Olivier Senn

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Olivier Senn
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Édouard Senn (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Ernest Siegfried (d) (beau-père)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Olivier Senn (28 février 1864 - 23 juin 1959) est un collectionneur d'art. Avocat de formation, il constitue une collection de plus de 500 œuvres, à partir de 1900 et jusqu'à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Composée principalement d'impressionnistes, la collection comprend également des œuvres d'artistes pré-impressionnistes, néo-impressionnistes, et post-impressionnistes, comprenant la plupart des Nabis.

Portrait d’Olivier Senn, Jean Benner, 1874, collection particulière

Olivier Senn est né au Havre le 28 février 1864 dans une famille protestante originaire de Suisse. Ses parents Édouard et Alice (née Schweisguth) se sont installés au Havre peu après leur mariage en 1859[1].

Olivier devient par la suite avocat au barreau du Havre mais se lance rapidement dans le commerce du coton et épouse même en 1892 Hélène, la fille de son associé Ernest Siegfried, le fondateur de la Compagnie cotonnière en 1862[1].

Acquisitions

Gardeuse de vaches, Éragny, Camille Pissaro,1887
Collection privée, vente 2012

Fort d’un héritage culturel et artistique familial, Olivier Senn adhère en 1896 à la Société des amis des arts dont son père et son beau-père sont déjà administrateurs, un poste qu’il occupe lui-même à partir de 1902[1].

Il s’investit dès 1905 dans la création du Cercle de l’art moderne. Il intègre l’année suivante le bureau de la Société d’initiative d'enseignement scientifique par l’aspect qui organise des conférences-projections. Il en devient président en 1907 et ce pour 32 ans. Il fait également partie des membres fondateurs de la Schola Cantorum du Havre, une école de musique, témoignant ainsi de son intérêt pour les arts en général[2].

Sa première acquisition en 1900 est La Gardeuse de vaches de Camille Pissarro (1871) par l’intermédiaire de Durand-Ruel lors de la vente Blot. Par la même occasion, il acquiert également cinq autres œuvres dont un tableau de Renoir, deux de Maufra et un d’Espagnat[2].

Entre 1900 et 1914, il est très engagé au Cercle de l’Art moderne, et il enrichit sa collection d'œuvres du second XIXe siècle et de pièces contemporaines dont un lot de Boudin, prêté pour « l’Exposition rétrospective » du Cercle en 1906. L’année suivante, il acquiert Les Bessons vus de la Baumelle de Guillaumin (1893) lors de la vente Viau et le Portrait de Nini Lopez par Renoir à la galerie Bernheim-Jeune pour 9 000 francs, réglés en espèces et en nature en revendant Les Buveuses du même peintre ainsi que Le Loing à Saint-Mammès de Sisley en 1908[2].

Il profite des ventes aux enchères pour acheter au meilleur prix à la Galerie George Petit, à l'Hôtel Drouot ainsi qu’aux ventes Blot, Viau, Dollfuss ou encore Rouart. Il ajoute ainsi à sa collection un ensemble de 46 dessins de jeunesse inédits de Degas, complétés par 35 autres lors des vacations suivantes dont un pastel de femme au bain, une des plus fortes enchères de l’atelier de ce dernier. Il acquiert également quelques aquarelles d’Henri-Edmond Cross à la Galerie Bernheim-Jeune et il assiste à la vente du même peintre du 28 octobre 1921 où il fait l’acquisition de 90 pièces, surtout des dessins, pour 7 085 francs[3].

Par la suite, il complète son fond impressionniste et XIXe pendant l’entre-deux guerres, en se portant acquéreur de tableaux de Pissarro, Boudin, Jongkind, Guillaumin, Renoir ou encore Luce. Au-delà des impressionnistes, il s’ouvre également à l’art contemporain et rencontre vers 1913 De Chirico pour lui acheter des toiles[4].

En effet, Olivier Senn est un collectionneur qui va à la rencontre des artistes repérés au Salon d'Automne ou au Salon des indépendants et il entretient des relations personnelles avec Marquet et Guillaumin, en faisant des acquisitions directes auprès de Vallotton. Il possède aussi des relations privilégiées avec les galeries Bernheim-Jeune et Druet[4].

Début 1930, il s’installe à Paris et ses acquisitions se font plus régulières, par exemple Le Petit Berger breton de Gauguin ou les Enfants lisant (1931) de Vuillard à la vente Migeon ou encore l’Intérieur au balcon de Bonnard (1933)[3].

Toutes ces œuvres sont régulièrement présentées entre 1906 et 1909[5], où de nombreuses expositions sont organisées par le Cercle de l'art moderne.

Il meurt le dans le 8e arrondissement de Paris[6].

La collection

La collection d’Olivier Senn, commencée avec le siècle et terminée avec la guerre, se compose principalement d'impressionnistes. Il s’agit d’un ensemble d’une unité et d’une cohérence indéniables, qui s’ouvre en 1850 avec la paire de paysages Paysage à Champrosay de Delacroix et Les Bords de mer à Palavas de Courbet. Il s'achève en 1923 avec des paysages tunisiens de Marquet, comme l'Intérieur à Sidi Bou Saïd et les méditerranées de Félix Vallotton comme le Pont à la romaine à Cagnes. Sa collection s'inscrit sous le signe du paysage, avec des natures mortes mais moins de portraits[7].

Elle témoigne des différentes mouvances artistiques qui se développent entre 1850 et 1930 avec une attention particulière pour les artistes pré-impressionnistes, néo-impressionnistes et impressionnistes. Senn s’avère être un collectionneur prudent, réservé face au fauvisme et indifférent au cubisme. Malgré tout, il est le premier acquéreur français de De Chirico même s'il n’a que peu d'œuvres contemporaines en dehors de Marquet, Guillaumin et Vallotton[7].

En effet, presque tous les Nabis figurent dans sa collection. Senn achète selon son goût et ne présente pas d’intérêt pour le caractère historique. Collectionneur impressionniste de la seconde génération, il constitue sa collection non comme un amateur « régional » mais en lien avec l’identité territoriale et il réalise de fréquents séjours à Paris. Il réalise de nombreux dons aux musées du Havre, de Pau et du Luxembourg et prête volontiers ses œuvres. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, il a 75 ans et il cesse d’enrichir sa collection. Il meurt en 1959 et sa collection, constituée de 500 œuvres, toutes techniques confondues, revient à ses deux enfants Alice et Edouard[2].

Expositions

Le musée d'Art moderne André Malraux de la ville du Havre ayant bénéficié de plusieurs dons d'Olivier Senn et de sa famille, de nombreuses expositions présentent les œuvres issues de sa collection. En particulier, de novembre 2024 à février 2026, s'est tenue l'exposition Les Senn, collectionneurs et mécènes, mettant en avant son travail et sa collection[2].

Références

Bibliographie

Liens externes

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