Nez de Cléopâtre
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Le nez de Cléopâtre est une expression utilisée pour faire référence à une célèbre formule inventée par Blaise Pascal dans son ouvrage Pensées dans un contexte de démonstration mathématique. Il y soutient que de bien petits effets peuvent avoir de grandes conséquences, et faisant référence aux amours de la reine Cléopâtre VII, imagine qu'avec un physique différent, un nez plus court, elle n'aurait pas séduit Jules César et Marc Antoine[1] :
« Qui voudra connoître à plein la vanité de l’homme n’a qu’à considérer les causes et les effets de l’amour. La cause en est un je sais quoi (Corneille) ; et les effets en sont effroyables. Ce je ne sais quoi, si peu de chose qu’on ne peut le reconnoître, remue toute la terre, les princes, les armées, le monde entier. Le nez de Cléopatre, s’il eût été plus court, toute la face de la terre auroit changé »[2],[3]
— Blaise Pascal
Pascal a peut-être été inspiré par la tragédie de Shakespeare Antoine et Cléopâtre qui contribue au mythe de la femme fatale qui se voit impliquée dans des relations passionnées vouées à la tragédie[4].
Outre l'opposition face (visage) de Cléopâtre / face de la terre, la citation utilise une anacoluthe. L'antéposition (ou prolepse) apporte une suspension qui retient l'attention et met l'esprit en attente.
L'exemple a été présenté comme une phrase complète. Pascal a multiplié des notes éparses, non destinées à être publiées en l'état. Les éditeurs ont donc chacun livré les Pensées avec la ponctuation qu'ils jugeaient la plus adaptée. Ainsi, l'édition de la Pléiade (1976) présente le segment initial de la phrase comme un intitulé : « Le nez de Cléopâtre : » Reprendre cette ponctuation (probablement arbitraire) aurait ici écarté toute discussion.
