Organisation de coopération et de développement économiques
organisation internationale d'études économiques
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L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) est une organisation intergouvernementale d'études économiques, dont les pays membres — des pays développés pour la plupart — ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché. Elle joue essentiellement un rôle d'assemblée consultative[1].
- États fondateurs (1961)
- Autres États membres
(en) Better policies for better lives De meilleures politiques pour de meilleures vies |
| Fondation | |
|---|---|
| Prédécesseur |
| Sigles |
(en) OECD, OCDE |
|---|---|
| Type | |
| Forme juridique | |
| Siège |
Paris (2, rue André-Pascal, 75016, Île-de-France, France) |
| Pays | |
| Coordonnées | |
| Langues |
| Membres |
38 pays () |
|---|---|
| Secrétaire général |
Mathias Cormann (depuis ) |
| Organismes affiliés | |
| Site web |
| SIREN | |
|---|---|
| OpenCorporates |
L'OCDE a succédé à l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) issue du plan Marshall et de la Conférence des Seize (Conférence de coopération économique européenne) qui a existé de 1948 à 1961. Son but était l'établissement d'une organisation permanente chargée en premier lieu d'assurer la mise en œuvre du programme de relèvement commun (le plan Marshall), et, en particulier, d'en superviser la répartition[2].
En 2021, l'OCDE compte 38 pays membres et regroupe plusieurs centaines d'experts. Elle publie fréquemment des études économiques et sociales — analyses, prévisions et recommandations de politique économique — et des statistiques, principalement concernant ses pays membres.
Le siège de l'OCDE se situe à Paris (16e), au château de la Muette. L'organisation possède également des bureaux dans plusieurs autres métropoles, notamment à Berlin, Mexico, Tokyo et Washington.
Histoire
Fondée en 1948 pour mettre en place le plan Marshall, l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) voit son rôle économique diminuer lorsque celui-ci arrive à son terme, en 1952. L'OCDE qui lui succède en 1961 se tourne vers les études économiques et s'élargit au-delà de la dimension européenne, en ajoutant aux 18 membres européens, les États-Unis, le Canada, puis le Japon en 1964[3].
En plus de l'approfondissement de sa structure interne, l'OCDE crée progressivement différentes agences rattachées : le Comité d'aide au développement de l'OCDE (CAD, 1961), l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN, 1972), l'Agence internationale de l'énergie (AIE, en 1974, à la suite du premier choc pétrolier), le Groupe d'action financière sur le blanchiment des capitaux (GAFI, 1989). Par ailleurs, le Centre de développement de l'OCDE assure l'interface entre l'OCDE et les pays en développement depuis 1962.
À la suite des révolutions de 1989, l'OCDE commence à aider les pays d'Europe centrale (en particulier le groupe de Visegrád) à préparer des réformes d'économie de marché. En 1990, le Centre pour la coopération avec les économies européennes en transition (auquel succède aujourd'hui le Centre pour la coopération avec les non-membres) est créé, et en 1991, le programme « Partenaires en transition » est lancé au profit de la Tchécoslovaquie, de la Hongrie et de la Pologne. Ce programme comporte également une option d'adhésion pour ces pays. C'est ainsi que la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Slovaquie, le Mexique et la Corée du Sud deviennent membres de l'OCDE entre 1994 et 2000.
Organisation
En 2019, l'OCDE compte un secrétariat général, une direction exécutive, une direction chargée de la communication et douze départements spécialisés sur des thèmes différents : développement, échanges et agriculture, affaires économiques, éducation, emploi, PME, environnement, finance, fiscalité, gouvernance publique, sciences et technologies, statistiques[4]. Elle emploie environ 2 500 personnes au niveau du Secrétariat[5].
L'organisation compte par ailleurs des organes particuliers mentionnés plus haut (l'AIE, l'AEN, le Centre de développement, et le Forum international des transports) et des entités particulières (Club du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest, GAFI, MOPAN[6], et un Partenariat statistique au service du développement au XXIe siècle)[4].
Le Centre de développement, le Club du Sahel et le secrétariat du Partenariat statistique au service du développement font partie de la direction de la coopération pour le développement[7], un des douze départements cités ci-dessus, qui contribue aux travaux du Comité d'aide au développement.
Promotion du libéralisme
L'OCDE est souvent présentée comme une institution favorable au néolibéralisme[8],[9].
Études et publications
L'OCDE publie des rapports périodiques spécialisés, ainsi que des rapports ponctuels pour certains domaines, des données statistiques, des études-pays, et des documents de travail (working papers, au contenu plus technique).
