Nina Erauw

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Naissance

Roux-lez-Charleroi
Décès
(à 90 ans)
Nationalité
belge
Activité
Résistante et déportée
Nina Erauw
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Biographie
Naissance

Roux-lez-Charleroi
Décès
(à 90 ans)
Nationalité
belge
Activité
Résistante et déportée
Conjoint
Fernand Erauw
Autres informations
A travaillé pour

Commissariat belge au rapatriement

ASBL Infor Femmes Wavre/Infor Famille Brabant wallon

Nina Erauw, née à Roux-lez-Charleroi le et décédée le [1], est une ingénieure industrielle, résistante et déportée belge[2].

Originaire de la région de Charleroi, où sa famille est installée depuis plusieurs générations, Nina Erauw grandit dans une famille d'industriels. Son grand-père a été directeur général des verreries Les Glaces de Charleroi et son père directeur de la verrerie de L’Étoile et ensuite de Courcelles-Nord[1]. À l'âge de 7 ans, elle déménage avec sa famille vers la France, à Orléans, où son père devient directeur d'une usine de caoutchouc[1].

Elle passe le baccalauréat à 16 ans et souhaite faire des études de médecine mais son père s'y oppose (« Tu n’es qu’une fille et tu dois tirer de toi le maximum »[1]), lui préférant une carrière dans les sciences industrielles. Elle entre alors à la Sorbonne, dans une faculté essentiellement masculine (2 étudiantes pour 80 étudiants)[1],[3]. Elle y passe deux candidatures en un an et obtient une licence en mathématiques à l'âge de 19 ans[1].

De retour en Belgique en 1938, elle travaille avec Joseph Regnier dans une usine de métallurgie à Jette : Les tubes à ailettes[2].

Ses premiers engagements politiques datent sans doute de la période de la Guerre d'Espagne. Une partie de sa famille, espagnole du côté paternel, a été fusillée dans la région de Barcelone par les franquistes. Certains de ses amis proches partent pour combattre en Espagne et Nina Erauw participe à des récoltes pour aider le camp républicain[1].

Entrée dans la résistance

À la fin de l'été 1940, des membres de la résistance contactent Nina Erauw, par l'intermédiaire des Anglais[1]. Son éducation par une mère trilingue (français-néerlandais-anglais)[3] et ses nombreux contacts professionnels avec des industriels de la Ruhr contribuent à son recrutement. On lui confie comme mission première de feindre de participer à l'effort de guerre allemand mais, surtout, de mettre sur pied des actions de sabotage[2].

Elle reçoit ses instructions par l'intermédiaire de Joseph Regnier, son patron, qui est aussi Commandant de réserve du génie, affilié à un groupe Service de Renseignements et d’Action (SRA) et membre de plusieurs réseaux de résistance[1].

Nina Erauw collabore, dans un premier temps, à des émissions radio et permet d'envoyer des messages à Londres. Elle cache aussi, dans sa maison de Jette, des aviateurs anglais, canadiens et américains. Sous le pseudonyme de « Berthe Bernard », elle entre dans des réseaux de résistance tels que Tegal et Benoît 910[3]. Récupération de parachutages d'armes, création d'engins explosifs, Nina Erauw mène plusieurs actions de résistance. Sa première véritable mission consiste à jouer le rôle d'une femme de chambre dans un hôtel d'Anvers pour espionner un officier de la Kriegsmarine. Munie d'un appareil photo, elle capture plusieurs documents confidentiels[1]. Elle apprend à manipuler les armes mais il lui arrive aussi d'opérer des parachutistes blessés[1].

Arrestation

Nina Erauw est arrêtée une première fois en 1942 à Angoulême. On la soupçonne alors de faire du marché noir mais est relâchée après 24h de garde à vue[1].

En 1943, elle et plusieurs officiers de la résistance sont arrêtés à son domicile bruxellois. Libérée après 48h de cachot et plusieurs interrogatoires, elle doit alors se soumettre à des contrôles réguliers de la GFP (Geheime Feldpolizei, police d’occupation visant la Résistance)[1]. Nina Erauw est alors « mise en veilleuse » par son réseau qui la pense « grillée »[1].

Le lundi , elle est arrêtée lors de son contrôle hebdomadaire par la GFP. Dénoncée par un officier belge de son voisinage avec qui elle avait échangé des documents à en-tête de son entreprise, elle est soumise à la torture (coups, brûlures, ongles arrachés, privations de nourriture...)[1]. Son existence est alors faite de séjours à la prison de Saint-Gilles, dans les bureaux de la Gestapo ou dans le cachot de la rue Traversière[2].

Quelques semaines plus tard, elle est jugée par le tribunal de la Luftwaffe dont le siège se trouvait à l'Hôtel Palace place Charles Rogier. Nina Erauw est alors condamnée à mort Nacht und Nebel (NN).

Déportation

Engagements

Références

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