Opérateur de compétences
type d'organisme français chargé d’accompagner la formation professionnelle des salariés (depuis 2019)
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Un opérateur de compétences (Opco) est un organisme français agréé par l'État chargé d'accompagner la formation professionnelle des salariés. Ces organismes remplacent, depuis le , les 20 anciens organismes paritaires collecteurs agréés, dans le cadre de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » qui réforme en profondeur le système de la formation professionnelle[1].
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Missions
Financement
Les Opco assurent le financement des contrats d’apprentissage et de professionnalisation, selon les niveaux de prise en charge fixés par les branches professionnelles[2].
Appui technique
Les Opco apportent un appui technique aux branches professionnelles pour établir la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, ainsi que déterminer les niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage et des contrats de professionnalisation ; et enfin les accompagner dans leur mission de certification (construction des référentiels de certification qui décrivent précisément les capacités, compétences et savoirs exigés pour l’obtention de la certification visée).
Mise en œuvre du compte personnel de formation (CPF)
Les Opco favorisent la transition professionnelle des salariés, notamment par la mise en œuvre du compte personnel de formation dans le cadre des projets de transition professionnelle. Depuis le le financement du compte personnel de formation est assuré par la Caisse des dépôts et consignations[3].
Service de proximité
Les Opco assurent un service de proximité au bénéfice des très petites, petites et moyennes entreprises, permettant d’améliorer l’information et l’accès des salariés de ces entreprises à la formation professionnelle, ainsi que d’accompagner ces entreprises dans l’analyse et la définition de leurs besoins en matière de formation professionnelle, notamment au regard des mutations économiques et techniques de leur secteur d’activité.
Les 11 Opco
- Afdas : culture, industries créatives, médias, langues, communication, télécommunication, sport, loisirs, divertissements culturels[4]
- Akto : entreprises et services à forte intensité de main-d’œuvre (chaînes de restaurants, portage salarial, enseignement privé, restauration rapide, activité du déchet, travail temporaire, propreté, …)[5]
- Constructys : construction au service des entreprises et salariés du bâtiment, du négoce des matériaux de construction, négoce de bois et des travaux publics[6]
- Ocapiat : coopération agricole, agriculture, pêche, industrie agroalimentaire, territoires[7]
- Atlas : assurances, banques, finances, audit et consulting, bureaux d'études, conseil (ingénierie d'expertise, numérique, événementiel)[8], qui possède 4 marques et sites dédiés à l'orientation : J'assure mon futur[9], Concepteurs d'Avenirs[10], Je Compte[11] et J'investis l'avenir
- Opco EP : entreprises de proximité (artisanat, professions libérales, …)[12]
- L'Opcommerce : entreprises du commerce (vente, négoce, commerce de détail, commerce de gros, import-export…)[13]
- Opco Mobilités : automobile, ferroviaire, transport urbain, transports routiers de voyageurs et marchandises, logistique, services, transport maritime, fluvial, ports, tourisme…[14]
- Opco Santé : secteur privé de la santé (médico-social, santé au travail, hospitalisation privée...)[15]
- Opco 2i : industrie (plasturgie, métallurgie, pharmaceutique, pétrole, papiers-cartons, céramique, ameublement, textile, bijouterie…)[16]
- Uniformation : cohésion sociale et culturelle : potection sociale, centres socio-culturels, familles rurales, animation culturelle, aide à domicile, France Travail, Ateliers et chantiers d'insertion, régies de quartier, habitat social…)[17]
Évaluation
Un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a évalué l’efficience de ces onze Opco, confirmant leur efficacité dans le conseil aux entreprises, l’attractivité des métiers, le développement de l’apprentissage et la mise en place d’outils numériques, mais soulignant aussi des coûts de fonctionnement élevés et très variables, liés à la hausse des effectifs et à la dégradation de leur situation financière[18].
