Olympie (Voltaire)
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Olympie, ou la Famille d’Alexandre est une tragédie de Voltaire en cinq actes et en vers, créée d'abord à Ferney, le , puis sur le théâtre de Schwetzingen, à la cour de l'Electeur palatin, les et de la même année.
Historique
Écrite en six jours, Olympie a été représentée sur le théâtre de la rue des Fossés à Paris le . Elle devait y être donnée dès 1762, mais Mademoiselle Dumesnil et Mademoiselle Clairon se disputèrent le rôle principal, et d'Argental fut obligé de retirer Olympie[1]. En 1764, Mademoiselle Dumesnil joua Statira, et Mademoiselle Clairon, Olympie[2].
Voltaire a dédié Olympie au mécène Ivan Chouvalov[3].
Inspiration
Voltaire a emprunté le sujet d’Olympie à la tragédie Cassandre de La Calprenède[4].
Contexte
Voltaire parait avoir cherché particulièrement, dans cet ouvrage, à mettre sur la scène beaucoup de spectacle et d’action, élément dont était jusque-là assez dépourvu la tragédie française. Il est assez hardi d’oser montrer la fille d’Alexandre se précipitant dans les flammes du bucher qui va consumer sa mère, et la dignité des personnages relève encore cette action grande et tragique[4].
Argument
Olympie relate le destin tragique de la famille d’Alexandre le Grand après sa mort. Le fils d’Antipatre, Cassandre, qui a assassiné Alexandre pour s’emparer du pouvoir, est épris d’Olympie, la fille de sa victime et de Statira. Cet assassinat constitue un obstacle insurmontable à toute union avec Olympie qui, pour échapper au mariage avec l’assassin de son père, préfère se précipiter dans les flammes du bûcher destiné à consumer sa mère, Statira. Désespéré par la mort d’Olympie, Cassandre se suicide.
Acteurs
- Cassandre, fils d’Antipâtre, roi de Macédoine: Lekain.
- Antigone, roi d’une partie de l’Asie : M. Bellecourt.
- Statira, veuve d’Alexandre : Mademoiselle Clairon.
- Olympie, fille d’Alexandre et de Stetira : Mademoiselle Clairon.
- L’Hierophante, ou grand- Prêtre, qui préside à la célébration des grands mystères : M. Brisard.
- Sostene, Officier de Calfan : D’Auberval.
- Hermas, Officier d’Antigone : M. Blainville.
- Une prétresse : Madame Préville.
- Initiés.
- Prêtresses.
- Peuple.
La scène est dans le temple d’Éphèse, où l’on célèbre les grands mystères. Le théâtre représente le temple, le péristyle et la place qui conduit au temple.
Réception

Olympie a été assez favorablement accueillie, avec dix représentations dans sa nouveauté[5].
Critique
Voltaire, très chatouilleux sur les critiques, a tenté de les détourner, en les devançant dans des remarques imprimées à la suite de cette pièce. Quelques critiques ont reproché à Voltaire l’usage de pantomime et de la décoration pour comprenser des vers faibles, qui ne font, pour ainsi dire, qu’indiquer le sujet ; de sorte que la pantomime et la décoration pourraient se passer de paroles, et vice-versa, sans que l’un ou l’autre en souffre : mais dans Olympie le spectacle ajoute à l’intérêt, au pathétique de la situation[6].
Il aurait fallu intéresser davantage à l’amour d’Olympie pour Cassandre, et à celui de Cassandre pour Olympie, puisqu’au sacrifice de cet amour tient tout l’effet du dénouement funeste, Olympie ne se jetant dans le bucher que pour ne pas épouser Cassandre, et Cassandre se tuant de désespoir d’avoir perdu Olympie[4].
Adaptations
Cassian Anton Roschmann (d) a traduit cette pièce en allemand, sous le titre Olimpie, ein Trauerspiel in Versen von fünf Aufzügen, en 1785[7].
Nicolas-François Guillard a écrit le livret de la tragédie lyrique en 3 actes, Olympie, sur une musique de Christian Kalkbrenner, représentée au Théâtre de la République et des Arts à Paris, le 18 frimaire an VII ()[8].