Wikiwand AI

Octo Mundi Miracula

série de gravures de Philippe Galle From Wikipedia, the free encyclopedia

Octo Mundi Miracula (littéralement, en français : « Les Huit Merveilles du monde ») est une série de gravures publiée en 1572 par le graveur flamand Philippe Galle, basée sur un ensemble de huit dessins du peintre néerlandais Maarten van Heemskerck accompagnés de distiques élégiaques écrits par le poète néerlandais Hadrianus Junius.

Les Sept Merveilles du monde, collage des gravures de l'Octo Mundi Miracula (édition de 1572 de l'Octo Mundi Miracula conservée au Rijksmuseum Amsterdam). De haut en bas et de gauche à droite : les pyramides de Gizeh, la statue de Zeus à Olympie, le phare d'Alexandrie, le colosse de Rhodes, les jardins suspendus de Babylone, le mausolée d'Halicarnasse, le temple d'Artémis à Éphèse et le Colisée.

La série est considérée comme la première représentation visuelle connue des Sept Merveilles du monde et contribue à en fixer les composantes : une telle liste spécifique n'existe pas dans les sources antiques classiques[1],[2]. Bien qu'incluant les sept monuments de la liste canonique contemporaine, elle inclut un huitière monument : le Colisée.

Titre

Le titre de l'ouvrage, Octo Mundi Miracula signifie littéralement en français : « Les Huit Merveilles du monde ». Il est traduit suivant les éditions :

  • En néerlandais : De acht wereldwonderen
  • En français : Huit Merveilles du monde antique
  • En anglais : Eight wonders of the ancient world

Historique

Panorama avec l'enlèvement d'Hélène au milieu des Merveilles de l'Ancien Monde, tableau peint par Maarten van Heemskerck en 1535, 37 ans avant Octo Mundi Miracula. Il est considéré comme un précurseur des dessins du Colosse, du Phare, du Temple d'Artémis et des Jardins suspendus[3].

La série est publiée pendant la Renaissance nordique aux Pays-Bas des Habsbourg au début de la guerre de Quatre-Vingts Ans. Maarten van Heemskerck est un peintre maniériste influencé par ses voyages à Rome (1532–1536/37) où il a étudié les ruines et les monuments de l'Antiquité classique. Philippe Galle est un graveur et un éditeur, tandis qu'Hadrianus Junius est un poète humaniste[4]. La principale source d'Heemskerck semble être Silva de varia lección, une compilation de faits du chroniqueur espagnol Pedro Mexía publiée en 1540[5] ; Mexía y remarque d'ailleurs que les listes de Merveilles du monde provenant de l'Antiquité ne s'accordent pas sur leur contenu[6].

Œuvre

Gravures

Les huit gravures représentent les monuments suivants (avec entre parenthèse le nom latin qu'elles leur donnent) :

  1. La pyramide de Khéops (Piramides Aegypti)
  2. Le phare d'Alexandrie (Pharos)
  3. Les jardins suspendus et les murailles de Babylone (en) (Babylonis Muri)
  4. Le temple d'Artémis à Éphèse (Dianae Ephesiae Templum)
  5. La statue de Zeus à Olympie (Olympy lovis simulacrum)
  6. Le colosse de Rhodes (Colossus Solis)
  7. Le mausolée d'Halicarnasse (Mausoleum)
  8. Le Colisée (Amphitheatrum)

L'inclusion du Colisée s'écarte de la liste traditionnelle des Sept Merveilles ; Heemskerck avait étudié le monument pendant son séjour à Rome et l'avait peint en 1553 dans son Autoportrait au Colisée. Il s'agit du seul édifice dépeint en ruines plutôt que selon une forme idéalisée. Il s'agit également du seul monument que Heemskerck aurait raisonnablement pu visiter de son vivant[7].

Chaque gravure suit une même formule. La Merveille en occupe le centre, entourée d'un contexte historique ou mythique : rois, travailleurs, dieux.

Poèmes

Hadrianus Junius compose des poèmes pour chaque gravure. Il ne s'agit pas de descriptions directes, mais de vers offrant un contexte thématique et une réflection morale. Junius fait référence à des figures historiques comme Sémiramis et Artémise II, ainsi qu'à des anecdotes provenant de sources romaines, comme l'usage de charbon sous le temple d'Artemis.[8],[9].

Influence

Octo Mundi Miracula est copiée et adaptée par de nombreux artistes comme Louis de Caullery ou Willem Blaeu (par exemple dans son Nova Totius Terrarum Orbis Geographica ac Hydrographica Tabula de 1630). La série joue un rôle fondamentale dans l'iconographie des Merveilles du monde, dont il n'existait pas vraiment de représentation visuelle auparavant[10].

Collections

Plusieurs musées possèdent des éditions de la série de gravures, dont :

Bibliographie

  • (en) Peter A. Clayton et Martin J. Price, Seven Wonders Ancient World, Routledge, (ISBN 978-1-135-62928-1, lire en ligne)
  • (en) Andrew Hopkins, Citation and Quotation in Early Modern Architecture, De Gruyter, , 137–170 p. (ISBN 978-3-11-147790-9, DOI 10.1515/9783111477909-006, lire en ligne), « Chapter Five Conjuring up the Wonders: from text to image »
  • Adam Sammut, « Maarten van Heemskerck's Eight Wonders of the Ancient World : Contesting the Image in an Age of Iconoclasm », Dutch Crossing, vol. 46, no 1, , p. 27–49 (ISSN 0309-6564, DOI 10.1080/03096564.2018.1524645, lire en ligne)
  • (en) Ron Spronk, Narratives of Low Countries History and Culture, UCL Press, (ISBN 978-1-910634-99-8, lire en ligne), « Maarten van Heemskerck's use of literary sources from antiquity for his Wonders of the World series of 1572 »
  • (en) Jennifer Tobin, Seven Wonders of the Ancient World, Recorded Books, LLC, (ISBN 978-1-4498-3527-9, lire en ligne)
  • (it) Marco Folin et Monica Preti, « Da Anversa a Roma e ritorno: Le Meraviglie del mondo di Maarten van Heemskerck e di Antonio Tempesta », Mitteilungen des Kunsthistorischen Institutes in Florenz, vol. 64, no 1, , p. 31–67 Seiten (DOI 10.11588/MKHI.2022.1.105843, lire en ligne)
  • Ainhoa De Miguel Irureta, Las Siete Maravillas de la Antigüedad. Humanismo, transmisión cultural e influencias artísticas. (thèse), Universidad Católica San Antonio de Murcia, (lire en ligne)
  • Ainhoa De Miguel Irureta, « Las siete maravillas de la Antigüedad en los soportes de la cultura popular », H-ART. Revista de historia, teoría y crítica de arte, no 18, , p. 57–77 (ISSN 2590-9126, DOI 10.25025/hart18.2024.03)
  • Floriane Franco, Octo Mundi Miracula: la série des Huit Merveilles du monde antique, imaginée par Maerten van Heemskerck, 1570-1572 (thèse), Université de Pau et des pays de l'Adour, Sabine Forero-Mendoza & Hélène Le Meaux, (lire en ligne)

Notes et références

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks