Nathalie Tehio
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Nathalie Tehio née le à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) est présidente de la Ligue des droits de l'homme (LDH) depuis , avocate inscrite au barreau de Paris et exerce, en qualité d’avocate, dans un cabinet d'avocats aux Conseils (c'est-à-dire exerçant la profession réglementée, en qualité d'officiers ministériels, d'avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation).
Spécialiste des libertés publiques et des violences policières, cofondatrice de l’Observatoire parisien des libertés publiques[1], elle a été désignée référente des Observatoires des pratiques policières / libertés publiques pour la LDH de 2019 à 2024 et a contribué à la création de nombreux observatoires en France, et travaillé à la protection juridique des observateurs. Elle a œuvré à la constitution d’une doctrine commune aux observatoires, permettant une observation conjointe entre membres de plusieurs observatoires à Sainte-Soline en 2023.
Famille et jeunesse
Fille d’un père tahitien d’origine chinoise et d’une mère bretonne[2] , Nathalie Tehio est née en à Saint-Brieuc et a vécu en Bretagne jusqu’à ses 5 ans. Son père, avocat, s’est installé à Nouméa en Nouvelle-Calédonie en 1970, où elle a grandi jusqu’à son baccalauréat en 1981 et où sa famille vit toujours. Son père, Gustave Tehio, très engagé dans la défense des Kanaks dans les années 1970 et au début des années 1980, fut notamment l'avocat du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou[3]. Son père était le seul avocat à défendre les militants indépendantistes[4], aidé lors de procès politiques importants, par des confrères dont Michel Tubiana, ancien président de la LDH, ou Alain Ottan, venus sur l’île pour lui apporter du renfort.
Formation
C’est ainsi que Nathalie Tehio a découvert le militantisme et la Ligue des droits de l’Homme (ses parents ayant participé à créer la section locale, avec Elie Poigoune[5], Jean-Jacques Bourdinat[6], François Burck…). Elle participe à une première manifestation au lycée La Pérouse de Nouméa contre le renvoi des deux seuls professeurs kanaks de l’établissement, Elie Poigoune, devenu par la suite président de la LDH de Nouvelle-Calédonie, Paul Néaoutyine, président de la Province nord de Nouvelle-Calédonie depuis 1999. Cette première mobilisation, vivement réprimée[7], a constitué son premier contact direct avec les violences policières[8].
Après son baccalauréat, elle étudie à l’université de Montpellier où elle obtient une maîtrise en droit public, puis une maîtrise mention « carrières judiciaires ». Dans le cadre de son DEA, elle a rédigé un mémoire sur « Le Conseil constitutionnel et les DOM-TOM » sous la direction de Dominique Rousseau. Elle a ensuite intégré le DEA Politique criminelle et droits de l’homme (universités de Nanterre et de Sceaux), dirigé par Mireille Delmas-Marty.
Elle a ensuite travaillé dans plusieurs cabinets d’avocats aux Conseils.
Carrière d'enseignante
Elle a enseigné à l’université de Nanterre, puis à Panthéon-Sorbonne (2ème année), au Mans (master 1 et master 2), puis à Nanterre, Paris-Sud (IEJ et master 2) en droit pénal (général et spécial) et procédure pénale. Elle a cessé tout enseignement après son élection en tant que présidente de la LDH.
Parcours militant
Membre de la LDH depuis 1994, elle a été élue au comité national en 2019 puis au bureau national en 2020 (sous la présidence de Malik Salemkour). Elle a été désignée référente des observatoires des pratiques policières / libertés publiques pour la LDH en 2019. La dénonciation par la LDH du discours gouvernemental sur cette manifestation a amené le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin et la Première ministre Elisabeth Borne à attaquer la LDH . Elle a représenté de 2019 à 2025 la LDH au sein du CNPD (collectif pour une nouvelle politique des drogues) où elle milite pour la dépénalisation de l’usage de stupéfiants. Elle est également membre suppléante de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) au titre de la LDH depuis 2022 (Pierre Tartakowsky, président d’honneur de la LDH, est membre titulaire de la CNCDH. Il en a été élu vice-président en 2023).
Spécialiste des libertés publiques et des violences policières[8], elle a rédigé pour la LDH, avec le service juridique, les fiches « Nos droits ». Elle a rédigé le Guide du manifestant (d’abord en version numérique sur le site de la Fédération de Paris de la LDH puis retravaillé pour Librio, éd. Flammarion, ) et a travaillé sur la note sur l’usage des armes par les forces de l’ordre, portant les revendications de la LDH en la matière.
Elle a participé à la rédaction du glossaire pour le jeu « On lâche rien ! »[9].
Elle mène enfin un combat contre l’utilisation des amendes forfaitaires contre les militants ou les jeunes de quartiers populaires et contre les contrôles au faciès[réf. nécessaire].
Elue à l’unanimité par le comité national présidente de la LDH au Congrès de Bordeaux en , elle a dû immédiatement faire face à l’embrasement de la Nouvelle-Calédonie, qui la touche personnellement. Elle a pris position en faveur de l’apaisement et du retour au dialogue pour « retrouver l’esprit des accords de Nouméa ». Elle s’est prononcée contre l’emprisonnement en France de militants Kanaks[réf. nécessaire].
