Le nationalisme autoritaire se définit comme l’alliance de pulsions nationalistes – organisées autour d’un groupe ethnique, d’une nationalité ou d'une identité culturelle spécifique – et de la consolidation du pouvoir politique au sein d’une plateforme antidémocratique qui réprime les libertés individuelles de pensée et d’action[1]. Cette idéologie s’articule généralement autour d’un leader charismatique, d’un parti politique unique ou d’une petite élite, exigeant une loyauté absolue envers une identité nationale présentée comme constamment menacée par des ennemis intérieurs ou extérieurs. Ce cadre intègre souvent l’étatisme (ou nationalisme d’État), où l’État agit comme principal instrument de progrès national, intervenant dans les sphères économiques et sociales pour aligner les ressources nationales sur les intérêts nationaux perçus. Dans ce contexte, l’unité nationale prime sur tout, conduisant fréquemment à la marginalisation des groupes minoritaires perçus comme des obstacles à une identité nationale unifiée[2].
Contrairement aux variantes fondées sur l'élitisme traditionnel, la résurgence du nationalisme autoritaire au XXIe siècle est fréquemment alimentée par des discours réactionnaires et des programmes populistes xénophobes, anti-élites et anti-intellectuels[2]. Les analyses universitaires suggèrent que ce phénomène résulte d'une combinaison de facteurs économiques – tels que les inégalités croissantes et les échecs perçus de la mondialisation – et d'angoisses culturelles liées à l'accélération des changements sociaux[2]. Bien qu'il se manifeste souvent par des mouvements d'extrême droite caractérisés par la suprématie raciale ou l'intolérance religieuse, le nationalisme autoritaire englobe également des aspirations post-impérialistes et des idéologies étato-centrées observées dans divers contextes internationaux, notamment aux États-Unis, en Russie, en Chine, en Inde et en Turquie[2].