Ordre hospitalier
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Type |
|---|
Un ordre hospitalier est un ordre religieux chrétien fondé dans le but initial d’assurer l’hospitalité auprès de pèlerins, de voyageurs ou de malades.
Les ordres hospitaliers trouvent leur origine dans des groupes de personnes pieuses qui, poussées par un idéal religieux chrétien, s’associèrent dans le but de rendre un service particulier dans l’Église, souvent un service aux plus faibles ou aux personnes en danger (malades, voyageurs, pèlerins).
Le premier ordre hospitalier vit le jour au monastère bénédictin de Sainte-Marie-Latine, fondé à Jérusalem au milieu du XIe siècle par des marchands amalfitains : le supérieur, Frère Gérard, créa vers 1080, à côté du monastère, une nouvelle « hostellerie » (ou hospice) et une église dédiées dans un premier temps à saint Jean l'Aumônier ; c'est l'origine de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
Dans le but de défendre les pèlerins chrétiens en Terre sainte (un service d'Église devenu pressant), la plupart des ordres hospitaliers devinrent également des ordres militaires à l'image des Templiers.
Les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem
Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem sont fondés à Jérusalem par un groupe dirigé par Frère Gérard (appelé par erreur de traduction Gérard Tenque). Leur hôpital saint Jean l'Aumônier, au service des pèlerins malades, est ouvert en 1080. C'est le premier ordre à être reconnu comme hospitalier par le pape Pascal II en 1113. L'Ordre est alors organisé en trois fonctions, les frères clercs, les frères laïcs et les frères convers qui tous doivent les soins aux malades. Leur participation aux batailles d'Ascalon (1154) et de Saint-Jean-d'Acre (1151) contre les Sarrasins est décisive. À l'image des Templiers, l'Ordre se militarise pour devenir un ordre militaire qui comprend trois catégories : frères chapelains, frères chevaliers et frères servants. Cette organisation en trois classes sans subdivision restera toujours celle des Hospitaliers, nom finalement donné aux membres de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Au fil de leur histoire mouvementée, les chevaliers hospitaliers deviennent successivement chevaliers de Rhodes et enfin chevaliers de Malte. Même si l’aspect militaire prit le dessus lors de leur occupation de l'île de Malte, l’Ordre garda toujours une dimension hospitalière. Leur hôpital de La Valette, à Malte, était au XVIIIe siècle un des meilleurs d’Europe. L'Ordre connut une longue éclipse après son expulsion de Malte par le général Bonaparte sur la route de sa campagne d'Égypte. L'éclatement de l'Ordre est à l'origine de plusieurs ordres actuels à caractère humanitaire comme l'ordre souverain de Malte ou l'ordre protestant de Saint-Jean ou à caractère honorifique comme le très vénérable ordre de Saint-Jean.
Les hospitaliers de l'ordre de Saint-Lazare de Jérusalem
Les Lazaristes (« chanoines hospitaliers de Saint-Lazare ») sont fondés vers 1140, en Terre sainte par des lépreux au service des lépreux. L’Ordre se militarise sous le nom de « ordre de Saint-Lazare » et doit quitter la Terre sainte après la chute de Saint-Jean-d’Acre. Il se transforme en France en « ordre de Saint-Lazare ». Au XVe siècle l’Ordre périclite rapidement et est incorporé aux différents autres ordres hospitaliers suivant les pays d'implantation.
Les hospitaliers de Sainte-Marie-des-Teutoniques de l'ordre Teutonique
Les Hospitaliers de Sainte-Marie-des-Teutons à Jérusalem (Ordre teutonique) seraient nés d'un hôpital en Terre sainte pour les chevaliers germaniques. À un siècle de distance les « Hospitaliers de Sainte-Marie-des-Teutons à Jérusalem » (ordre Teutonique) suivent la même évolution que les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
En 1190, les villes de Lübeck et de Brême construisent à Saint-Jean-d'Acre un hôpital pour leurs pèlerins. Dès 1191, les religieux sont reconnus comme hospitaliers par Clément III (suivant la règle de Saint-Jean de Jérusalem). Déjà en 1198, ils se battent contre les Turcs aux côtés des Hospitaliers de Saint-Jean et des Templiers. Après la chute de Saint-Jean-d'Acre, ils s'établissent à Mariembourg (1309). En 1525 le grand maître, Albert de Brandebourg passe à la Réforme et y entraîne l’Ordre.
Les dernières commanderies ou maisons sont supprimées par Napoléon.
Hospitaliers de l’ordre de Saint-Thomas d'Acre
Après la prise de Saint-Jean-d'Acre en 1191, William, aumônier du doyen de Saint-Paul de Londres, forma un ordre religieux dédié à saint Thomas Becket, composé de chanoines qui prononçaient les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, et se consacraient au soin des pauvres et des malades, particulièrement parmi les pèlerins anglais.
Réformé dans les années 1220 par l’évêque de Westminster, Pierre des Roches, il devint un ordre religieux militaire sur le modèle des Teutoniques, dont il adopta la règle. Après la chute d’Acre, en 1291, l'ordre de Saint-Thomas se replia à Chypre.
Au début du XIVe siècle un schisme divisa l'Ordre quant au maintien du rôle militaire de l'Ordre. Replié à Londres après les années 1360, l’Ordre y abandonna la règle teutonique pour celle de saint Augustin et se consacra aux soins des malades et à l'enseignement. Il fut finalement dissous par le roi Henri VIII au début du XVIe siècle et ses biens furent acquis par la confrérie des merciers de Londres.