Neuromythe

Idée reçu sur le fonctionnement neurologique humain From Wikipedia, the free encyclopedia

Un neuromythe est une croyance ou conception erronée au sujet du cerveau[1], et particulièrement à propos du cerveau humain[2] ou d'espèces animales réputées intelligentes. L'existence des neuromythes découle de l'intérêt populaire important pour le cerveau[1],[3].

Création et diffusion

Les neuromythes s'appuient presque toujours sur des résultats scientifiques avérés, mais mal compris, exagérés et/ou extrapolés[1]. Parfois, ils s'appuient sur une connaissance scientifique ancienne, qui a été depuis réfutée[2]. Ils sont principalement répandus dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie, où leur diffusion est facilitée par les avantages commerciaux qu'ils procurent, ciblant les parents et les enseignants[4],[2]. Ils sont souvent amplifiés par les médias[1]. Les incertitudes propres au domaine de l'éducation favorisent cette diffusion[4]. Paradoxalement, les enseignants qui souhaitent le plus intégrer les neurosciences à leur discipline sont aussi parmi les plus vulnérables aux neuromythes[5]. La communauté scientifique peut avoir une part de responsabilité, à travers la diffusion médiatique de résultats trop préliminaires[2].

La lutte contre les neuromythes est complexifiée du fait que reconnaître leur existence peut devenir un prétexte pour s'en prendre à la discipline scientifique des neurosciences dans son ensemble[4].

Liste de neuromythes répandus

Mythe de l'utilisation incomplète du cerveau

Illustration du mythe des « 10 % ».

L'un des neuromythes les plus répandus est celui qui voudrait que l'humain n'utilise qu'une partie de son cerveau (en général, 10 %)[3],[5]. Il trouve son origine dans les premières recherches en neurologie menées dans les années 1930[5].

Mythe selon lequel tout se jouerait avant 3 ans

La croyance selon laquelle tout se joue avant 3 ans en matière de pédagogie est fausse[6]. En effet, si la plasticité neuronale est plus importante chez les jeunes enfants, l'apprentissage reste possible à tous les âges de la vie, il sera simplement plus long et plus difficile[7].

Mythe de l'orientation cerveau droit ou cerveau gauche

La catégorisation des êtres humains selon qu'ils seraient orientés « cerveau droit » (créatifs) ou « cerveau gauche » (rationnels) ne repose sur rien[8]. Ce neuromythe découle de l'existence réelle d'une spécialisation des hémisphères cérébraux, mais cette spécialisation n'a aucun rapport avec la personnalité[8], ni avec une dominance d'un hémisphère cérébral sur l'autre[9].

Mythe des styles d'apprentissage

L'existence de trois « styles d'apprentissage » divisant les personnes entre visuels, auditifs et kinétiques est aussi un neuromythe[7]. Il s'agit plutôt d'habitudes de travail, la majorité des êtres humains étant portés sur le visuel, avec une capacité d'apprentissage facilitée par la stimulation de plusieurs sens[7]. Aucune expérience d'adaptation de la pédagogie à des profils d'élèves décrits comme visuels, auditifs ou kinétiques n'a donné de résultats[10].

Une distinction erronée entre élèves visuels et élèves auditifs a souvent été faite parmi les enseignants du secondaire[11]. D'après une analyse de Luc Rousseau et Jeanne Brabant-Beaulieu, environ 90 % des enseignants franco-ontariens croient en ce neuromythe[10],[12].

Mythes relatifs à la « gym du cerveau »

Les pratiques dites de « gym du cerveau » sont extrêmement populaires, suscitant des milliers de suivis et de téléchargements de ce type de programmes présentés comme de l'entraînement cérébral comparable à un entraînement physique[13]. Cependant, la plupart de leurs allégations ne sont pas soutenues par des preuves scientifiques, rien n'ayant démontré que l'entraînement dans ces jeux donnerait des compétences transférables à d'autres domaines[14].

Le programme « Brain Gym » prétend faciliter le transfert d'informations entre les deux hémisphères du cerveau, une allégation absolument non-prouvée[15]. Ce programme a été condamné par de nombreux neuroscientifiques à travers le monde, mais continue d'être diffusé en prétendant relever à tort des neurosciences[15].

Il en est de même pour les jeux vidéos dits de brain training, dont l'efficacité n'est pas démontrée[16].

Mythe de l'apprentissage en dormant

Ce neuromythe est ancien, puisqu'on en retrouve trace à travers des expériences menées en Union soviétique[17]. Rien n'a démontré qu'il soit possible d'apprendre en dormant, les seules preuves d'informations retenues pendant le sommeil étant des sons simples ou des associations sémantiques[18].

Notes et références

Annexes

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