Nicolas Charles Tronchon
From Wikipedia, the free encyclopedia
Cet article est une ébauche concernant un homme politique français.
| Député français | |
|---|---|
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Enfant |
| Distinction |
|---|

Nicolas Tronchon est un homme politique français né le à Marcilly (Seine-et-Marne) et décédé le à Saint-Soupplets (Seine-et-Marne).
Nicolas Tronchon est né le 15 juin 1759 à Marcilly. Il est le fils de Nicolas Tronchon, laboureur, et de Nicole Marest. Baptisé le jour même de sa naissance, il eut pour parrain Louis Dupré, secrétaire du roi résidant dans la paroisse de Saint-Soupplets, et pour marraine son aïeule maternelle, veuve de Jean Marest[1].
Nicolas Tronchon fut placé au Séminaire-Collège de Meaux, où son père souhaitait qu’il reçût une instruction solide. À l’issue de ses humanités, il fut envoyé à Paris pour y poursuivre des études de droit et revint avocat au parlement.
Bien qu’ayant embrassé la carrière juridique, il demeura fortement attaché à l’agriculture et se sentit durablement attiré par la profession de son père, laboureur. Il mena ainsi de front l’exercice du droit et l’exploitation de la ferme de Fosse-Martin
À la suite de la mauvaise récolte de 1788, la disette des grains sévit cruellement l'année suivante et la ville est menacée de famine. Tronchon voyant de près et chaque jour la misère de ses concitoyens, songea d'abord à parer la calamité du moment. Il ouvrit ses greniers, procura aux habitants de Meaux le blé qui leur manque et approvisionne les marchés à des prix très modiques.
Après le retour au calme, les habitants de Meaux témoignèrent leur reconnaissance à Nicolas Tronchon en faisant frapper en son honneur une médaille d’or, qui lui fut solennellement remise le 6 novembre 1789. L’avers portait les armes de la ville de Meaux, tandis que le revers présentait, au-dessus de trois gerbes croisées, la devise latine : Pro annona largiter effusa in tempore duro.
Cet acte de générosité, jugé exemplaire, connut un retentissement notable à l’échelle nationale. Afin d’en conserver le souvenir, deux artistes furent chargés de graver la scène représentant la municipalité meldoise remettant la médaille à Nicolas Tronchon.
Le 29 décembre 1790, la Société royale d’agriculture lui décerna à son tour, en séance publique, une médaille d’or. Cette distinction contribua à accroître sa notoriété et à confirmer l’estime dont il jouissait auprès de ses contemporains.
Dévoué au bien public et soutenu par son épouse, Nicolas Tronchon poursuivit ses actions en faveur de ses concitoyens et fut amené à défendre leurs intérêts sur le terrain politique.
En 1790, lors de la réorganisation administrative consécutive à la Révolution française, Dammartin fut rattachée au département de l’Oise. Nicolas Tronchon fut alors nommé administrateur de ce département.
Élu l’année suivante à l’Assemblée législative, il siégea parmi les constitutionnels. Il intervint à la tribune principalement sur des questions agricoles et financières, domaines dans lesquels il mit à profit son expérience et ses compétences.
Lors de la journée du 10 août 1792, au cours de la séance tumultueuse durant laquelle Louis XVI et sa famille vinrent chercher refuge auprès de l’Assemblée, un grenadier remit le dauphin entre les bras de Nicolas Tronchon, en déclarant : « C’est un dépôt sacré, mais je sais à qui je le confie. » À cette date, Tronchon exerçait les fonctions de secrétaire de l’Assemblée.
Après ces événements, il se retira de la vie politique et ne sollicita pas de mandat à la Convention nationale. Il ne reparut à la Chambre que durant la période des Cent-Jours, où il siégea parmi les partisans de l’indépendance nationale.
Nicolas Tronchon reçut de Napoléon Ier la croix de la Légion d’honneur le 5 novembre 1804[2].
Député du département de l’Oise de 1817 à 1822, Nicolas Tronchon se distingua par la modération de ses positions et par des opinions libérales qui lui valurent l’amitié de Girardin d’Ermenonville. Il se prononça notamment contre les lois d’exemption et contre la loi électorale de 1820, dont il dénonça les effets dans une brochure qui attira l’attention.
Il ne fut toutefois pas réélu à la Chambre dite « septennale ». Candidat par la suite à Meaux, il échoua face au général Lafayette. Le département de l’Oise lui renouvela néanmoins sa confiance en 1827, lorsqu’il fut élu député par l’arrondissement de Compiègne, en reconnaissance de ses services et de son indépendance à l’égard d’un ministère qu’il estimait contraire aux intérêts nationaux.
Parallèlement à son activité parlementaire, Nicolas Tronchon exerça des fonctions locales importantes : membre du Conseil général pendant plus de trente ans, maire de Réez-Fosse-Martin et membre de la Société d’agriculture de Meaux, il orienta son action vers l’amélioration des conditions de vie des populations rurales, la diffusion de l’instruction et le perfectionnement des pratiques agricoles. Il fonda notamment plusieurs écoles d’enseignement mutuel, à Puisieux et à Saint-Soupplets. Agriculteur, il contribua également à la diffusion de l’élevage du mouton mérinos.
Nicolas Tronchon s’éteignit à Saint-Soupplets le 7 novembre 1828. La presse rendit alors un hommage unanime à celui qui était présenté comme un citoyen vertueux et dévoué. Il fut remplacé à la Chambre des députés par l’un de ses fils, André Tronchon[3].
Une école ainsi qu'une rue rue portent son nom à Meaux, ainsi qu'un collège à Saint-Soupplets.
Bibliographie
- Considérations sur les élections, 1817.
- Considérations sur le gouvernement représentatif et sur les élections, 1822.
Sources
- ↑ « Document 5MI3260 Baptêmes, mariages, sépultures. ( 1753-1762 ) », sur Archives de Seine et Marne : Naissances de Marcilly (1753-1762) P52/73
- ↑ « Archives Nationales : Tronchon Nicolas »
- ↑ A. Le Blondel, Nicolas Tronchon, cultivateur, né à Marcilly (Seine-et-Marne), le 15 juin 1759, bienfaiteur de la ville de Meaux, Meaux, 25 p. (lire en ligne)
- « Nicolas Charles Tronchon », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]