Au total, l'OCDE publie entre 300 et 500 rapports chaque année en anglais. La plupart sont traduits en français (le français est l'une des deux langues officielles de l'OCDE).
Tous les résumés et une partie importante des rapports complets sont disponibles gratuitement en ligne sur le site OECD iLibrary[10].
La collection de Bibliothèque de t Archives comprend les documents et publications du Comité de coopération économique européenne (CCEE), de l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) et de l'OCDE, de 1947 à nos jours.

Les rapports les plus connus de l'OCDE sont publiés à intervalles réguliers (souvent annuellement). Ils mènent chaque année une revue exhaustive de la situation actuelle de tous les pays de l'OCDE, dans un domaine particulier. On compte principalement :
- les perspectives économiques de l'OCDE (OECD Economic Outlook) ;
- les perspectives de l'emploi de l'OCDE (OECD Employment Outlook) ;
- les regards sur l'éducation (Education Outlook) ;
- les principaux indicateurs économiques de l'OCDE (OECD Main Economic Indicators) ;
- le panorama des statistiques de l'OCDE (OECD Factbook), annuel ;
- l'OCDE en chiffres (OECD in Figures) ;
- l'observateur de l'OCDE (OECD Observer) ;
- données OCDE sur l'environnement, tous les deux ans ;
- les perspectives des communications de l'OCDE (OECD Communications Outlook).
L'OCDE publie, pour chacun de ses pays membres, tous les deux ou trois ans, une « étude-pays », revue exhaustive de la situation économique du pays, des recommandations de politique économique et le bilan des réformes passées[11].
En plus des rapports périodiques, l'OCDE mène régulièrement des études sur différents thèmes « à la pointe » de la recherche empirique en économie.
En particulier, l'OCDE est à l'origine du modèle pression-état-réponse, qui vise à modéliser la réponse des organismes aux pressions environnementales. Ce modèle a été élargi par la suite à d'autres domaines.
Le Manuel d'Oslo[12] de l'OCDE rassemble les « principes directeurs proposés pour le recueil et l'interprétation des données sur l'innovation ».
Alors que l'OCDE est perçue comme une institution prônant une approche orthodoxe de l'économie, le besoin d'explorer de nouvelles voies en matière de recherche a conduit son secrétaire général José Ángel Gurría à mettre en place un think tank interne en 2012, appelé New Approaches to Economic Challenges (NAEC). Une des premières actions de son successeur Mathias Cormann en 2021 est de déplacer cette unité dans le département de l'économie[13]. Le , le NAEC a été invité à prononcer un discours d'ouverture lors de la conférence annuelle du Réseau euroméditerranéen pour les études économiques (EMNES). Le discours s'est concentré sur les aspects clés du livre Origins, Evolution and Future of Global Development Cooperation, publié par le German Institute of Development and Sustainability (en) (IDOS), en offrant de nouvelles pistes de réflexion et de recherche sur de nouveaux modèles de développement économique basés sur la résilience systémique et la reprise post COVID-19[14].[pertinence contestée]
Domaines particuliers
La surveillance multilatérale de l’OCDE
L’OCDE exerce une fonction de surveillance multilatérale dans le cadre de ses activités de suivi économique et de coordination des politiques entre les pays membres. Cette fonction repose notamment sur des examens par les pairs, des analyses comparatives et des évaluations de politiques menées au sein des comités de l’Organisation et du Département des affaires économiques.
Une analyse systématique de la surveillance multilatérale de l’OCDE a été présentée pour la première fois par Kumiharu Shigehara dans Multilateral Surveillance: What the OECD Can Offer? (OCDE, 1996), issu de la Global Finance Lecture de 1996 à l’Université de Birmingham, alors qu’il exerçait les fonctions d’économiste en chef et de chef du Département des affaires économiques de l’OCDE (1992–1997); il a ensuite été nommé secrétaire général adjoint de l’OCDE (1997-1999).
