Onion Futures Act
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L'Onion Futures Act (en français « Loi sur les contrats à terme d'oignons ») est une loi des États-Unis adoptée le — et encore en vigueur en décembre 2025[1] — interdisant la négociation de contrats à terme sur les oignons ainsi que sur les recettes du box-office du cinéma[1].
La loi est adoptée après qu'en 1955 deux traders en oignons de la Chicago Mercantile Exchange, Sam Siegel et Vincent Kosuga (en), ont opéré un corner du marché à terme de l'oignon. Elle est amendée en 2010 pour ajouter les contrats à terme sur les ventes de films à la liste des contrats à terme interdits[2].
Manipulation du marché
En 1955, Sam Siegel et Vincent Kosuga achètent une quantité suffisante d'oignons et de contrats à termes d'oignons pour contrôler 99,3 % des oignons disponibles à Chicago[3]. Afin de répondre à leurs achats, des milliers de tonnes d'oignons sont expédiées à Chicago et, fin 1955, 14 000 tonnes d'oignons sont stockées dans la ville[4]. Menaçant d'inonder le marché d'oignons, Siegel et Kosugua convainquent les producteurs d'oignons d'acheter une partie de leur stock[4], promettant d'en conserver le reste afin de maintenir les prix des oignons à leur niveau[5].
Alors que les producteurs commencent à acheter des oignons, Siegel et Kosuga vendent à découvert un grand nombre de contrats à termes d'oignons, de manière à engendrer un important profit lors de la baisse orchestrée du cours de l'oignon[4]. Leurs stocks d'oignons commençant à pourrir, ils les reconditionnent avant de les expédier hors de Chicago pour les faire nettoyer et de les ré-expédier à Chicago, reconditionnés une nouvelle fois. Ces nouvelles expéditions d'oignons font penser à de nombreux traders de contrats à termes qu'il y a à Chicago un excédent d'oignons, ce qui en fait encore baisser le cours. En mars 1956, le prix du sac de 50 livres (23 kg) d'oignons descend jusqu'à 10 cents[4], alors qu'il se vendait en août 1955 à 2,75 dollars[5]. Au plus bas de leur prix, 50 livres d'oignons valent moins cher que le sac qui les contient. Des pénuries d'oignons surviennent dans d'autres parties des États-Unis, du fait de la quantité d'oignons expédiés à Chicago[6].
La vente à découvert en grande quantité de contrats à terme d'oignons de Siegel et Kosuga leur rapporte des millions de dollars, tandis que la baisse massive du cours de l'oignon conduit de nombreux producteurs à la faillite[3]. Se retrouvant avec d'importants stocks sans valeur[7], une grande partie d'entre eux sont obligés de payer pour se débarrasser de leurs oignons[8].
Mesures réglementaires
La chute rapide des cours de l'oignon attire l'attention de l'agence de régulation du Département de l'Agriculture des États-Unis, la Commodity Exchange Authority (en), qui lance une enquête[5]. En parallèle, les commissions de l'agriculture du Sénat des États-Unis et de la Chambre des représentants des États-Unis tiennent des audiences sur la question.
Au cours des audiences, la Commodity Exchange Authority estime que c'est la nature périssable des oignons qui les rend vulnérables aux fluctuations de prix[6]. En réaction, le républicain Gerald Ford, alors membre du Congrès du Michigan, propose un projet de loi sous le nom d'« Onion Futures Act » (en français « Loi sur les contrats à terme d'oignons ») interdisant les contrats à terme sur les oignons. Impopulaire auprès des négociants, le projet de loi fait l'objet d'une forte opposition de la part du président du Chicago Mercantile Exchange, E. B. Harris, pour qui il revient à « incendier la grange pour trouver un possible rat » (« burning down the barn to find a suspected rat »)[8]. La loi est cependant adoptée et promulguée par le président républicain Dwight D. Eisenhower en [8].