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Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer

Station de biologie marine à Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) From Wikipedia, the free encyclopedia

L’institut de la mer de Villefranche (IMEV), anciennement l’observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer, est une fédération de recherche de Sorbonne Université (université Pierre-et-Marie-Curie jusqu'en 2017), placée également sous la tutelle du CNRS-INSU. Il se situe sur le port de la darse à Villefranche-sur-Mer dans le département français des Alpes-Maritimes et accueille de nombreux chercheurs, enseignants-chercheurs, ITA et étudiants.

Fondation
Sigles
IMEV, OOVVoir et modifier les données sur Wikidata
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Institut de la mer de Villefranche (IMEV)
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Organisation
Directrice
Elisabeth Christians (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Organisations mères
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Description et activités

L'observatoire remplit cinq missions principales :

  • Recherche : les activités de recherche sont conduites à l'observatoire dans des laboratoires constitués en unités mixtes de recherche CNRS/SU. Les thématiques sont la biologie cellulaire et du développement (laboratoire de biologie du développement - UMR 7009[1]), et l'océanographie, avec ses composantes biologiques, physiques et chimiques (laboratoire d'océanographie de Villefranche-sur-Mer - UMR 7093[2]).
  • Enseignement[3] : des enseignements au titre des cursus de formation de Sorbonne Université dans les disciplines de l'océanographie[4], des géosciences et de la biologie du développement sont assurés à l'observatoire par une équipe d'enseignants-chercheurs. Des stages spécialisés sont également organisés avec des établissements partenaires, ainsi que des écoles d'été thématiques.
  • Observation : l'observatoire est reconnu par le ministère comme un observatoire des sciences de l'univers (OSU)[5]. À ce titre, il a pour mission de contribuer aux progrès de la connaissance par l'acquisition de données d'observation, par le développement et l'exploitation de moyens appropriés, ainsi que de mettre en place des programmes en vue de l'exploitation et de la protection du milieu océanique dans une perspective pluridisciplinaire.
  • Médiation scientifique[6] : l'observatoire développe des actions éducatives et propose des activités spécifiques au grand public et, en particulier, aux jeunes.
  • Accueil : l'observatoire constitue l'un des principaux campus français en sciences de la mer.

Le fonctionnement général de l'observatoire est assuré par une unité mixte de service (UMS 829) qui, outre les tâches d'administration générale, assure un service d'hébergement, met à disposition une importante bibliothèque et des moyens à la mer pour le prélèvement de matériel biologique (bateaux et plongée scientifique), ainsi que des plateformes techniques.

La recherche fondamentale ou appliquée, l'observation, le développement technologique, l'enseignement et la vulgarisation scientifique sont les activités phares de l'observatoire. Il s'engage dans divers projets de recherche et campagnes océanographiques à travers les différents océans et mers du globe.

L'observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer assure également de nombreuses séries temporelles à long terme dans différents domaines de l'océanographie (notamment avec des mesures hydrologiques, biogéochimiques et d'optique marine ou des collectes de plancton) aussi bien en zone côtière (au Point B) que hauturière (aux sites DYFAMED ou BOUSSOLE par exemple) ou transverse (radiales et flotteurs).

Bâtiments

Partie de l’observatoire océanologique (corderie)

Les différentes équipes de recherche sont hébergées dans quatre bâtiments sur le port de la darse de Villefranche-sur-Mer :

  • la station zoologique composée de l'ancien bagne de Villefanche-sur-Mer (bâtiment des Galériens) et de la Vieille Forge ;
  • la Corderie (ou caserne Nicolas) ;
  • le bâtiment Jean Maetz ;
  • le nouveau bâtiment d'hébergement Jules Barrois.

Les bâtiments anciens et les éléments d’infrastructure sont inscrits aux monuments historiques le [7].

