Nadia Nsayi
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| Naissance | |
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Université catholique de Louvain (maîtrise ès arts) (jusqu'en ) |
| Activité |
| A travaillé pour |
Musée royal de l'Afrique centrale (depuis ) Pax Christi Vlaanderen (d) Broederlijk Delen (en) |
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Nadia Nsayi, née en à Kinshasa, est une politologue et autrice belgo-congolaise, et travaille au Musée de l'Afrique centrale. Spécialisée dans les relations belgo-congolaises, elle est fréquemment citée dans les médias comme experte du Congo.
Enfance et famille
Nadia Nsayi Madjedjo Clerebaut est née à Kinshasa en d'une mère noire, Angélique Madjedjo, et d'un père métis, Marcel Clerebaut Nsayi. Elle rapporte que son père est le fils d'un colon belge d'Anvers et d'une mère congolaise, Louisa Nsayi. Contrairement à la plupart des enfants métis du Congo, il est reconnu par son père belge, mais après la mort de sa mère congolaise, il passe son enfance et son adolescence en pensionnat. Sa mère, Angélique Madjedjo est la fille d'un congolais considéré comme évolué par les colonisateurs, qui parle français et travaille comme fonctionnaire[1],[2].
À la mort de son père, Nadia Nsayi, âgée de cinq ans, quitte son pays natal pour la Belgique où sa famille s'installe à Saint-Josse-ten-Noode. A la mort de son père, elle grandit dans une famille d'accueil à Landen où elle est scolarisée en néerlandais. En 2008, elle obtient une maîtrise en sciences politiques internationales à l'Université catholique de Louvain [3]. Elle retourne au Congo pour la première fois en 2004[1].
Carrière
Après ses études, elle travaille d'abord comme assistante parlementaire puis, pendant dix ans, comme chargée de mission pour le Congo au sein de l'ONG Broederlijk Delen (nl) et de la section flamande du mouvement pacifiste Pax Christi. Dans le cadre de ses fonctions, elle traire de la paix et la participation citoyenne en République démocratique du Congo, avec un focus sur la capitale Kinshasa et les provinces du Nord et du Sud-Kivu à l'est. Elle suit également la situation dans les pays voisins, le Rwanda et le Burundi[3],[4],[5].
Depuis 2019, elle travaille dans le secteur muséal. Elle est notamment co-commissaire avec Els De Palmenaer de l'exposition 100x Congo. Een eeuw Congolese kunst in Antwerpen (un siècle d'art congolais à Anvers) présentée au Museum aan de Stroom d'Anvers du au . L'exposition remporte le British Museums and Heritage Award comme exposition internationale de l'année[6],[4].
Depuis , elle est employée au Musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren, en charge de la programmation culturelle[7].
Œuvre littéraire
En 2020, elle publie son premier livre, Dochter van de dekolonisatie qui mêle son histoire familiale avec le cours de la colonisation et de la décolonisation du Congo, de la fondation en 1885 de l'État indépendant du Congo à l'indépendance en 1960 et l'histoire tumultueuse qui a suivi. Elle décrit comment sa famille maternelle a été contrainte de renier son identité noire et de se convertir à la culture des colonisateurs. Pour Dochter van de dekolonisatie, elle reçoit le Prix de l’émancipation 2020 de la Vereniging voor Ontwikkeling en Emancipatie van Moslims (nl) (Association pour le développement et l'émancipation des musulmans) et le Prix Rosa Luxemburg 2022, qu’elle dédie à sa sœur, Mimi Nsayi[8].
En 2023, l'éditeur néerlandais De Geus (nl) publie son deuxième livre, Congolina. De erfenis van Nele Marian (Congolina. L'héritage de Nele Marian). Dans cette biographie, elle retrace la vie de Nele Marian, l'une des premières écrivaines d'origine africaine en Europe. Son recueil de poèmes Poèmes et Chansons, publié dans les années 1930, décrit avec force l'injustice coloniale. Malgré cela, Nele Marian est restée relativement méconnue par l'histoire littéraire. Nadia Nsayi reconstitue sa vie et établit des parallèles avec sa propre vie. Le livre présente aussi la première traduction en néerlandais de ses poèmes, ainsi que la version originale en français[9],[10].
Prises de position
Nadia Nsayi s'exprime régulièrement sur les questions liées à l'histoire coloniale belge lors d'interviews ou de conférences.
Notamment elle prend position sur la restitution des œuvres d'art, nombreuses dans les collections de musées belges, comme le MAS et le Musée de l'Afrique centrale et sur la reconnaissance par la Belgique des méfaits de la colonisation[11],[12].
En 2022, elle rapporte, dans un entretien avec Ivo Aertsen et Katrien Lauwaert de l'Université catholique de Louvain que, pour elle « [...] la conséquence la plus grave de la colonisation est l'héritage psychologique de ce qu'on appelle l'« infériorité noire » et la « supériorité blanche » qui imprègne encore aujourd'hui l'humanité et la société. ». La reconstruction nécessite inévitablement le développement de l'égalité à tous les niveaux et dans tous les domaines : des relations égalitaires et une coopération sincère entre la Belgique et le Congo, mais aussi entre la société civile belge active au Congo et la population locale, et au sein même de la Belgique[13].
Lors de recherches pour préparer l'exposition 100x Congo, Nadia Nsayi et son équipe découvrent l'histoire des 144 Congolais exhibés dans le cadre d'un zoo humain lors de l'Exposition universelle d'Anvers de 1894. Le , elle manifeste avec le Collectif Hand in Hand contre le racisme au musée royal des Beaux-Arts d'Anvers, exigeant une plaque commémorative en hommage aux sept victimes congolaises décédées lors de cette exposition, précisément auparavant 130 ans[14],[15].
En 2025, Nadia Nsayi fait connaître dans plusieurs cartes blanches et lors d'interviews son possible départ du Musée de l'Afrique centrale en raison de divergences avec la direction. Elle déplore un leadership trop faible, une implication insuffisante des experts d'origine africaine[16],[7]
Distinctions
- Un prix lui a été décerné par Vereniging voor Ontwikkeling en Emancipatie van Moslims (nl) (VOEM, Association pour le développement et l'émancipation des musulmans) « pour son engagement désintéressé en faveur d'une société solidaire, inclusive et durable ».
- Prix Rosa Luxemburg décerné le , le Prix Rosa Luxemburg à Nadia Nsayi « pour son combat actif, par les mots et par l'écriture, en faveur de l'égalité »[8].