Norma Tessum Onda

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Nom de naissance Joséphine-Marie Ménard
Décès (à 20 ans)
La Rochelle (Charente-Maritime)
Nationalité Française
Norma Tessum Onda
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Norma Tessum Onda, modèle du tableau Jeune fille à la sortie d'une église par Charles-Louis Müller (vers 1870).
Nom de naissance Joséphine-Marie Ménard
Naissance
Saint-Macaire-en-Mauges (Maine-et-Loire)
Décès (à 20 ans)
La Rochelle (Charente-Maritime)
Nationalité Française
Profession
Inconnue
Autres activités

Norma Tessum Onda, pseudonyme de Joséphine-Marie Ménard, née le à Saint-Macaire-en-Mauges (Maine-et-Loire)[1] et morte le à La Rochelle (Charente-Maritime), est une modèle du peintre français Charles Muller.

Une supercherie fait d'elle la fille du poète Alfred de Musset et de la romancière George Sand, son pseudonyme étant indiqué sur la stèle de sa tombe, située dans le petit cimetière Saint-Maurice, une ancienne commune datant de l'année de son décès et rattachée depuis à La Rochelle. « Tessum » est l’anagramme anacyclique de Musset, et « Onda » rappellerait, à une lettre près, le pseudonyme créé par George Sand. Le prénom « Norma » est, quant à lui, l'anagramme du mot « roman ».

Portrait de Norma Tessum Onda, « Jeune Fille en train de lire », par Charles-Louis Müller, 1870.

Joséphine-Marie Ménard est originaire d'un petit village du Maine-et-Loire, fille d'un père tisserand et d'une mère dévideuse. Dès l'âge de huit ans, elle est confiée à Françoise Coras (1798-1881), venue de Nice et alors âgée de 64 ans. Demi-mondaine et affabulatrice, cette personne, que l'on peut qualifier dès lors de tutrice de Joséphine-Marie, aimait se montrer dans le Tout-Paris de la fin du Second Empire, puis durant la période de l'insurrection de la Commune de Paris[2].

Adolescente, la jeune fille qui se présentait sous le nom de Norma Tessum Onda ou d'autres fois sous le pseudonyme de Norma Estève de Visconti[Note 1] était décrite comme remarquablement belle ; Françoise Coras l'introduisit dans les milieux littéraires et la jeune fille devint l'un des modèles de plusieurs peintres dont Charles Muller. Durant cette période, elle fit probablement connaissance de Paul de Musset, frère ainé d'Alfred et écrivain comme lui, mais rien n'indique qu'elle ait également rencontré l'auteur de Lorenzaccio[3].

Joséphine-Marie Ménard est ensuite tombée malade et sa tutrice prit la décision de quitter Paris pour s'installer avec elle dans une petite maison non loin de La Rochelle, où la jeune femme finit par décéder d'une phtisie le . Françoise Coras mourut à l'hospice des Petites Sœurs des pauvres de Tasdon, situé dans cette même ville, en 1881[4].

Portrait

Selon un texte de l'écrivain et auteur Auguste-Jean Boyer d'Agen (1857-1945)[Note 2], publié dans revue mensuelle illustrée Le Monde moderne, sous le titre Les énigmes littéraires, la modèle est présentée ainsi :

« La jeune fille paraît avoir dix-huit ans. Sa jolie figure est peinte de trois quarts. Le front, d'une ligne très pure, est couronné de cheveux d'un blond tirant sur le châtain. Le nez droit, bien fait, avec deux petites narines qui ressemblent à des virgules roses. Les yeux noirs, rêveurs et comme en contemplation devant une énigme, sourcils réguliers d'un arc peu prononcé. Bouche petite. Les lèvres, - un pli de rose rouge. Le menton tout à fait joli, ni rond ni pointu… »

Aurélien Scholl.

Le journaliste Aurélien Scholl qui rendit populaire cette mystification sans la comprendre, la décrit également en ces termes, publiés dans le journal Le Tell[5]:

«  Front très pur. Nez droit, bien fait avec de petites narines ressemblant à des virgules roses. Yeux noirs et rêveurs. Sourcils réguliers, d'un arc peu prononcé. Bouche mignonne, menton charmant, d'une coupe élégante. Cheveux blonds, presque châtains, noués négligemment et retombant sur l'épaule après avoir décrit au-dessus de l'oreille, de délicieux détours… »

Création du mythe

Après l'inhumation de la jeune fille, Françoise Coras, alors âgée de 77 ans et qui survécut six années à sa protégée, commanda une stèle évoquant celle d'Alfred de Musset, située au cimetière du Père-Lachaise à Paris et y fit inscrire le nom de Norma Tessum Onda[Note 3]. L'existence de cette stèle fut révélée au public à la suite d'une enquête menée par le journaliste Aurélien Scholl. Après le décès de l'ancienne tutrice de Joséphine-Marie, de nombreux objets ayant appartenu à la jeune femme dont des livres d'Alfred de Musset dédicacés « À ma fille bien aimée », « À ma chère petite Norma » furent également découverts par ce même journaliste et se révélèrent quelques années plus tard être des faux dont l'auteur[Note 4] reste inconnu[6],[7].

L'affaire de cette stèle mystérieuse est ensuite évoquée dans de nombreux journaux français dont Le Gaulois qui, dans sa une du , présente un article intitulé : « Alfred de Musset a-t-il laissé une fille ? », évoquant ainsi l'article d'Aurélien Scholl qui révéla l'affaire dans L'Écho rochelais, du [8].

La mystification est découverte dès la fin de l'année 1882 par Jean-André Lételié (1825-1891), ancien chef de division de préfecture et membre de plusieurs sociétés savantes, qui mène une enquête méticuleuse sur la vie de cette jeune fille et de sa tutrice[9] qui fit poser cette stèle après la mort de sa protégée[10]. Cette étude est reprise en 1898 par un instituteur nantais et inspecteur de l'Assistance publique dénommé Auguste Mailloux (1870-1937) dont l'analyse du mystère Norma Tessum Onda, conclut à une simple recherche de notoriété[11].

Tombe

Notes et références

Annexes

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