One-Million-Liter Test Sphere

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La One-Million-Liter Test Sphere, également connue sous les noms de Test Sphere, Horton Test Sphere, Cloud Study Chamber, Building 527 ou encore Eight Ball (ou « 8-ball ») est la plus grande chambre expérimentale et installation d’essais de guerre biologique jamais construite, située à Fort Detrick, dans le Maryland[1]. Elle est aujourd’hui désaffectée. Elle est construite et utilisée par les U.S. Army Biological Warfare Laboratories dans le cadre de leur programme de recherche sur la guerre biologique entre 1951 et 1969. Il s’agit de la plus grande chambre d’aérobiologie jamais construite. Le site est inscrit au National Register of Historic Places en 1977.

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One-Million-Liter Test Sphere
La sphère au Fort Detrick.
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La structure

La structure se présente comme une sphère d’acier de 12 mètres de diamètre, dotée d’une coque en acier au carbone d’une épaisseur de 25 millimètres et d’un volume total d’un million de litres, pour un poids de 131 tonnes[1].

Elle est conçue pour résister à la détonation interne de bombes biologiques sans danger pour l’extérieur. À l’origine, l’ensemble est enfermé dans un bâtiment cubique en briques de 18 mètres de côté, recouvert de panneaux métalliques. La chambre est parfaitement étanche aux gaz et climatisée. L’ensemble du complexe est maintenu sous une légère pression négative, de sorte qu’en cas de fuite, seul de l’air propre pénètre à l’intérieur, empêchant toute dispersion d’air contaminé vers l’extérieur[1].

L’installation a pour objectif l’étude des aérosols d’agents infectieux ainsi que l’essai de munitions contenant des agents pathogènes. Le dispositif est conçu pour permettre l’exposition d’animaux et d’êtres humains à des quantités précisément contrôlées de micro-organismes par voie aérosol (inhalation). Des animaux vivants, attachés, sont placés dans la chambre en même temps que des bombes de guerre biologique lors des tests d’exposition. Des volontaires humains inhalent, par des orifices disposés sur le pourtour de la sphère, des aérosols dosés contenant des agents de la fièvre Q, de la tularémie, de la fièvre jaune, de la fièvre de la vallée du Rift, de l’hépatite A, de l’Yersinia pestis (peste), ou encore de l’encéphalite équine vénézuélienne)[2].

Ces essais permettent aux chercheurs de déterminer les doses létales des agents biologiques. Les scientifiques évaluent en parallèle les méthodes de dissémination les plus efficaces des agents mortels, qu’il s’agisse de bombes ou de dispositifs de pulvérisation[2].

Histoire

1947–1969

Herbert G. Tanner, chef de la division des munitions de Camp Detrick (devenu par la suite Fort Detrick), conçoit l’idée d’un environnement clos permettant de mener des essais biologiques directement sur place, plutôt que dans des sites éloignés tels que le Dugway Proving Ground, dans l’Utah, ou Horn Island, dans le Mississippi.

L’installation est construite entre 1947 et 1948 et devient opérationnelle à Camp Detrick en 1950.

La sphère acquiert une notoriété particulière lors des études menées dans le cadre de l’Operation Whitecoat, lancée en 1954, peu avant le début de la guerre du Viêt Nam. Ce programme de recherche médicale en biodéfense est conduit par l’United States Army à Fort Detrick et repose sur des volontaires qui sont tous des objecteurs de conscience. Nombre d’entre eux appartiennent à l’Église adventiste du septième jour, désireux de rester non-combattants tout en contribuant à l’effort national[1].

Néanmoins, de nombreux vaccins destinés à protéger contre des agents de guerre biologique et certains virus sont testés pour la première fois sur des volontaires humains dans le cadre de l’Operation Whitecoat. Malgré des années d’exposition à de l’air contaminé à l’intérieur de « The 8-Ball », aucun décès n’est recensé pendant la période des essais[1].

La fiabilité du dispositif en matière de confinement des agents biologiques est attestée par un bilan de sécurité exceptionnel. En près de dix-neuf années d’exploitation quasi quotidienne, le site ne connaît aucun incident biologique. Aucun des agents hautement dangereux manipulés dans la sphère ne s’échappe, et aucun cas de maladie professionnelle n’est signalé parmi le personnel d’exploitation. Les équipes travaillent dans la zone entourant la sphère sans recourir à des protections respiratoires, celles-ci n’étant ni nécessaires ni prescrites[2].

1969–Aujourd’hui

La sphère d’essai est utilisée pour la dernière fois en 1969. En 1975, le bâtiment qui l’abrite est détruit par un incendie, mais la sphère elle-même subit peu de dommages. Aujourd’hui, elle demeure visible entre plusieurs bâtiments de Fort Detrick, vestige décontaminé et désaffecté de la guerre froide. En raison de son importance historique, elle est inscrite au National Register of Historic Places en 1977[3].

Le devenir de la majorité des participants après les expériences reste en grande partie inconnu. Sur les 2 300 volontaires ayant pris part aux différents tests, l’armée ne dispose d’adresses que pour environ 1 000 personnes. Parmi celles-ci, seuls 500 volontaires, surnommés les Whitecoats, font l’objet d’un suivi ou d’une enquête après la fin des essais[1].

Références

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