Nazaria Ignazia March Mesa
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| Nazaria Ignazia March Mesa | |
| Sainte | |
|---|---|
| Date de naissance | , Madrid, Espagne |
| Date de décès | (à 54 ans) |
| Nationalité | Espagnole |
| Vénérée à | Maison mère des Missionnaires croisées à Oruro, Bolivie |
| Béatification | à Rome par le pape Jean-Paul II |
| Canonisation | à Rome par le pape François |
| Vénérée par | l'Église catholique |
| Fête | 6 juillet |
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Nazaria Ignazia March Mesa ( - ) est une religieuse catholique d'origine espagnole, active en Bolivie et fondatrice des sœurs missionnaires croisées de l'Église. Elle est vénérée comme sainte par l'Église catholique.
Nazaria March Mesa, quatrième de dix enfants, est issue d'une famille modeste et nombreuse à Madrid. À neuf ans, lors de sa première communion, elle aurait entendu une voix intérieure qui lui aurait dit : "Suis-moi"[1]. Dès lors, Nazaria pense à la vie religieuse. Elle doit cependant remettre ses projets à plus tard, car la famille est touchée par de graves difficultés financières, qui les pousse à émigrer au Mexique, dans l'espoir de trouver du travail et une vie meilleure[2]. Au long de la traversée, Nazaria fait la connaissance des petites sœurs des personnes âgées abandonnées[1], qui provoquent en elle une grande admiration.
En 1908, la jeune femme repart pour l'Espagne, afin de faire son noviciat chez les petites sœurs des vieillards abandonnés[3]. Moins de quatre ans plus tard, sœur Nazaria est envoyée avec neuf autres compagnes pour la Bolivie, dans le but de fonder une maison à Oruro. Pendant douze ans elle se consacra à la formation des jeunes recrues, aux soins des malades, à l'assistance des mourants et à la quête d'argent, par des dizaines de courses qu'elle fit à travers de nombreuses villes, pour mener à bien les œuvres des religieuses pour les plus nécessiteux[2].
En 1920, lors d'une retraite sur les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola, sœur Nazaria ressent le besoin urgent de participer à "l'extension du Règne du Christ"[2], en fondant une nouvelle congrégation religieuse qui serait destinée à être comme "une croisade d'amour pour l’Église"[2]. Après de nombreuses années de doutes et de découragement face à la situation misérable dans laquelle se trouvait une bonne partie de la population bolivienne, et notamment l'état du clergé local, c'est avec l'encouragement de l'évêque d'Oruro dans son projet que sœur Nazaria se décida à quitter sa congrégation en 1925, et à se lancer dans l'inconnu. Avec dix jeunes Boliviennes et sans le moindre argent, sœur Nazaria débuta son ministère missionnaire auprès des ouvriers et des miniers[2]. Moins de deux ans plus tard, la congrégation des Missionnaires croisées de l’Église fut reconnue. Elle sera approuvée définitivement par le pape Pie XII dans un décret en date du [1].
Sœur Nazaria, qui est devenue la supérieure de ses religieuses, les oriente vers la réalisation d'action sociale pour soulager de la misère la population, mais aussi dans la diffusion du catéchisme auprès des enfants et des adultes pour leur faire connaître et aimer le Christ[2], et les former dans un amour pour le pape, afin que les fidèles ne soient pas attirés par des sectes laïques qui fleurissaient alors en Bolivie[1]. Les vocations affluent, et malgré le manque de moyens, elles arrivent petit à petit à construire des maisons et des centres. Elles se dévouèrent aux jeunes filles pauvres, aux prisonniers, aux ouvriers et préparèrent les missions pastorales menées par les prêtres. Sous l'inspiration de sœur Nazaria fut créé le premier syndicat d'ouvrières d'Amérique latine. La fondatrice enseignait à ses religieuses à promouvoir le respect de la femme dans la société[2].
De multiples œuvres, sociales, militantes et religieuses furent mises en place, à travers toute la Bolivie puis en Argentine, au Paraguay, en Uruguay et en Espagne[2]. Sœur Nazaria mourut le à Buenos Aires.