Nahda
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Au XIXe siècle, la Nahda (en arabe : النهضة, al-Nahḍa) que l’on peut traduire par « renaissance » est un mouvement transversal de « renaissance » culturelle arabe séculier, à la fois littéraire, politique et culturel. Initialement, cette mouvance est largement influencée par les évènements historiques en Égypte. Elle est liée à la décomposition politique de l’Empire ottoman et au moment de réinvention identitaire du monde arabe qui l’accompagne.
Elle se développe en deux phases :
- La première est déclenchée par Méhémet Ali, un Égyptien modernisateur. Il arrive au pouvoir après que Napoléon fut passé par l'Égypte entre 1798 et 1801 : cette expédition française a une influence importante. D'après l'historien Florian Louis, elle a pu être considérée comme le coup d'envoi du mouvement : "d'abord, en ce qu'elle a fait prendre conscience aux Arabes de leur présumé "retard" sur l'occident et ensuite parce qu'elle leur a permis d'entrer en contact avec ce même occident dont ils allaient largement s'inspirer dans leur volonté de refondation"[1]. Avec la fin des guerres napoléoniennes, Méhémet Ali décide d'envoyer des émissaires en France pour en apprendre plus sur celle-ci et moderniser l'Égypte. Parmi ceux-ci, un lettré, Rifa'a al-Tahtawi qui, de retour en Égypte, fonde une école de traduction et commence la diffusion d'ouvrages. L'imprimerie se développe et joue, avec également l'apport de lettrés du Mont Liban et de Syrie, un rôle considérable dans la propagation de l'esprit de la Nahda[2],[3]
- La seconde phase de la Nahda conduit au plaidoyer dans le Moyen-Orient de deux idées principales :
- Le principe de la raison ;
- La participation au pouvoir, c'est-à-dire la démocratie.
Ces thématiques sont notamment liées à celle de l’emprunt (iqtibâs) comme l'un des moyens de réveiller (ou revivifier: ihya') la culture et la science arabes et de combler le retard accumulé pendant des siècles d’inertie. Ce qui deviendra par la suite un leitmotiv intellectuel est résumé dans l’interrogation du penseur chrétien Boutros al-Boustani (1819-1883), Limâdha nahnu muta’akhkhirûn ? (Pourquoi sommes-nous en retard ? ). (Leyla Dakhli, CNRS, "Une génération d’intellectuels arabes. Syrie, Liban 1908-1940", Paris, Karthala, 2009)
