Naufrage de la barge numéro 752

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Naufrage de la barge numéro 752 En 2004, une série de documents fut déclassifiée ce qui permit aux médias de porter à la connaissance d'un public plus large ce qui s'était passé dans la nuit du , sur le Lac Ladoga avec la barge n° 752 et d'autres. C'était une des barges, une sorte de péniche sans moteur destinée à être poussée ou remorquée, qui servait au transport de matériaux, de matériel, d'animaux, de vivres, de personnes avant et pendant le siège de Léningrad. Elle se disloqua pendant une tempête, sur le Lac Ladoga , dans la nuit du 16 au .

Dans un certain nombre de publications et de sites le numéro 725 est indiqué : il doit s'agir d'une coquille avec inversion du chiffre des dizaines et chiffre des unités.

Depuis le , les premiers obus de 240 mm tombent sur Leningrad et le , à partir de 18 h 55 l'aviation allemande largue 6327 bombes incendiaires sur la ville pour ne citer que ces deux bombardements. Le toutes les voies de communication terrestre étant aux mains des Allemands, le conseil militaire soviétique décide de confier la responsabilité de la construction d'un port dans la petite baie d'Ossinovets au capitaine Nikolaï Avraamov (ru) afin d'augmenter considérablement les échanges entre la rive ouest et la rive est du lac. Dans un premier temps, il est prévu d'atteindre cinq entrées et sorties de péniches par jour à partir du puis dans un deuxième temps, à partir du , de passer à douze par jour. Mais le , sans doute à la suite des évènements décrits ci-dessous, la Marine publia un ordre interdisant le transport de personnes par barge sur le lac Ladoga. Cela fait partie des débuts de la Route de la Vie qui servira de « cordon ombilical » à la cité presque entièrement cernée par l'ennemi [1].

Les léningradois pouvaient se rendre au bord du lac en prenant le train à la gare de Finlande qui, après avoir effectué un trajet d'environ 43 kilomètres, arrivait à la gare du lac Ladoga. Au mois de , ce train ne servait pas à emmener des promeneurs du dimanche mais à évacuer les personnes qu'il fallait sauver et dans l'autre sens à emmener des renforts, des vivres, tout le matériel nécessaire à la défense de la ville. Des voies de communication reliant la rive ouest à la rive est du lac Ladoga, empruntées par des remorqueurs et des péniches existaient et les bateaux déchargeaient leurs cargaisons près de cette gare. C'est au cours de ces va et vient que vont avoir lieu des évènements tragiques.

La barge numéro 752 dans la nuit du 16 septembre 1941 au 17 septembre 1941

Ce texte est essentiellement composé à partir des renseignements fournis par les sites [2],[3],[4]

La barge n°752, dont on peut voir une photographie de la maquette [5] débarquait puis embarquait comme les autres « péniches », personnes et marchandises sur le cap Ossinovets dominé par le Phare Ossinovetski, qui n'avait pas été détruit par la Luftwaffe car il lui servait de point de repère. Elle servait au transport du bétail et n'était pas destinée à recevoir des personnes donc sous le pont supérieur, il n'y avait pas de cloisons ni d'éclairage. Ce bateau en bois d'un déplacement de 750 tonnes n'avait pas de canots de sauvetage ni de gilets donc tout ce monde voyageait comme dans une gigantesque caisse qui avait gardé l'odeur des animaux qui y avaient été transportés.

