de la rue, réalisé par Hassan Al Imam, sorti en 1960, aux côtés de Hoda Soltane[1].
Au début des années 1970, elle joue le rôle de Zaghaga, une trafiquante de drogue locale, dans un feuilleton télévisé, al-Dawwama (Le Tourbillon), aux côtés de Mahmoud Yassine et du jeune Mahmoud Abdel Aziz[2]. La série connaît un grand succès et est produite pour le cinéma. En 1974, elle acquiert une grande notoriété en produisant elle-même le film Bamba Kashar, dans lequel elle joue le rôle de la danseuse du ventre du XXe siècle du même nom[3],[4]. Réalisé par Hassan Al Imam, à nouveau, dans un style assez similaire à ses mélodrames habituels, le film contient également de nombreuses chansons et danses interprétées par Nadia Al-Gindi. Elle y partage l'affiche avec son mari de l'époque, Emad Hamdy, également acteur. Malgré les problèmes rencontrés pendant longtemps pour obtenir les autorisations de projection, le film connaît un très grand succès dans les salles pendant plusieurs semaines.
Dès les premières années des années 1980, elle joue dans plusieurs films qui rencontrent le succès commercial, dont certains ont été bien accueillis aussi par la critique cinématographique, comme le rôle de Neama't Allah dans Wekalet El Balah, écrit par le lauréat du prix Nobel (en 1988) Naguib Mahfouz, dans lequel elle incarne une femme très forte, patronne d'un entrepôt dans un vieux quartier rural du Caire. Son personnage tombe amoureuse d'un nouvel employé et l'épouse, ce qui laisse entrevoir le conflit entre une personnalité rigoureuse et la faiblesse résultant de l'amour, conduisant le personnage à explorer l'extase, la jalousie et la vengeance. Dans El-Batneyya, du nom d'un autre quartier populaire égyptien, elle joue aux côtés d'acteurs de renom tels que Farid Shawki, ou encore Ahmed Zaki.
Nadia Al-Gindi collabore avec le réalisateur Nader Galal(en) dans neuf films[5], à commencer par Jabarowt Emraa (La puissance d'une femme) en 1984 et jusqu'à Amn Dawla en 1999. Nadia Al-Gindi apparaît dans la plupart de ces œuvres dans le rôle d'une agente secrète (ou d'une agente double) ou dans des rôles présentant des caractéristiques importantes de femme fatale. Beaucoup de ces films étaient également à petit budget. Dans A'sr El Quwwa (L'âge du pouvoir), elle joue un rôle différent de ceux qu'elle avait interprétés auparavant, celui d'une jeune avocate diplômée et fille d'un milliardaire impliqué avec sa famille dans de nombreuses activités criminelles et illégales. Le film est fortement influencé par la trilogie Le Parrain.
Le dernier film dans lequel elle joue est Al-raghba d'Aly Badrakhan en 2001, aux côtés d'Ilham Shaheen et Yaser Galal, un film librement inspiré de Un tramway nommé Désir. Depuis, elle n'a participé qu'à quelques feuilletons télévisés, mais dans des rôles principaux: Zeinat, Man Atlak al-nar A'la Hend Allam? (Qui a tiré sur Hend Allam?), Maleka fi el-Manfa (La reine en exil) et Asrar (Secrets).
En , elle annonce sur son compte Instagram officiel qu'elle va jouer un nouveau rôle d'espionne, près de deux décennies après avoir interprété son dernier rôle similaire[6].
↑(en) Hammond, Andrew, Popular culture in the Arab world: arts, politics, and the media, Cairo, Egypt, American University in Cairo Press, , 192p. (ISBN9789774160547, OCLC148667773)