Nogaï

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Nogaï khan (mongol : Ногай хан), ou encore Nokhoi (mongol : ᠨᠣᠬᠠᠢ, VPMC : noqai, cyrillique : нохой, MNS : nokhoi, littéralement : chien), né vers 1232 et mort en 1299, est un prince gengiskhanide issu de la maison de djotchide ainsi qu'un chef militaire mongol du XIIIe siècle. Il exerce une influence majeure dans la Horde d'or durant le dernier quart du siècle.

Naissance
Vers 1232
Décès
Activité
Famille
Faits en bref Khan, Naissance ...
Nogaï
Fonction
Khan
Biographie
Naissance
Vers 1232
Décès
Activité
Famille
Père
Tatar
Conjoint
Euphrosyne Palaiologina (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Autres informations
Grade militaire
Drapeau.
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Bien qu’il ne règne jamais comme khan, il devient un faiseur de rois et contrôle en pratique une large part du pouvoir politique et militaire. Il meurt vaincu par Toqtaï, qui rétablit ensuite pleinement l’autorité du khan sur la Horde d’Or.

Biographie

Origine et ascension

Nogaï est l'arrière-petit-fils de Djötchi et neveu du khan Berke. Il est probablement né d'une concubine, ce qui ne l'exclue pas de toute prétention directe au trône. Il est toutefois écarté de la succession et s'impose comme commandant militaire en participant à la seconde invasion mongole de la Pologne. En 1262, il prend part à la guerre entre Berké et Houlagou Khan en menant l'invasion de l'Ilkhanat de Perse. Il devient progressivement l’un des principaux conseillers de Berké Khan, jusqu'à avoir un statut presque autonome lors du décès de celui-ci en 1265[1].

Nogaï préserve son statut particulier sous le règne de Mengü Temür et intervient ensuite en aide au bulgare Constantin Ier Tikh Asen contre l'Empire Byzantin. En 1271, il lance un raid contre la Bulgarie qui devient vassale de la Horde, mais dont Nogaï doit périodiquement mener des raids pour les maintenir sous influence[1].

Pouvoir dans la Horde d’Or

Sous Tuda-Mengu, Nogaï renforce encore son autonomie[1]. Cette influence lui permet de lancer une seconde invasion en Hongrie[réf. nécessaire].

Nogaï pille avec succès la Transylvanie en 1285: des villes comme Reghin, Brașov et Bistrița sont prises et ravagées. Cependant, Talabuga, qui dirige l’armée principale au nord de la Hongrie, est bloqué par la neige dans les Carpates, puis est vaincu près de Pest par l’armée royale de Ladislas IV[2](bien protégé dans la ville de Buda). Il décide de se replier, mais tombe dans une embuscade tendue par les Sicules sur le chemin du retour[2].

Après ses victoires initiales, Nogai subit de graves pertes après des affrontements avec des troupes locales composées de guerriers Saxons et Valaques. Il décide à son tour de se replier, mais il est harcelé sur tout le trajet du retour par l’armée royale, qui est auréolée de gloire après sa victoire sur Tula Buqa. Il lance alors une invasion en Pologne qui est à nouveau un échec[réf. nécessaire].

À son retour, il fait abdiquer Tuda Mangu, jugé trop faible, et désigne sur le trône Tula Buqa. Dans les faits, Nogaï devient un corégent, tandis que son propre apanage fonctionne de manière indépendante du pouvoir central. Cette situation crée une confusion durable : certains princes russes considèrent même Nogaï comme le véritable maître de la Horde d’Or. Il traite directement avec les cités commerciales génoises de la mer Noire, notamment Kaffa, et entretient aussi des relations avec la Bulgarie et la Serbie, ce qui renforce son image de souverain de fait en Europe orientale[2]. Nogaï se rapproche aussi des Franciscains pour se rapprocher du pape et éviter une coalition avec les Ilkhanides. La principale épouse du khan est ainsi baptisée, tandis qu'il se proclame ami des catholiques[réf. nécessaire].

Conflit avec Toqta

En 1290, Tele Buqa tente de s’opposer à Nogaï, mais celui-ci parvient à le déposer et à mettre sur le trône un nouveau Khan, Toqtaï, fils de Mengu-Temur. Au départ, Toqtaï semble être un khan docile, laissant à Nogaï la maîtrise des affaires politiques et militaires. Avec le temps toutefois, il affirme son indépendance, s’entoure de soutiens et s’oppose à l’autorité de Nogaï. En épousant une princesse byzantine, il force la reconnaissance de son autorité sur le plan extérieur. En 1297, Toqtaï déclenche la guerre contre Nogaï. Pendant deux ans, les deux camps s’affrontent pour le contrôle de l’apanage de Nogaï, autour du Don et du Dniepr. L’issue lui est défavorable : plusieurs de ses partisans désertent, son fils Aqtaji est tué par les Génois, et Toqtaï finit par l’emporter. Nogaï et ses fils sont exécutés, ce qui met fin à son pouvoir[2].

Les soutiens de Nogaï fuient la Horde d'Or, certains s'installant dans les Balkans, dans les territoires byzantins ou en Anatolie. Après la chute de la Horde d'Or, un groupe autonome s'identifie sous le nom de Horde Nogaï, issu de soutiens et descendants. Cet État reste influent jusqu'au XVIIe siècle[2]. Les Nogaïs ou Nogay, essentiellement installé dans la république du Daghestan dans le Caucase, ainsi que la langue de ce peuple, le nogaï ou nogay, portent le nom de cet ancêtre.

Famille

L'une des épouses de Nogai, Yailaq, visitait régulièrement un couvent franciscain à Qirim (Staryy Krym) et était baptisée catholique. Après que Toqta soit monté sur le trône, Nogai a marié sa fille Qiyat à Yailaq (aucun lien avec la femme de Nogai), bouddhiste et fils d'un seigneur des Salji'udai. La fille de Nogai, Qiyat, après son mariage, s'est convertie à l'islam (Nogai ne l'avait évidemment pas élevée comme musulmane)[3].

La première épouse de Nogai s'appelait Chubei et sa seconde s'appelait Yailaq, avec la princesse byzantine Euphrosyne. Chubei a été décrit par Rashid Al-Din comme « intelligent et compétent ». Nogai a eu deux fils de Chubei : Joge (l'aîné) et Tige. Il a eu un fils nommé Torai par Yailaq. Il a également eu une fille nommée Quiyaq. Il avait une autre épouse nommée Alaka avec laquelle il eut un autre fils, Chaka, qui régna comme tsar de Bulgarie de 1299 à 1300. Il était également un ami proche de Mankus, un marchand byzantin de Crimée. Il arrange la cérémonie de mariage de la fille de Mankus, Enphrosyne, à Théodore Svetoslav de Bulgarie à sa cour, et sa femme Euphrosyne devint sa marraine

Son fils Tzaka ou Chaka (bulgare : Чака), issu de son épouse principale Akha Khatun, fut tsar des Bulgares de 1299 à 1300.

Épouses et descendance

On lui connait au moins 5 épouses et 9 enfants :

  • Euphrosyne Paléologue, fille de Michel VIII Paléologue;
    • Djögä, (? - 1300);
    • Tügä;
    • Toraï;
  • Alaka;
  • Chini;
  • Yaylak;
    • Turi;
  • Chubi Khatun;
    • Eke;
  • Chapay Khatun;
    • Kabak Khatun, (v.1260 - ?), épouse de Yaylag, fils de Saldjiday Körägän, prince Qonqirat, et de Kälmish Äkä (fille de Quduqtu);
    • Djuke;
    • Teke, deuxième fils;

Annexes

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