Sur le Lac Ladoga, barges en remorque transportant des vivres pour Léningrad assiégée

La barge les emmenait à Novaïa Ladoga à 160 kilomètres environ (67,8 km à vol d'oiseau) où après avoir doublé le cap Païgatch et passé au large du banc Severnaïa Golovechka et de l'île Ptinov (ru), elle arrivait au port où l'on débarquait passagers et fret. Ensuite elle ramenait des troupes destinées à la défense de Léningrad et des vivres nécessaires à la survie des habitants de la ville assiégée après avoir navigué pendant une quinzaine d'heures environ. Un schéma du trajet figure sur le site [6]

Ce jour-là on avait décidé d'évacuer des élèves-officiers et des officiers de l'École supérieure d'ingénierie navale F.E. Dzerjinski (ru), des élèves-officiers, des officiers et des employés des institutions navales de Leningrad avec lesquels Kliment Vorochilov voulait former un nouveau bataillon de cadets, ainsi que des médecins militaires de l'état-major et des diplômés de l'Académie de médecine navale (ru), des élèves officiers et des officiers de l'École supérieure de commandos interarmes d'Ordzhonikidze (ru), des élèves-officiers et des officiers de l'École d'ingénierie militaire de Léningrad (ru) évacués vers Kostroma pour fabriquer, perfectionner, inventer de l'armement, des officiers et des employés du Service hydrographique de Russie (ru) appelé en 1939 «Direction hydrographique de la marine des ouvriers et des paysans» et de son département cartographique, des officiers de la direction de l'artillerie, des élèves de deux écoles professionnelles. Certains étaient venus avec leur famille donc femmes, enfants et personnes âgées étaient aussi dans les trains dont les passagers, en arrivant, se répandirent dans une forêt de pins, près du lieu d'embarquement. Là, ils pouvaient se cacher sous le couvert pour ne pas être vus par les avions ennemis. Le premier train arriva vers 13 h et les premiers arrivés purent assister au déchargement de la barge qui transportait une unité d'infanterie, des canons antichars et des chevaux dont ils allaient prendre la place. Ce n'est que vers 17 heures que l'on embarqua les cadets mais il fallait courir par petits groupes et s'engouffrer par les écoutilles dans le ventre du bateau car des messerschmitts pouvaient survoler la zone et, en effet, ils vinrent à trois reprises. La barge était déjà pleine au tiers: des personnes avaient pu y entrer sans se faire enregistrer de sorte qu'on ne pourra jamais savoir avec certitude s'il y avait 1200 ou 1500 personnes à bord. Dèjà surchargée la barge transportait quatre voitures, des tourets de câbles, des caisses de documents classifiés.

Il y avait une certaine confusion et des altercations. Remplaçant un autre remorqueur qui avait entrepris des manoeuvres d'éloignement de la péniche du rivage, sans doute parce que le fond n'était pas assez profond (La navigation sur le lac Ladoga, chapitre 6 [7]), les aménagements portuaires n'étant pas terminés, le remorqueur qui tirait la barge 752, reçut l'ordre de confier la barge à un remorqueur plus puissant, le «Boïevoï». Celui-ci ne venant pas, le contre-amiral Alekseï Zaostrovtsev (ru) fut contacté et ce dernier arrivé sur la barge 752 réussit à obtenir le remorqueur «Oriol» (fr=aigle) sur lequel il prit place. Le capitaine de ce navire, photo dans le site [8], refusait de remorquer le bateau surchargé : «Je considère qu'il est impossible de remorquer une barge avec autant de personnes à bord lorsque on est menacé par une tempête» mais le capitaine Nikolaï Avraamov qui souhaitait que les cadets embarquent sur la barge suivante, apparemment sous la pression de sa hiérarchie, donna l'ordre de départ; on avait déjà perdu quatre heures. Il était aussi prévu que la péniche devait être escortée par la canonnière Cheksna (photos 20 et 21 du site canonnières) mais celle-ci surchargée d'évacués, transportant des personnages importants appareilla le première. C'est finalement vers 23 heures que le contre-amiral Alekseï Zaostrovtsev, à bord de l'Oriol, prit la décision de se mettre en route pour rejoindre Novaïa Ladoga. Le convoi naviguait sans feux de navigation et sans escorte dans le calme qui précède la tempête et sur ce lac elles sont redoutables car il est immense, environ trois fois l'étendue d'un département français de taille moyenne, 393 fois le Lac du Bourget et ses vagues peuvent atteindre cinq à six mètres de hauteur. Elle est arrivée vers minuit et des personnes dans la cale ont été prises de nausées. Vers trois heures du matin, la coque n'a pas résisté aux contraintes; elle s'est fissurée et l'eau a commencé à pénétrer dans la cale et des passagers ont tenté de colmater ces brèches avec des effets personnels mais ils n'ont pas réussi car ils n'avaient rien pour les fixer solidement. Le vent redoubla, les vagues devinrent plus fortes, les fissures s'élargirent et l'eau finit par s'engouffrer violemment dans la cale. Les valises et autres objets se mirent à flotter à la surface et la panique gagna la foule qui occupait la cale.

