Office central pour la répression des violences aux personnes
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L'office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) est, en France, un service de la direction nationale de la Police judiciaire (DNPJ) chargé de la lutte contre les infractions violentes commises contre des personnes. Il a été créé en 2006 et est rattaché à la sous-direction de la lutte contre la criminalité organisée. Il accueille également en son sein depuis 2009 la cellule d’assistance et d’intervention en matière de dérives sectaires (CAIMADES).
| Office central pour la répression des violences aux personnes | ||
| Informations | ||
|---|---|---|
| Abréviation | OCRVP | |
| Création | 2006 | |
| Affiliation | Direction nationale de la Police judiciaire | |
| Ministre de tutelle | Ministère de l'Intérieur | |
| Directeur | Franck Dannerolle (depuis 2022) | |
| Effectifs | 70 (2025) | |
| Quartier général | 101 rue des Trois-Fontanot à Nanterre | |
| Site Internet | https://lannuaire.service-public.gouv.fr/gouvernement/72ae3767-83c6-4d11-b518-620824375648 | |
| Juridiction | ||
Territoire français | ||
| Moyens | ||
| modifier |
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Missions et organisation
Créé par décret le [1], l'office central pour la répression des violences aux personnes est placé sous l’autorité de la sous-direction chargée de la lutte contre la criminalité organisée. Il dépend de la DNPJ du ministère de l’Intérieur[2].
Il est compétent sur :
- les homicides et autres violences graves contre l'intégrité physique ou psychique de la personne ;
- les viols, les agressions sexuelles ;
- les séquestrations et les enlèvements ;
- les disparitions dans des conditions inquiétantes de personnes majeures et mineures ;
- les découvertes de cadavres non identifiés ;
- les dérives sectaires constitutives d'infractions pénales[1],[2],[3].
Il est composé à cet effet de six groupes spécialisés[4]. Le service comprend des policiers et quelques militaires de la Gendarmerie nationale[5],[6],[4]. Il dispose en 2025 de 70 enquêteurs[7],[8].
Les compétences du pôle mineurs de l'OCRVP ont été reprises par l'Office mineurs (OFMIN) créé en 2023, à l'exception des violences exercées dans le cadre de faits de proxénétisme[9],[10].
Lutte contre l'exploitation sexuelle
Les affaires d'exploitation sexuelle traitées par l'OCRVP sont notamment la prostitution de mineurs, le viol répété en groupe d’une personne (« tournantes »), l’enlèvement en vue d’un mariage forcé et le « tourisme sexuel ». L'OCRVP contribue à alimenter le fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV)[2].
Élucidation d'affaires anciennes
L'OCRVP travaille également sur des affaires non résolues (« cold cases »), crimes de sang ou de sexe à caractère sériel ou disparitions criminelles, closes par le magistrat instructeur depuis au moins 18 mois[7].
L'OCRVP traite ainsi des affaires remontant jusqu'aux années 1970 qui ne sont pas couvertes par la prescription. En 2025, l'OCRVP travaille sur 73 affaires de ce type[7]. Il a ainsi identifié le criminel dans l'affaire Nadège Desnoix, une lycéenne assassinée en 1994[11], élucidé l'affaire Lucas Tronche, résolu une affaire de viols en série sur des adolescentes entre 1998 et 2008[12] par celui que la presse a surnommé le « prédateur des bois »[6].
Au-delà de cette compétence, l'OCRVP vise à inventorier toutes les anciennes affaires criminelles prescrites ou refermées par un non-lieu faute d'élucidation possible. L'OCRVP gère depuis sa création le Système d'analyse des liens de la violence associée aux crimes (SALVAC), logiciel dédié à la résolution de crimes en série contenant 17 250 dossiers en 2023[6].
Crimes commis à l'étranger
L'OCRVP est également compétent pour enquêter sur des crimes commis à l'étranger sur des ressortissants français en coopération avec les services de police locaux[4],[13].
Cellule d’assistance et d’intervention en matière de dérives sectaires (CAIMADES)
La cellule d'assistance et d'intervention en matière de dérives sectaires (CAIMADES) a été créée en 2009 au sein de l'OCRVP. Elle est destinée à recueillir les témoignages de victimes de dérives sectaires, à leur apporter un soutien psychologique[14], et à enquêter sur les infractions pénales commises dans ce cadre[15],[16],[17].
Ces infractions sont notamment le « placement d’une personne en état de sujétion psychologique », défini par la loi du [18], et l'« abus de faiblesse de personne en état de sujétion psychologique » défini par la « loi About-Picard du 12 juin 2001 », mais aussi des crimes ou délits de nature sexuelle, financière, médicale commis contre des personnes sous emprise mentale[19].
La cellule comprend en 2023 huit enquêteurs, spécialement formés, qui travaillent sur 25 dossiers[20] majoritairement en relation avec des phénomènes sectaires touchant aux domaines du bien-être, du coaching, de la médecine non conventionnelle (naturopathie), et, dans une moindre mesure, liés à des contextes religieux et cultuels[21], comme des dérives sectaires dans l’Église catholique[20]. Sa tâche est complexe dans la mesure où elle est amenée d'une part à enquêter dans des milieux par définition très fermés, et d'autre part à écouter des victimes fragilisées placées sous sujétion psychologique sans en avoir pleinement conscience. Les enquêtes peuvent être très longues, entre trois et quatre ans[22].