Fils de Raif et Macide Erim, Nihat Erim est né le à Kandıra. Après avoir été diplômé de droit à l'université d’Istanbul en 1936, il obtient son doctorat à Paris en 1939. Il revient ensuite en Turquie pour être professeur assistant puis, à partir de 1942, professeur de droit à l'université d'Ankara[1].
En 1950, quand le CHP perd sa majorité au sein du Parlement, Nihat Erim perd son siège et devient le rédacteur en chef du journal Ulus(en). Quand ce journal est interdit par le Gouvernement, en 1953, il crée son propre journal nommé Yeni Ulus–Halkçı[1]. En 1956, il participe aux négociations concernant Chypre à Londres. La même année, il est choisi pour représenter la Turquie au sein de la Commission européenne des droits de l'homme, jusqu'en 1962.
Après le coup d'État de 1960, il est à nouveau élu représentant de la province de Kocaeli au sein de la Grande Assemblée nationale. Il dirige alors la délégation parlementaire du CHP. En conflit avec un autre dirigeant du CHP, İsmet İnönü, il est évincé du parti en 1962 avant de le réintégrer en étant réélu au sein du comité dirigeant. De 1961 à 1970, Nihat Erim représente la Turquie au sein du Conseil de l'Europe. En 1969, il intègre la Commission du droit international, organe des Nations unies.
En 1971, à la suite du coup d'État, il est chargé de diriger un gouvernement d'unité nationale à la condition qu'il quitte le CHP[1]. Il s'agit du premier gouvernement de l'histoire du pays comprenant une femme, Türkân Akyol. Il est contraint de démissionner en décembre de la même année lorsque onze de ses ministres démissionnent. Toutefois, le président Cevdet Sunay le charge de constituer un nouveau gouvernement. Il démissionne le pour des raisons de santé.
Nihat Erim est abattu par deux hommes près de chez lui à Kartal (Istanbul), le [1]. Son garde du corps, Ali Kartal, est également tué dans l'attaque. Le groupe de militants turcs de gauche Dev Sol (Gauche Révolutionnaire) a revendiqué la responsabilité de l'assassinat.