Il étudie l'économie à Ohrid et travaille ensuite comme trader dans une banque de Skopje, à partir de 1994. En 1998, il est nommé à 28 ans ministre macédonien du Commerce, puis est promu l'année d'après ministre des Finances.
Après que la VMRO-DPMNE est retournée dans l'opposition en 2002, il en est élu président en 2003, à l'âge de 32 ans. Parallèlement, il devient conseiller au ministère serbe des Finances.
À la suite de sa nette victoire sur les sociaux-démocrates aux élections de 2006, il est désigné président du gouvernement de Macédoine à 35 ans. Il est contraint de convoquer des élections anticipées en 2008, 2011 et 2014, assurant systématiquement sa reconduction. Il forme un total de quatre gouvernements, un record depuis l'indépendance de 1991, et établit le record de longévité à la direction de l'exécutif.
Après des révélations sur les pressions exercées sur le système judiciaire, le truquage des élections et la corruption, il démissionne en 2016, au profit du numéro deux de son parti Emil Dimitriev, en attendant la tenue de nouvelles élections anticipées, conformément à un accord passé en avec les sociaux-démocrates.
Outre les formations qu'il a suivies au Royaume-Uni, en Allemagne et au Japon entre 1994 et 1998, il a reçu une qualification pour le marché international de capitaux à l'institut des sûretés de Londres, en 1996. Il est nommé directeur du département des liquidités en 1998. La même année, il fonde et prend la présidence de l'association des traders de Macédoine, puis suspend sa carrière professionnelle pour entrer en politique. Il est par ailleurs le premier à réaliser une opération sur les marchés financiers macédoniens.
Les débuts au gouvernement
Il entre au gouvernement du conservateur Ljubčo Georgievski en 1998, au poste de ministre sans portefeuille, chargé du Commerce. L'année suivante, le , il est promu ministre des Finances, et devient à ce titre gouverneur à la Banque mondiale et à la BERD. Il a également présidé la commission de contrôle des opérations de bourse entre 2000 et 2002.
Il a notamment assuré l'instauration de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), libéralisé les marchés financiers, privatisé ou dégelé les avoirs en devises étrangères, relancé les négociations d'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et conclu plus de trente accords de libre-échange. Il a en outre lancé des campagnes incitant à consommer des produits locaux et pour plus de transparence concernant le budget de l'État.
Porté à la présidence de la commission parlementaire des Finances, il devient le président du parti en remplacement de Ljubčo Georgievski. Il assure alors le rôle de chef de l'opposition à Branko Crvenkovski, puis Hari Kostov, et enfin Vlado Bučkovski.
Menant campagne sur l'amélioration de la qualité de vie et l'inflexibilité concernant le nom du pays, la coalition «Pour une meilleure Macédoine», dominée par les conservateurs, remporte une éclatante victoire avec 48,78% des voix et 63 députés sur 120, tandis que la coalition «Soleil, coalition pour l'Europe», dirigée par la SDSM, n'a recueilli que 23,64% des suffrages et 27 députés. Il est chargé, le de former un nouveau cabinet, et constitue une coalition gouvernementale réunissant en outre la BDI/DUI et le Parti pour l'avenir européen (PEI), forte de 82 parlementaires.
Troisième mandat
Le , pour mettre fin à l'impasse politique en cours depuis quatre mois et causée par le boycott de la SDSM de l'Assemblée à la suite du gel des comptes bancaires de quatre médias lui étant favorables[2], les députés votent une motion de dissolution du Parlement[3]. Des élections anticipées sont de ce fait convoquées le suivant. Il parvient de nouveau en tête du scrutin, avec 39% des voix, soit en net recul, tandis que les sociaux-démocrates recueillent 32,8% des voix. Dans son ensemble, sa coalition gouvernementale conserve cependant la majorité, avec 49,2% des suffrages exprimés, contre 38,6% à l'opposition.
Le , il forme un troisième gouvernement, reconduisant sa coalition avec le principal parti de la minorité albanaise.