Le rapport, rendu le , recommande des mesures fortes d'efficience (rationalisation de la gestion des contrats d'apprentissage et des dossiers de formation (« la gestion des dossiers de formation mobilise 42 % des effectifs des Opco (...) Le coût moyen de gestion d'un contrat d'apprentissage se situe autour de 200 €, nettement plus élevé que celui des autres dossiers de formation ») ; réduction des surfaces immobilières ; mutualisation des systèmes d'information et financement des missions d'appui aux branches, représentant plus de 200 M€ et 1 500 emplois d'économies sur un total de 720 M€ de frais et 6 300 salariés en 2024[18].
Il invite aussi à renforcer les missions de conseil et de contrôle pour lutter contre la fraude ; envisager le transfert de la gestion des contrats d’apprentissage à l'Agence de services et de paiement (ASP), ce qui pourrait selon la Cour des comptes générer 100 M€ d’économies ; améliorer le pilotage financier des Opco par la délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle[18].
Accompagnement des transitions liées à l'intelligence artificielle
Depuis 2023, les opérateurs de compétences ont progressivement intégré l'intelligence artificielle à leurs priorités de financement et à leurs dispositifs d'accompagnement, en réponse aux transformations induites sur les métiers couverts par leurs branches respectives. Ces démarches combinent études prospectives, observatoires sectoriels, actions de formation financées et développement de certifications dédiées.
L'AFDAS, opérateur de compétences de la culture, des médias et des industries créatives, s'est associé en 2024 à Audiens et au Centre national du cinéma et de l'image animée pour créer un observatoire des métiers à l'heure de l'IA, destiné à mesurer les effets de l'intelligence artificielle générative sur l'emploi et les compétences dans les filières cinématographique, audiovisuelle, des médias et du jeu vidéo[19]. L'observatoire publie des notes de conjoncture trimestrielles consacrées à des familles de métiers spécifiques et une étude commune publiée en 2025 a mis en évidence un écart croissant entre la rapidité d'adoption des outils d'IA générative dans ces secteurs et la structuration de l'offre de formation correspondante[20].
L'Opco Atlas, opérateur de compétences des services financiers, du conseil et des bureaux d'études techniques, a publié en une étude concluant que 80 % des métiers des services financiers et du conseil sont affectés par l'essor de l'intelligence artificielle, dont 23 % en forte transformation[21]. En 2025, l'opérateur a intégré à son catalogue campusAtlas une certification professionnelle de branche intitulée « Concevoir et implémenter une solution d'IA », déclinée en plusieurs parcours et financée à hauteur de cent pour cent pour les salariés des entreprises adhérentes[22]. La branche des bureaux d'études techniques a par ailleurs lancé en , avec l'appui d'Atlas, une plateforme de micro-certification nommée « Savoirs d'Avenirs », organisée autour du micro-learning et de la délivrance de badges, et couvrant notamment la transition numérique et l'intelligence artificielle[23].
Ces dispositifs s'inscrivent dans le cadre plus large du plan de développement des compétences financé par les opérateurs, avec des taux de prise en charge plus élevés pour les entreprises de moins de cinquante salariés. Certaines actions peuvent également être cofinancées par le Fonds social européen plus, dont plusieurs appels à projets régionaux ciblent spécifiquement la transition numérique, ou par le dispositif FNE-Formation, qui a intégré « Big data, IA et IoT » parmi ses thématiques éligibles au titre des transitions numériques.
Identification du rattachement à un OPCO
Le rattachement d’une entreprise à un OPCO est déterminé par sa convention collective, identifiée par un code de l'Identifiant De la Convention Collective (IDCC) à quatre chiffres, lui-même lié au code APE/NAF attribué par l’INSEE lors de l’immatriculation. La chaîne de correspondance code APE → IDCC → OPCO constitue la base du système de rattachement. Un même code APE peut cependant correspondre à plusieurs conventions collectives différentes, rendant la détermination de l’OPCO non univoque par la seule activité[24].
