Olivier Bourbeau
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| Sénateur de la Troisième République Vienne | |
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| Ministre de l'Instruction publique et des Cultes | |
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| Député de la Vienne | |
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| Député de la Vienne | |
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom dans la langue maternelle |
Olivier Louis Bourbeau |
| Nom de naissance |
Louis Olivier Bourbeau |
| Nationalité | |
| Formation |
Faculté de droit de Poitiers (d) |
| Activités | |
| Parentèle |
Théophile Ducrocq (d) (gendre) |
| Directeur de thèse | |
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| Distinctions |
Olivier Louis Bourbeau, né le à Poitiers et mort le à Fontaine, est un jurisconsulte et homme politique français.
Au terme de ses études juridiques sous la direction de Pierre Boncenne, il s’inscrit, une fois reçu avocat, au barreau de Poitiers. Après avoir réussi le concours d’agrégation, en 1841, il est nommé professeur de procédure civile et de législation criminelle à la faculté de droit de Poitiers. Comme jurisconsulte, on lui doit la publication et la continuation du Traité de procédure civile de son directeur de thèse[1].
Maire de Poitiers à la fin du règne de Louis-Philippe, il observe, lors de la révolution de 1848, une attitude réservée qui lui permet, non seulement de garder ses fonctions municipales, mais de se faire élire, le 23 avril, représentant de la Vienne à l’Assemblée constituante. Évitant de se compromettre avec les plus conservateurs, il fait partie de plusieurs commissions, votant tantôt avec la droite, tantôt avec la gauche. Le , pour le bannissement de la famille d’Orléans ; le 9 aout, pour le rétablissement du cautionnement 20 aout, pour les poursuites coutre Louis Blanc et Marc Caussidière ; , pour le rétablissement de la contrainte par corps ; le 18 septembre, contre l’abolition de la peine de mort ; le 7 octobre, contre l’amendement Grévy pour supprimer la fonction de président de la République française, le 2 novembre, contre le droit au travail ; le 25 novembre, pour l’ordre du jour en l’honneur de Cavaignac ; 28 décembre, pour la réduction de l’impôt du sel ; le 12 janvier 1849, contre la proposition Rateau ; le 21 mars, contre l’interdiction des clubs ; le 16 avril, contre l’expédition de Rome ; le 2 mai, contre l’amnistie des transportés, le 11 mai, contre la mise en accusation du président et de ses ministres[1].
Battu aux élections législatives françaises de 1849, il revient au barreau de Poitiers. Bâtonnier de son ordre, à deux reprises, il est nommé doyen de la Faculté de droit. Le , il est élu, avec l’appui de l’administration comme candidat au Corps législatif, en concurrence avec Thiers, dans la 3e circonscription de la Vienne. Siégeant parmi les membres du tiers-parti des « conservateurs libéraux », il signe avec eux la demande d’interpellation dite des 116, portant « sur la nécessité de donner satisfaction aux sentiments du pays, en l’associant d’une manière plus efficace à la direction de ses affaires. » La constitution d’un ministère « responsable » ayant suivi de près cette manifestation parlementaire, il intègre, le , le cabinet remanié ayant pour mission d’établir le gouvernement sur de nouvelles bases, analogues a celles indiquées par l’interpellation[1].
Ministre de l’Instruction publique en remplacement de Victor Duruy, son passage au ministère est court et peu brillant, son arrivée aux affaires ayant excité la verve des petits journaux, qui lui reprochaient à l’envi de « manquer de prestige ». Son ministère se retire, le 27 décembre, après qu’un groupe de 110 députés, formé à l’Assemblée dans les premiers jours de décembre, persistant à réclamer « l’application loyale du régime parlementaire », propose un programme de réformes libérales que son cabinet ne peut accepter[1].
Promu, par compensation, commandeur de la Légion d’honneur, il siège au Corps législatif jusqu’au , où il est, en mars, rapporteur de la proposition Jules Simon, relative à l’abolition de la peine de mort. Ce dernier devenu, à son tour ministre de l’Instruction publique, Bourbeau retrouve sa chaire à la Faculté de Poitiers, le . Étranger à la politique militante depuis la restauration de la République française, le , il se borne à l’exercice de ses fonctions de professeur, jusqu’à ce que les conservateurs de la Vienne le choisissent comme candidat pour le Sénat. Élu par 294 voix sur 330 électeurs, le , il siège à droite, votant notamment, pour la dissolution de la Chambre des députés en juin 1877[1].
Très opposé au parti clérical, seuls de tous ses collègues antirépublicains, il vote, au Sénat, avec la gauche dans la lutte mémorable engagée sur le projet Waddington relatif à la suppression du jury mixte de l’enseignement supérieur[2]. Il intervient également dans la discussion de projet de loi Delsol sur le douaire de l’époux survivant[1]. Appartenant à la série de sénateurs renouvelable, en 1881, il est nommé de doyen de la Faculté de droit de Poitiers, en remplacement du sénateur Lepetit, mais il n’a pas le temps d’occuper ses fonctions, puisqu’il meurt, le jour même où sa nomination est annoncée dans la presse[3], dans sa propriété de Fontaine, entouré de sa femme et de ses enfants, des suites d’une maladie d’estomac dont il souffrait depuis longtemps, mais qui n’avait pris de gravité sérieuse que depuis quelques jours[4],
À l’issue de ses obsèques à Saint-Pierre de Poitiers, il a été inhumé au cimetière de Chilvert[4].