Terrifiés, trempés par une eau très froide, dix à douze degrés, les passagers voulurent monter sur le pont. Une échelle qui menait de la cale au pont supérieur céda sous le poids. Il y avait plusieurs écoutilles: celle au centre était cadenassée et certains ayant trouvé une hache voulaient la forcer. Le lieutenant S. brandissant son révolver la surveillait et criait: «Tout le monde en bas, personne ne monte» car la consigne voulait que le pont soit interdit pour des raisons de camouflage. Il fallait bien sortir donc on se précipita vers l'écoutille arrière qui se trouvait sur le trajet de l'énorme et lourde barre du gouvernail. Chacun voulait sortir le plus rapidement possible et comme personne n'avait été prévenu de son passage, plusieurs furent étendus sur le pont, ou envoyés par dessus bord ou eurent la crâne fracassé. Un des auteurs, Samouil Veniaminovitch Dvorkine cite, le cas de N. T. champion de lutte de son école qui allongé sur le dos utilisa ses pieds pour briser des planches du pont afin que lui et ses «compagnons» de voyage ne périssent pas asphyxiés ou noyés. Enfin, l'écoutille centale fut ouverte et l'évacuation de la cale se déroula plus rapidement et plus efficacement en donnant la priorité aux femmes et aux enfants.

Sur le pont, les pompes à vent et les pompes manuelles furent remises en état de fonctionner et grâce aux initiatives du lieutenant-capitaine B., du commissaire régimentaire M. et du docteur R. les cadets furent organisés pour assurer le pompage mais au bout d'une demi-heure, les appareils, en raison de leur vétusté, tombèrent en panne. Il restait quatre seaux mais à quoi bon: il rentrait plus d'eau qu'on pouvait en sortir! On arrêta.

La tempête atteignit force neuf. Pour alléger la barge on précipita à l'eau tout ce que l'on transportait et qui était lourd: les voitures, les bobines et leurs câbles et on transféra dans la cabine du capitaine enfants, femmes et personnes âgées. Le bateau remonta légèrement.

Autres catastrophes dans la nuit du 16 septembre 1941 au 17 septembre 1941

Presque en même temps, dans les conditions météorologiques décrites pour la barge 752, les câbles de remorquage d'une "péniche" partie de Novaïa Ladoga à 22 h pour Ossinovets, qui transportait 400 tonnes de farine et 460 personnes destinées à la défense de Léningrad, avaient cédés et le bateau avait dérivé jusqu'au banc Severnaïa Golovechka. La canonnière Selemdja, 19e photo du site canonnières URSS [9], qui la remorquait revint sur les lieux et constata qu'il n'y avait aucun survivant.

De même, la canonnière Boureïa, 24e photo du site canonnières URSS, quittait Novaïa Ladoga tirant une barge qui transportait 800 soldats de l'Armée rouge. Dans la tempête, le câble de remorquage rompit et la péniche fut emportée vers le rivage. La canonnière se porta à son secours mais ne put s'approcher car il n'y avait pas assez de fond et jeta l'ancre près du banc Severnaïa Golovechka. Les sources n'indiquent pas s'il y a eu des victimes.

Bilan humain

En bref

Au cinéma

Notes et références

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