Les enjeux de la surveillance multilatérale ont également été approfondis dans les travaux suivants :
Kumiharu Shigehara, « Surveillance by International Institutions: Lessons from the Global Financial and Economic Crisis » (Documents de travail de l’OCDE, n° 860, mai 2011, en collaboration avec Paul Atkinson). https://ecipe.org/wp-content/uploads/2014/12/5kgchzchkvd2.pdf
Kumiharu Shigehara, « Multilateral Surveillance: the IMF, the OECD and G20 » (Ligue européenne de coopération économique, Paris, 2011). https://www.dailymotion.com/video/xh5xan
Kumiharu Shigehara, « The Limits of Surveillance and Financial Market Failure: Lessons from the Euro-Area Crisis » (Palgrave Macmillan, 2014). https://link.springer.com/book/10.1057/9781137471475
L’évolution historique de la surveillance multilatérale de l’OCDE, depuis les années 1960 jusqu’à la fin des années 1990, est par ailleurs retracée dans les mémoires intitulés « The Bank of Japan and the OECD: Recollections and Reflections », rédigés en japonais par Kumiharu Shigehara et publiés en décembre 2019. Dans une lettre en date du 5 février 2019, Donald Johnston, secrétaire général de l’OCDE de 1996 à 2006, soulignait que l’ouvrage de Shigehara « revêt une importance majeure pour l’OCDE, dans la mesure où l’institution dispose de peu de mémoire institutionnelle vivante ». L’édition anglaise de ces mémoires, intitulée The Bank of Japan, the OECD, and Beyond, a été publiée par Palgrave Macmillan en septembre 2024. https://link.springer.com/book/10.1007/978-981-97-5307-9
Lutte contre la corruption
L'OCDE est à la pointe en matière de lutte contre la corruption. Elle a créé en 1996 la convention de l'OCDE contre la corruption[15], qui a été adoptée en 1997. Le groupe multidisciplinaire sur la corruption (GMC) a été mis en place dans ce but.
Son indépendance relative par rapport à ses pays membres lui permet d'y souligner les dangers de corruption ; l'OCDE a par exemple critiqué le Royaume-Uni en 2007 dans l'affaire BAE[16].
Protection de l'investissement
L'OCDE joue un rôle important dans une tentative de réglementation multilatérale de la protection de l'investissement. De 1995 à 1998 un forum de négociations a permis la création de l'accord multilatéral sur l'investissement (accord AMI, ou en anglais multilateral agreement on investment), qui sert de modèle aujourd'hui à beaucoup d'accords bilatéraux. De tels accords n'existent aujourd'hui essentiellement qu'au niveau bilatéral (les TBI : traités bilatéraux d'investissement), que des États établissent entre eux lorsqu'ils en sentent le besoin (par exemple : l'accord entre le Conseil fédéral suisse et le Gouvernement des Émirats arabes unis concernant la promotion et la protection réciproque des investissements RS 0.975.232.5).
Les principes directeurs pour le traitement de l'investissement étranger élaborés en 1992 au sein de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) constituent une autre source d'inspiration pour la rédaction d'accords sur la protection de l'investissement.
Au niveau international il a été jusqu'à présent difficile de trouver un consensus. L'ONU (plus précisément la CNUCED) pourrait jouer un rôle.
Quant à l'OMC (en 2001 à Singapour ou 2004 à Genève), aucun accord n'a pu voir le jour en son sein. Elle continue donc aujourd'hui à réglementer les domaines du commerce, des services et de la propriété intellectuelle sans s'occuper de la protection et du développement de l'investissement au niveau international.
Liste des pays non coopératifs selon l'OCDE
L'OCDE publie une « liste noire » des pays non coopératifs pour l'échange d'informations fiscales et pour la transparence[17].
Dirigeants
Secrétaires généraux
| Portrait | Identité | Nationalité | Période | Durée | |
|---|---|---|---|---|---|
| Début | Fin | ||||
| Thorkil Kristensen[18] | Danois | 8 ans | |||
| Emiel van Lennep | Néerlandais | 14 ans et 11 mois | |||
| Jean-Claude Paye | Français | 11 ans et 7 mois | |||
| Donald Johnston | Canadien | 9 ans, 11 mois et 30 jours | |||
| José Ángel Gurría | Mexicain | 14 ans, 11 mois et 30 jours | |||
| Mathias Cormann | Australien (depuis ) Belge (- | En cours | 4 ans, 9 mois et 10 jours | ||
Économiste en chef
Christopher Dow, économiste britannique (https://www.thebritishacademy.ac.uk/documents/1440/105p397.pdf), a exercé les fonctions d’économiste en chef de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis la création de l’institution jusqu’en 1973. Il a été remplacé par Frederick Atkinson, également britannique (https://en.wikipedia.org/wiki/Frederick_Atkinson), puis par John Fay. Ce dernier a été suivi par Sylvia Ostry, économiste canadienne (https://en.wikipedia.org/wiki/Sylvia_Ostry), qui est devenue la première femme à occuper le poste d’économiste en chef de l’OCDE. Elle a ensuite été remplacée par David Henderson, économiste britannique (https://en.wikipedia.org/wiki/David_Henderson_(economist) ).
