En Allemagne, en août 2016, une campagne de soutien intitulée Song for Nudem est lancée. Elle invite les chanteurs à manifester leur solidarité[5].
Le 25 mars 2019, l'écrivain français Joseph Andras attire l'attention de l'opinion publique francophone sur Nûdem Durak avec un article publié dans le quotidien L'Humanité[6]. Il publiera quelques mois plus tard, dans la revue en ligne Lundi matin, un second article après avoir correspondu avec la prisonnière ainsi que sa famille[7]. Le texte sera traduit en plusieurs langues par le webzine franco-turc Kedistan[8]. De là, la campagne Free Nûdem Durak est lancée début avril 2020. Elle appelle à sa libération ainsi qu'à celle de tous les prisonniers d'opinion. La cinéaste Carmen Castillo, ancienne prisonnière politique et opposante au gouvernement de Pinochet (libérée, en 1974, par une mobilisation française), marraine la campagne. Elle écrit dans le quotidien Le Monde, au mois de mai : « Nûdem Durak n’avait pas d’armes, sinon une guitare. Elle chantait dans sa langue maternelle, longtemps interdite par les gouvernements turcs successifs[9] ».
La campagne Free Nûdem Durak prend rapidement une ampleur internationale. Aux États-Unis, le linguiste Noam Chomsky, l'anthropologue David Graeber, la militante Angela Davis (acquittée, en 1972, grâce à une campagne internationale) et la journaliste Debbie Bookchin appellent à sa libération. En Grande-Bretagne, le cinéaste Ken Loach se joint à la mobilisation, ainsi que le musicien Peter Gabriel, connu pour son engagement contre l'apartheid sud-africain. Au Chili, la chanteuse Ana Tijoux alerte à son tour sur le sort qui lui est fait. En France, de nombreuses figures politiques, intellectuelles et artistiques se joignent à la campagne : l'ancien candidat aux élections présidentielles Olivier Besancenot, l'historienne Françoise Vergès, l'écrivaine Maryam Madjidi, l'écrivain et dramaturge Laurent Gaudé, le cinéaste et romancier Gérard Mordillat, la philosophe Elsa Dorlin ou encore l'élue Danielle Simonnet. Par la voix de plusieurs de ses membres, le Parti communiste français est présent dans la campagne. D'anciens prisonniers politiques témoignent également, de divers endroits du monde, de leur solidarité à l'endroit de la chanteuse kurde : le journaliste marocain Omar Radi, l'écrivaine Pinar Selek, l'ancien opposant au régime de Pinochet Téo Saavedra ou encore les militants algériens Hakim Addad, Messaoud Leftissi et Salim Yezza[10]. La presse indépendante italienne et turque relaie régulièrement les prises de positions successives.
Au mois de juillet 2020, le chef d'orchestre italien Riccardo Muti lui rend hommage lors d'un concert donné à Paestum. Le même mois, à Marseille, Nûdem Durak est peinte sur une façade de plusieurs mètres de haut par l'artiste de rue Mahn Kloix ; en Allemagne, dans un musée de Francfort, l'artiste canadienne Hajra Waheed lui dédie une installation sonore intitulée HUM. Peu après, le chanteur nigérian Keziah Jones appelle, par une chanson interprétée en langue yoruba sur les réseaux sociaux, à la liberté de la chanteuse kurde ainsi que de tous les détenus politiques.
En juin 2020, le magazine Les Inrockuptibles qualifie Nûdem Durak de « symbole de l'oppression du peuple kurde[11] ».
En 2021, elle reçoit un autre soutien de marque, celui de Roger Waters, cofondateur du groupe de rock Pink Floyd[12]. Un an plus tard, en signe de solidarité, il décide de lui envoyer une guitare en prison après avoir entendu que lors d’une inspection dans les cellules de sa prison, les gardiens lui avaient cassé sa guitare[13].
En 2023, Joseph Andras publie Nûdem Durak, Sur la terre du Kurdistan, qui retranscrit une partie de sa correspondance avec l'artiste et ses rencontres avec son entourage au Kurdistan[14].