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Naza (film)

film documentaire de Rachel Szor et Yuval Abraham From Wikipedia, the free encyclopedia

Naza, parfois stylisé NAZA (hébreu : נז"א), est un film documentaire britannique sorti en 2026 et réalisé par les journalistes et cinéastes israéliens Yuval Abraham et Rachel Szor, déjà auteurs du film No Other Land en 2024. L'œuvre reconstitue les systèmes de planification des frappes aériennes israéliennes sur la bande de Gaza à partir du 7 octobre 2023, en s'appuyant sur des enquêtes journalistiques publiées entre 2023 et 2025 par les journaux The Guardian, +972 Magazine et Local Call[1],[2].

Titre original נז"א
Scénario Yuval Abraham
Rachel Szor
Acteurs principaux Yuval Abraham
Faits en bref Titre original, Réalisation ...
Naza
Description de cette image, également commentée ci-après
Les réalisateurs Rachel Szor et Yuval Abraham à la Mostra de Venise 2026.
Titre original נז"א
Réalisation Yuval Abraham
Rachel Szor
Scénario Yuval Abraham
Rachel Szor
Acteurs principaux Yuval Abraham
Sociétés de production JW Films
Pays de production Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre film documentaire sur le génocide à Gaza
Durée 80 minutes
Sortie 2026

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

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Le titre Naza renvoie à un acronyme militaire utilisé par les services de renseignement israéliens, issu des termes « nezek agavi » (hébreu : נזק אגבי) — traduits par « dommage collatéral » —, qui désigne la marge de victimes civiles jugée tolérable lors d'une attaque donnée[2],[3],[4].

Présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise 2026 — seul documentaire en lice et lauréat du Prix spécial du jury —[5], le film est par la suite sélectionné pour le Festival de Saint-Sébastien ainsi que pour la section principale de la 64e édition du Festival du film de New York[6].

Synopsis

À travers des témoignages rendus anonymes par la modification des visages et des voix, le film recueille les déclarations de vingt-quatre officiers du renseignement militaire et soldats israéliens ayant participé aux opérations à Gaza[7],[8]. Les entretiens, qui se déroulent de nuit sur les toits de Tel-Aviv, alternent avec des images de la vie quotidienne en ville, créant un contraste entre le quotidien en Israël et les conséquences des bombardements[9].

Les personnes interrogées décrivent les procédures opérationnelles ainsi que l'utilisation de technologies de surveillance et d'analyse automatisée des données. Elles témoignent notamment de l'emploi du système d'intelligence artificielle Lavender pour l'établissement automatique de listes de cibles, du programme Homeland pour les interceptions téléphoniques et de la procédure Where's Daddy, conçue pour localiser des suspects via les communications de leurs proches ; elles rapportent également que le nombre de victimes civiles attendues est communiqué dans le cadre habituel des procédures opérationnelles[10],[11]. Selon ces témoignages, les bombardements sont privilégiés la nuit sur des domiciles privés, avec l'acceptation préalable de quotas précis de pertes civiles : environ vingt pour des cibles de rang inférieur et jusqu'à dix fois plus pour des figures de premier plan, tandis que le système Lavender lui-même est décrit comme présentant une marge d'erreur supérieure à 15 %, entraînant dans certains cas la mort de civils sans que la cible militaire ne soit effectivement atteinte[11].

Plusieurs témoins soulignent que la priorité du système est le volume de cibles atteintes plutôt que la précision, évoquant notamment la définition de « zones d'anéantissement » où toute présence — y compris, dans un cas, celle d'un adolescent qui s'y était aventuré — est considérée comme une cible légitime. Parmi les témoignages figure celui concernant le recours à des tireurs d'élite contre des civils tentant de se procurer de la nourriture ; certains racontent avoir parfois vécu cette expérience comme un jeu vidéo[12].

Dans le film, à la question de savoir si de telles pratiques constituent un génocide, deux témoins utilisent explicitement ce terme. Le récit alterne entre les entretiens et des extraits de discours de Benyamin Netanyahou fondés sur une rhétorique religieuse du bien et du mal, un extrait du film Shoah (1985) de Claude Lanzmann projeté à Tel-Aviv, ainsi que des vidéos filmées par des citoyens palestiniens avec leur téléphone portable au lendemain des bombardements, témoignant des conséquences sur le terrain[12],[13].

Fiche technique

Distribution

Contexte

Ces témoignages s'appuient sur les enquêtes menées par le journaliste et cinéaste israélien Yuval Abraham concernant les programmes de surveillance de masse et d'intelligence artificielle intégrés aux opérations militaires[14]. Selon les déclarations d'un ingénieur impliqué, le réseau d'interception remonterait à la période suivant 1967 et aurait été progressivement affiné grâce à des algorithmes prédictifs[15]. D'après ces enquêtes, le système aurait été autorisé pour un usage à grande échelle environ deux semaines après l'attaque du 7 octobre, avec un taux de précision de 90 % revendiqué par ses concepteurs[15].

Dans le film, Abraham qualifie le nombre élevé de victimes civiles de caractéristique systémique des opérations et cite les données du ministère de la Santé de Gaza ; celui-ci estime à plus de 73 000 le nombre total de morts au sein de la population palestinienne depuis le début des hostilités — sans distinction entre civils et combattants — les femmes et les mineurs représentant, selon ce même ministère, environ la moitié du total des victimes.

Les autorités israéliennes tiennent un discours opposé, rapporté par The Jerusalem Post, en affirmant avoir pris des mesures pour limiter les pertes civiles[16].

Production

Réalisé dans le secret sur une période de trois ans, le film est né de l'initiative de Yuval Abraham et Rachel Szor ; ces derniers ont mené les entretiens de nuit sur les toits de Tel-Aviv afin de protéger les témoins, dont ils ont ensuite dissimulé les visages et les voix grâce à des altérations numériques[1],[2]. Le début du projet a coïncidé avec les représailles subies en Cisjordanie par le coréalisateur palestinien Hamdan Ballal après le succès de No Other Land[6].

Le documentaire est coproduit par le quotidien The Guardian, avec James Wilson (en) et Jonathan Glazer parmi les producteurs délégués, en collaboration avec +972 Magazine et Local Call. Szor assure la direction artistique de la photographie et le montage, tandis que la bande originale est composée par Micachu, autrice de la musique de La Zone d'intérêt (2023)[17].

Lors de la présentation du film à la Mostra de Venise, les auteurs ont justifié leur choix de transformer leurs écrits inquisiteurs en une œuvre visuelle et sonore percutante afin de susciter une prise de conscience internationale et de lutter contre la déshumanisation du conflit[15]. Abraham a déclaré avoir profité de son accès privilégié à la société israélienne pour documenter de l'intérieur la responsabilité des opérations militaires, tandis que le producteur James Wilson a réaffirmé la distinction fondamentale entre l'identité juive et la conduite du gouvernement israélien[18].

Accueil

À l'issue de sa projection à la Mostra de Venise, le film bat le record de durée d'ovation, avec 25 minutes d'applaudissements continus[19].

Les premières critiques font état d'un film qui montre la déshumanisation[20] ainsi que les mécanismes d'anéantissement[21].

Distinctions

Notes et références

Liens externes

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