En 1992, David Henderson a été remplacé par Kumiharu Shigehara, ancien économiste en chef de la Banque du Japon (https://ja.wikipedia.org/wiki/%E9%87%8D%E5%8E%9F%E4%B9%85%E7%BE%8E%E6%98%A5 ) . Shigehara a été la première personne issue d’un pays situé en dehors du monde anglophone à être nommée économiste en chef de l’OCDE. Au moment de sa nomination, le Financial Times, dans un article intitulé « Japan’s Turn » publié le 22 janvier 1992, le décrivait comme représentant une nouvelle génération de responsables japonais, caractérisée par l’assurance, une forte expérience internationale et la volonté d’exprimer ouvertement ses opinions.
En 1997, à la suite de la nomination de Shigehara au poste de secrétaire général adjoint de l’OCDE, Ignazio Visco, ancien économiste en chef de la Banque d’Italie (https://en.wikipedia.org/wiki/Ignazio_Visco), a été nommé économiste en chef de l’OCDE. Il a occupé ce poste jusqu’à la nomination de Jean-Philippe Cotis.
Ont successivement exercé cette fonction: Christopher Dow (avril 1961 – avril 1973), Fred Atkinson (avril 1973 – avril 1975), John Fay (avril 1975 – décembre 1979), Sylvia Ostry (janvier 1980 – août 1983), David (P. D.) Henderson (janvier 1984 – avril 1992), Kumiharu Shigehara (mai 1992 – mai 1997), Ignazio Visco (août 1997 – août 2002) et Jean-Philippe Cotis (août 2002 – octobre 2007).
Pays membres

- Membres fondateurs
- Autres membres
Le , vingt pays signent la Convention relative à l'Organisation de coopération et de développement économiques[19]. Les membres fondateurs sont les 18 membres de l'OECE, les États-Unis et le Canada[3]. Depuis lors, dix-huit autres pays ont adhéré à l'OCDE qui comprend ainsi quasiment tous les pays développés et démocratiques du monde. L'ensemble formé par ces pays représente 80 % du PNB mondial en 2009[20].
* : membre fondateur
L'Union européenne participe aux travaux de l'OCDE, en accord avec le protocole additionnel à la Convention de l'Organisation de coopération et de développement économiques[22].
Élargissement

En , le Conseil de l'OCDE au niveau des ministres décide d'ouvrir des négociations avec cinq pays : le Chili, l'Estonie, Israël, la Russie et la Slovénie, en vue de leur adhésion à l'OCDE, et de renforcer la coopération de l'OCDE avec l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l'Inde et l'Indonésie, dans le cadre de programmes d'engagement renforcé en vue de leur adhésion éventuelle[23].
Le Chili est devenu membre de l'OCDE le [24]. L'Estonie et la Slovénie sont admises le . Israël est admis le même jour en ayant intégré dans son dossier d'adhésion un « territoire économique israélien » composé non seulement du territoire d'Israël mais aussi des territoires palestiniens occupés par Israël tels que Jérusalem-Est et le plateau du Golan[25], ce qui a provoqué une vive polémique.
Dans un plus lointain avenir, priorité sera donnée à l'élargissement vers les pays de l'Asie du Sud-Est[26].
Lors du sommet ministériel du , l'organisation décide l'ouverture de négociations avec la Lettonie et la Colombie. Lors de ce sommet, il est aussi décidé que des négociations d'adhésion pourront être ouvertes en 2015 avec le Costa Rica et la Lituanie[27] ; ces négociations commencent le [28]. La Lettonie est formellement invitée à rejoindre l'OCDE le [29]. La Lituanie devient le le 36e État membre de l'OCDE[30]. Elle est suivie le par la Colombie[31], puis le par le Costa Rica[32].
Lors du sommet ministériel du , l'organisation déclare examiner les candidatures de l'Argentine, du Brésil, de la Bulgarie, de la Croatie, du Pérou et de la Roumanie[33]. Le , les négociations d'adhésion sont ouvertes avec ces six pays[34].
Lors de la réunion de son conseil de gouvernance du , l'OCDE annonce qu'elle suspend provisoirement le processus d'adhésion de la Russie car l'organisation souhaite renforcer la coopération avec l'Ukraine[35], avec qui la Russie est en conflit. Le , en réponse à l’invasion russe de l'Ukraine, elle annonce qu'elle va clore ce processus et fermer son bureau à Moscou[36].
