Nahla Mahmoud

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Nahla Mahmoud (en arabe: نهلة محمود), née en 1987 au Soudan, est une écrivaine, militante des droits de l'homme et écologiste soudano-britannique. Figure du courant laïque et ex-musulmane, elle est la porte-parole du Conseil des ex-musulmans de Grande-Bretagne[1].

Elle est reconnue pour ses prises de position contre l'extrémisme religieux et son plaidoyer en faveur de la liberté d'expression, des droits LGBTQ[2] et de la sensibilisation au changement climatique. Elle réside au Royaume-Uni depuis 2010.

Nahla Mahmoud naît à Wau et grandit au sein d'une famille musulmane sunnite. Dès son enfance, elle se heurte aux interdits religieux, lors d'un cours d'arts plastiques à l'école primaire, elle dessine une représentation d'Allah, un acte considéré comme interdit par la plupart des musulmans, ce qui lui vaut une punition de la part de son enseignant.

Au fil de son éducation, elle exprime son mécontentement face aux restrictions imposées aux filles et aux femmes. Elle dénonce notamment l'impossibilité de jouir des mêmes droits que les garçons, les limites imposées à la création artistique (peinture, sculpture), l'interdiction de posséder un chien ou encore l'absence de liberté de questionnement critique. Elle regrette également que l'enseignement de la théorie de l'évolution soit proscrit du système scolaire soudanais[3],[4].

Nahla Mahmoud poursuit des études en écologie[5] à l'Université de Khartoum, où elle s'implique au sein de l'Association des étudiants en sciences[6]. Son parcours est marqué par sa rencontre avec un professeur opposé au régime d'Omar el-Béchir; ce dernier venait d'être libéré de prison après avoir été torturé pour avoir enseigné la théorie de l'évolution. Cette révélation constitue un choc profond pour elle, renforçant son sentiment d'exclusion au Soudan en tant que femme et en tant que scientifique. Elle déclare plus tard:«Ces incidents m'ont amenée à rejeter progressivement l'Islam jusqu'à ce que je le renonce complètement et devienne athée».

Cette décision rend sa situation extrêmement précaire puisque, sous la législation soudanaise de l'époque, l'apostasie était passible de la peine de mort. Refusant de vivre plus longtemps sous le régime de la Charia, Nahla Mahmoud décide de quitter le pays et s'exile au Royaume-Uni en 2010[7].

Activisme

Controverses sur les entretiens avec la charia

Nahla Mahmoud sur le discours islamique de haine et la culture de l'apostasie au Royaume-Uni

Devenue porte-parole du Conseil des ex-musulmans de Grande-Bretagne, Nahla Mahmoud intervient en sur la chaîne Channel 4 dans l'émission 4thought.tv[8]. Lors de cet entretien intitulé «Qu'est-ce que la charia a à offrir à la Grande-Bretagne?», elle témoigne de son expérience au Soudan, où elle était considérée comme une «citoyenne de seconde zone» devant vivre sous la tutelle d'un homme. Elle y exprime son opposition à l'existence de tribunaux de la charia au Royaume-Uni, plaidant pour que chaque citoyen vive sous une loi laïque unique garantissant l'égalité des droits.

À la suite de cette intervention, elle est la cible d'une violente campagne de haine[9] menée par Salah Al Bander, ancien conseiller municipal libéral-démocrate et directeur de la Fondation civique du Soudan. Ce dernier la qualifie publiquement de « Kafira » (mécréante) sur un site soudanais. La campagne s'intensifie lorsque des mosquées et des journaux soudanais relaient ces accusations, entraînant de nombreuses menaces de mort à l'encontre de la militante[10].

Les répercussions s'étendent à sa famille au Soudan, qui subit des harcèlements; son frère y est notamment victime d'une agression physique. La page Facebook officielle des forces armées soudanaises la désigne également comme apostate[11]. Malgré une plainte déposée auprès de la police britannique, Nahla Mahmoud ne reçoit aucune protection particulière, les autorités lui suggérant plutôt de ne plus exprimer ses opinions publiquement[12],[13].

Droits des anciens musulmans

Nahla Mahmoud et Maryam Namazie discutent de l'apostasie au Soudan et de l'affaire Meriam Ibrahim (2014)

Lors de la Conférence Séculière de 2014, Nahla Mahmoud a mis en lumière les agressions subies par les ex-musulmans, les athées et les musulmans libéraux de la part de mouvements extrémistes. Elle a exprimé son inquiétude face aux résultats d'un sondage de Policy Exchange en 2011 indiquant que 34 % des musulmans britanniques âgés de 16 à 24 ans soutenaient la peine de mort pour apostasie. Elle critique également ce qu'elle qualifie d'attitude de la « gauche régressive » chez certains Occidentaux. Selon elle, au nom du multiculturalisme[14], ces derniers ont tendance à rejeter toute critique de l'islam en la qualifiant systématiquement d'« islamophobie ».

Nahla Mahmoud a estimé qu'entre 2010 et 2012, entre 120 et 170 citoyens soudanais ont été condamnés pour apostasie. Elle précise que la grande majorité de ces personnes ont été contraintes de manifester un «repentir» afin d'échapper à la sentence de mort prévue par la loi[15].

En 2015, Nahla Mahmoud apparaît dans le documentaire néerlandais Among Nonbelievers sur l'HUMAN sur la situation précaire des ex-musulmans à travers le monde.

Environnementalisme

Écologiste de formation, Nahla Mahmoud consacre une part de son travail à l'étude des liens entre crises environnementales et instabilité politique. En 2013, elle publie un article de recherche intitulé « Climate Change and Violent Conflicts in East Africa » (Changement climatique et conflits violents en Afrique de l'Est) pour l'Evelyn Oldfield Unit.

Dans ses travaux, elle remet en question les analyses traditionnelles des conflits en Afrique de l'Est, qui se limitent souvent à des explications ethniques, religieuses ou culturelles. Elle soutient que la raréfaction des ressources renouvelables, est un facteur déclencheur de violence de plus en plus prépondérant au Soudan, au Soudan du Sud et en Éthiopie[5].

Voir aussi

Références

Liens externes

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