Nationalisme méthodologique

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Le nationalisme méthodologique est un biais cognitif en sciences sociales qui consiste à considérer de manière injustifiée l’État-nation comme central dans une analyse de la société[1]. Le nationalisme méthodologique donne une importance disproportionnée, selon les cas, à l'Etat, ou au groupe national, ou au territoire national. Les causes du nationalisme méthodologique sont liées au contexte dans lequel la sociologie est apparue, à la fin du XIXème siècle, au moment de la formation des États-nations .

Le nationalisme méthodologique prend plusieurs formes : le stato-centrisme (biais qui accorde un rôle central à l'Etat), le groupisme (biais qui considère les groupes comme homogènes et nettement différents les uns des autres), le territorialisme (biais qui découpe le monde en espaces supposés homogènes délimités par des lignes nettes)[1].

Le stato-centrisme est défini par la chercheuse en science politique Speranta Dumitru comme « l’inclination à accorder une prééminence injustifiée à l’État-nation »[1]. Cette primauté dans l'analyse occulte la diversité des modes d'organisation politique existants ou possibles[1]. Les sciences sociales sont souvent statocentristes.

Le groupisme est défini par le sociologue Rogers Brubaker (2002) comme « la tendance à considérer les groupes comme distincts, clairement différenciés, homogènes à l’intérieur et délimités à l’extérieur »[1]. Des populations sont ainsi présentées comme des « groupes nationaux », des « groupes raciaux », des « groupes ethniques » ; les traits communs entre leurs membres sont exagérément soulignés[1]. Les sciences sociales ont tendance à adopter une perspective groupiste.

Le territorialisme est un biais défini par John Agnew dans une étude intitulée "Le piège territorial. Les présupposés géographiques de la théorie des relations internationales"[2]. Il consiste à catégoriser toutes les pratiques sociales en fonction de territoires dans lesquels elles sont supposées prendre place ; les sciences sociales ont ainsi contribué à forger les catégories de « littérature japonaise », de « ski français » (le territoire étant alors national), ou de « cuisine asiatique », de « chanson africaine » (le territoire est alors régional)[1].

Les sciences sociales ont tendance à adopter la même perspective que celle de l'État, à « voir comme un État »[1].

Causes du nationalisme méthodologique

Les études qui mettent en cause un nationalisme méthodologique dans les sciences sociales en attribuent la cause au contexte dans lequel s'est élaborée la sociologie , à la fin du XIXe siècle, à une époque contemporaine de l'apparition des États-nations[1]. Les chiffres utilisés par les sociologues proviennent des services de l'État[1]. Les études tendent à sélectionner des sujets portant sur des territoires nationaux parce que les statistiques produites par les différents États ne sont pas toujours comparables (elles sont fondées sur des catégories différentes selon chaque État)[1].

Critique du paradigme de la réduction d'une société à l'espace de l'État-nation

Alternatives au nationalisme méthodologique

Notes et références

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