L'organisation décide d'ouvrir des négociations d'adhésion avec l'Indonésie le [37].
L'organisation décide d'approfondir ses relations avec l'Asie du Sud-Est en ouvrant des négociations d'adhésion avec la Thaïlande le [38].
Critiques
L'OCDE est critiquée par plusieurs courants de pensée dont le mouvement altermondialiste[réf. souhaitée]. On lui reproche de faire la promotion active du libéralisme économique et d'être un des piliers du capitalisme. Ces critiques pointent notamment son manque de transparence dans les négociations de l'Accord multilatéral sur l'investissement[39].
Serge Halimi, directeur du Monde diplomatique, estime dans son essai politique Le Grand Bond en arrière (2004, réédité en 2006 et 2012) que l'« étude sur l'emploi » réalisée par l'OCDE en 1994, dont les conclusions ont largement inspiré des politiques publiques libérales telles que la baisse des cotisations patronales en France ou l'Agenda 2010 en Allemagne, « fut échafaudée sur la base de comparaisons statistiques notoirement peu fiables, de réfutations désinvoltes et d'occultations délibérées ». L'étude en question, bien que reposant exclusivement sur des comparaisons statistiques entre pays membres, était cependant accompagnée d'une note expliquant que les données utilisées « ne se prêtent pas à des comparaisons internationales car elles renvoient à des particularités institutionnelles propres au pays considéré ». Pour Serge Halimi, « incidemment, cette phrase permettait d'absoudre les États occidentaux qui transformaient davantage que les autres leurs agences de l'emploi en machines à radier les chômeurs ou à oublier de les recenser »[40].
Selon Raoul-Marc Jennar, essayiste anti-libéral, l'OCDE constitue un « véritable bureau d'études des pays industrialisés, qui propage la doctrine libérale, juge les politiques des États membres et propose des accords orientés dans le sens d'un dépérissement des pouvoirs publics et d'une autonomie des acteurs privés »[41].
Pour l'historienne Chloé Maurel en 2009, l'OCDE et l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se distinguent des organisations comme l'Organisation des Nations unies (ONU), qu'elle perçoit comme une organisation démocratique et universelle. En effet, alors que l'ONU rassemble pratiquement tous les pays du monde, l'OCDE n'en compte alors que trente, les plus riches et les plus industrialisés. En outre, alors que la première serait fondée sur les valeurs universelles des droits de l'homme, l'OCDE se réclamerait des valeurs du libéralisme, politique et économique. De fait, l'OCDE a succédé en 1960 à l'Organisation européenne de coopération économique (OECE), organisme créé en 1948 en Europe à l'initiative des États-Unis dans le cadre de la guerre froide et de l'opposition au bloc communiste. Pour Chloé Maurel, comme son ancêtre l'OECE, l'OCDE a pour objectif principal de promouvoir l'économie de marché et le libre-échange, de diffuser le libéralisme économique et d'encourager le développement du secteur privé dans le monde (en particulier les intérêts des grandes firmes transnationales) au détriment des services publics[42].
En 2010, l'entrée d'Israël dans l'organisation[43] a suscité l'indignation de certains groupes, qui y ont vu un encouragement à l'annexion par Israël des colonies en Cisjordanie. Pour Nabil Chaath, ancien Premier ministre palestinien, « les États membres récompensent Nétanyahou [alors Premier ministre israélien] pour sa violation du droit international »[44].
Missions permanentes auprès de l'OCDE à Paris
- Mission permanente de l'Allemagne auprès de l'OCDE
- Mission permanente de l'Autriche auprès de l'OCDE
- Mission permanente du Canada auprès de l'OCDE
- Mission permanente du Chili auprès de l'OCDE
- Mission permanente de la Corée du Sud auprès de l'OCDE
- Mission permanente des États-Unis auprès de l'OCDE
- Mission permanente de la Finlande auprès de l'OCDE
- Mission permanente de la France auprès de l'OCDE
- Mission permanente de l'Italie auprès de l'OCDE
- Mission permanente du Japon auprès de l'OCDE
- Mission permanente du Mexique auprès de l'OCDE
- Mission permanente de la Pologne auprès de l'OCDE
- Mission permanente du Portugal auprès de l'OCDE
- Mission permanente de la République tchèque auprès de l'OCDE
- Mission permanente de la Slovaquie auprès de l'OCDE
- Mission permanente de la Suisse auprès de l'OCDE
- Mission permanente de la Turquie auprès de l'OCDE