Quatrième mandat
Lors d'un congrès extraordinaire le , la VMRO-DPMNE investit le président de la RépubliqueGjorge Ivanov comme candidat à l'élection présidentielle des 13 et 27 avril suivants. L'Union démocratique pour l'intégration demande alors au président du gouvernement de changer de candidat et d'en trouver un qu'elle pourrait elle aussi soutenir, faute de quoi elle demandera la tenue d'élections législatives anticipées. Déclarant que ce n'est pas à une autre formation de dicter ses choix à son parti, Gruevski soutient la dissolution de l'Assemblée.
Aux élections législatives anticipées du 27 avril 2014, la VMRO-DPMNE remporte 43% des voix et 61 députés sur 123, tandis que la BDI/DUI obtient 13,7% des suffrages et 19 sièges. La coalition au pouvoir sort donc nettement renforcée de ce troisième scrutin anticipé consécutif, alors que le président Ivanov est réélu avec 55,3% des voix.
Controverse
En 2014, des membres des services secrets divulguent des milliers de documents concernant la mise sous écoute milliers de Macédoniens des années durant: opposants politiques, magistrats, journalistes, employés du gouvernement, etc. Ces documents révèlent également l’ampleur de la corruption, l'influence du gouvernement sur les procureurs, les juges et les médias, les extorsions de fonds dans le monde des affaires, les arrestations politiques, le truquage des élections et les tentatives pour dissimuler un meurtre[4].
Nikola Gruevski réagit en accusant des services secrets étrangers de fabriquer ces documents et des manifestations organisées par les opposants ou sympathisants du régime se multiplient. Finalement, des experts mandatés par la Commission européenne concluent que Gruevski avait abusé des services de sécurité pour « contrôler les hauts fonctionnaires de l’administration publique, les procureurs, les juges et les opposants politiques »[4].
Démission
Le , conformément à l'accord conclu en avec les sociaux-démocrates, Nikola Gruevski démissionne de la direction de l'exécutif et la cède au secrétaire général de la VMRO-DPMNE, Emil Dimitriev jusqu'à la tenue d'élections législatives anticipées, reportées d'avril à juin puis à . Il établit alors le record du nombre de gouvernements formés et de durée en tant que président du gouvernement.
Élections de 2016
Pour les élections législatives anticipées du , il mène de nouveau la campagne de la coalition formée autour de la VMRO-DPMNE. Le scrutin offre à son parti sa plus courte victoire depuis avec 51 députés sur 120 contre 49 aux sociaux-démocrates. Le , le président de la République lui donne le mandat de former le nouveau gouvernement. Il dispose donc de 20 jours pour présenter son programme et son équipe à l'Assemblée[5]. Toutefois le , le secrétaire général de l'Assemblée informe le cabinet du président de la République qu'aucun programme de gouvernement n'a été déposé dans le délai imparti[6].
Démêlés judiciaires
Le , la cour d’appel de Skopje confirme sa condamnation à deux ans de prison pour abus de pouvoir. Il était accusé d'avoir bénéficié pour son usage personnel d'une Mercedes S600GW blindée, d'une valeur de 600 000 € payés sur des fonds publics. Un mandat d'arrêt est délivré à son encontre le suivant, car il ne s'est pas présenté au pénitencier Chouto Orizari de Skopje pour y purger sa peine. Le lendemain, il fait savoir via Facebook qu'il s'est réfugié en Hongrie où il a demandé «l'asile politique». Il fait l'objet de poursuites judiciaires dans d'autres affaires, notamment pour fraude électorale et corruption.
Famille et vie privée
Nikola Gruevski est d'origine macédonienne, plus précisément de la Macédoine grecque. Son grand-père, Nicholaos Grouios, d'origine grecque, est mort au cours de la guerre italo-grecque, en 1940, tandis que sa grand-mère, macédonienne, et son père ont émigré pendant la guerre civile grecque en Macédoine yougoslave, où ils ont été naturalisés.
Il est marié avec Borkica Manceva, et père de deux filles, Anastasija et Sofija. Très pieux, il appartient à l'Église orthodoxe macédonienne.