Historique

Les débuts

En 1809, le zoologiste François Péron, et le dessinateur Charles Alexandre Lesueur, tous deux havrais, remarquent la richesse des eaux de Villefranche-sur-Mer en organismes pélagiques divers (méduses, mollusques, tuniciers, siphonophores, etc.). Entre 1846 et 1853, les travaux de Jean-Baptiste Verany contribuent à la redécouverte du plancton et de la faune gélatineuse de Villefranche-sur-Mer. En 1850, Carl Vogt s'installe à Nice, écrit ses ouvrages fondamentaux sur les tuniciers pélagiques et les siphonophores de la mer de Nice (1852-1853) et suggère l'installation d'un laboratoire permanent à Villefranche-sur-Mer. Enfin, en 1882, Jules Barrois[8] y installe un premier laboratoire dans un bâtiment du Lazaret où il travaille avec Hermann Fol.

Période russe

Ancien hôpital des galériens en 1898.

En 1884, Alexeï Korotnev, venant de Roscoff, fait la connaissance de Carl Vogt et crée la station zoologique dans la « Maison Russe », ancien bagne des rois de Sardaigne[9]. Il profite de l'engouement des russes pour Nice, ainsi que de la disparition de la base navale russe[10],[11] en rade de Villefranche-sur-Mer, et de son dépôt de charbon du bâtiment des Galériens. Le financement des recherches est assuré par la Russie. Alexeï Korotnev, professeur à l'université de Kiev, est secondé sur place par Mikhail Davydov.

En 1887, après que leurs relations se soient détérioré avec Korotnev, Fol et Barrois auraient été expulsés de la station marine par des gendarmes[12]. D’international lors de sa fondation (Russie, France, Suisse, Allemagne), le laboratoire de Korotneff (et de Carl Vogt qui y venait fréquemment avec ses étudiants) devient alors le Laboratoire russe de Zoologie[13].

En 1900, la station fait l'acquisition du premier navire de la station, la Velella et installe une station de pompage d'eau de mer pour alimenter les aquariums.

Alexeï Korotnev meurt en 1915. Grégoire Tregouboff, élève d'Octave Duboscq, est engagé comme assistant après ses études à Montpellier, après une première visite en 1914. Il prend son poste en 1916[14].

En 1917, suite à la révolution russe, la station connaît des difficultés financières. Le laboratoire, pris en charge par le ministère de la Marine, passe sous le contrôle de celui de l'instruction publique, puis est oublié. Des aides sont demandées par Mikhail Davydov auprès de l'académie des sciences et du ministère des Affaires étrangères, avec l'appui d'Yves Delage, ainsi qu'auprès de l'institut Carnegie. Quelques aides du gouvernement tchèque, puis une dotation de l'académie russe en 1923 lui permettent de survivre.

Durant la période 1925-1928, les difficultés financières sont surmontées, permettant d'acheter un nouveau canot à moteur, la Ciona. En 1927, le premier recueil des travaux de la station russe est édité. En 1928, les bâtiments, situés sur un terrain militaire, entourés de casernes, sont mis sous séquestre conservatoire.

Période française

Après quatre ans de tractations, le laboratoire est affecté officiellement au ministère de l'Éducation nationale en 1931-1932. Il est mis à la disposition de l'université de Paris et rattaché au laboratoire Arago, à Banyuls-sur-Mer dont le directeur est Octave Duboscq. Grégoire Trégouboff devient sous-directeur résident.

Après une période de fermeture pendant la seconde Guerre mondiale, Grégoire Trégouboff exerce la direction effective et remet en état le laboratoire.

Développement et période moderne

En 1956, Georges Petit, qui assure la direction conjointe du laboratoire Arago et de la station zoologique, désigne Paul Bougis pour remplacer Grégoire Tregouboff, en retraite administrative. La zoologie et la biologie descriptive sont progressivement abandonnées, l'écologie marine et l'océanographie pélagique se développent. Jacques Bourcart crée à Villefranche-sur-Mer le laboratoire de géologie sous-marine.

En 1963, Louis Glangeaud transforme le laboratoire de géologie sous-marine en laboratoire de géodynamique sous-marine. Jean Maetz installe à Villefranche-sur-Mer un groupe de biologie marine du CEA. En 1965, Alexandre Ivanoff implante dans la station une antenne du laboratoire d'océanographie physique, depuis devenu le laboratoire de physique et chimie marines.

À partir de 1971, la station de Villefranche-sur-Mer devient officiellement indépendante de Banyuls-sur-Mer et regroupe les trois laboratoires dépendant de l'université Pierre-et-Marie-Curie (Paris VI) sous le nom de station marine de Villefranche-sur-Mer. Paul Bougis en est le directeur.

En 1981, une équipe de biologie cellulaire marine, dirigée par Christian Sardet rejoint la station. Elle officialise la présence du groupe de Jean Cachon depuis plusieurs années. En 1983, le complexe pluridisciplinaire s'organise avec la création du centre d’études et de recherches océanographiques de Villefranche-sur-Mer (CEROV), placé sous la direction d'André Morel et dépendant de l'université Pierre-et-Marie-Curie et du CNRS.

Entre 1985 et 1989, l'ensemble des laboratoires est élevé au rang d'observatoire océanologique des sciences de l'univers de l'INSU/TOAE, école interne de l'université Pierre-et-Marie-Curie.

En , la plupart des activités du laboratoire GéoSciences Azur déménage sur un des sites CNRS de Sophia Antipolis à l'exception de la partie enseignement[15]. En 2017, l'observatoire passe d'un statut d'École Interne de l'Université Pierre et Marie Curie et d'observatoire des sciences de l'univers sous tutelle de l'Institut National des Sciences de l'Univers (INSU) à un statut de Fédération de recherche. Le nouveau bâtiment d'hébergement Jules Barrois[16] est inauguré en 2018.

Direction de la station

Davantage d’informations Portrait, Identité ...
DirigeantsVoir et modifier les données sur Wikidata
PortraitIdentitéPériodeDurée
DébutFin
Pas de portrait sous licence libre disponible pour Jules Henri Barrois.Jules Henri Barrois[17]
( - )
5 ans
Hermann FolHermann Fol[17]
( - )
5 ans
Aleksei Alekseevich KorotnevAleksei Alekseevich Korotnev[17]
( - )
30 ans
Pas de portrait sous licence libre disponible pour Mikhail Davydov.Mikhail Davydov[17]
( - )
16 ans
Pas de portrait sous licence libre disponible pour Grégoire Trégouboff.Grégoire Trégouboff (d)[17]
( - )
25 ans
Pas de portrait sous licence libre disponible pour Paul Bougis.Paul Bougis (d)[17]
( - )
26 ans
Pas de portrait sous licence libre disponible pour André Yves Morel.André Yves Morel (d)[17]
( - )
6 ans
Jacques SoyerJacques Soyer (d)[17]
( - )
12 ans
Pas de portrait sous licence libre disponible pour Michel Glass.Michel Glass (d)[17]6 ans
Pas de portrait sous licence libre disponible pour Fauzi Mantoura.Fauzi Mantoura (d)[17]
(né en )
2 ans
Pas de portrait sous licence libre disponible pour Gabriel Gorsky.Gabriel Gorsky (d)[17]5 ans
Pas de portrait sous licence libre disponible pour Anne Corval.Anne Corval (d)[17]2 ans
Pas de portrait sous licence libre disponible pour Elisabeth Christians.Elisabeth Christians (d)[17]En cours7 ans
Fermer

Moyens et matériel

L'IMEV dispose actuellement de deux navires[18]:

  • La Sagitta III, navire de pêche côtière, est utilisé en soutien aux diverses activités d’observation, de recherche et d’enseignement en biologie et écologie marine, bio géochimie, sismique et océanographie. Il accomplit des missions en mer jusqu’à 20 milles marins de la côte[19].
  • L’embarcation légère Pelagia permet l’activité de plongée et de collecte d’organismes marins ainsi que le déploiement d’instruments et de filets à plancton.

Notes et références

Liens externes

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