Ordres mineurs

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Dans la religion catholique, les ordres mineurs étaient des ministères ou fonctions, plus étroitement liés à la liturgie, qui ont été considérés comme des institutions précédant la réception des ordres majeurs ou sacrés[1].

Céroféraires (acolytes) dans La Messe de Bolsena, fresque de Raphaël, 1514.

Église latine

Dans l'Église latine, ces ordres mineurs étaient au nombre de quatre, selon la hiérarchie croissante :

Depuis l'entrée en vigueur du motu proprio du pape Paul VI Ministeria quaedam du , l'acolytat et le lectorat sont appelées ministères institués[2].

Les communautés (instituts de vie consacrée et sociétés de vie apostolique) qui maintiennent ce que le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI appelle forme tridentine du rite romain peuvent utiliser encore le Pontifical romain en vigueur en 1962 (dix ans avant le Ministeria quaedam) pour conférer les ordres mineurs[3]. Ceux qui reçoivent ces ordres mineurs restent dans le laïcat, parce qu'on ne devient clerc que par l'ordination diaconale[4].

Parmi les hommes célèbres qui ont reçu les ordres mineurs sans devenir diacres ou prêtres on trouve les noms de Giacomo Casanova[5], Joseph Fouché et Franz Liszt[6].

Avant l'entrée en vigueur du Code de droit canonique de 1917, on pouvait devenir cardinal sans avoir reçu les ordres majeurs. Ainsi Ferdinand d'Autriche (1609-1641) fut nommé cardinal à l'âge d'environ 10 ans. En effet les ordres mineurs pouvaient être conférés à des enfants encore plus jeunes[7],[8].

Ministères institués

Suite à Ministeria quaedam, sont conservés pour toute l'Église latine les ministères institués de lecteur et acolyte, et ce dernier peut en certains lieux, au jugement de la conférence épiscopale, porter le nom de sous-diaconat[9].

Outre ces deux ministères institués, les conférences épiscopales sont autorisées à proposer au Saint-Siège « celles dont elles auraient jugé, pour des raisons particulières, l'institution nécessaire ou très utile dans leur propre région. De cette catégorie relèvent, par exemple, les fonctions de portier, d'exorciste et de catéchiste, et d'autres encore, confiées à ceux qui sont adonnés aux œuvres caritatives, lorsque ce ministère n'est pas conféré à des diacres[1]». La seule conférence qui a montré un intérêt est la Conférence des évêques de France, mais sans faire aucune proposition concrète[10].

Dans son exhortation apostolique Evangelii nuntiandi du 8 décembre 1975, le pape Paul VI envisage également d’autres « ministères, nouveaux en apparence mais très liés à des expériences vécues par l’Église tout au long de son existence — par exemple ceux de catéchètes, d’animateurs de la prière et du chant, des chrétiens voués au service de la Parole de Dieu ou à l’assistance des frères dans le besoin, ceux enfin des chefs de petites communautés, des responsables de mouvements apostoliques ou autres responsables — […] »[11].

Le 11 janvier 2021, par le motu proprio Spiritus Domini, le pape François ouvre aux femmes l’accès aux ministères institués de lecteur et d’acolyte[12]. Quatre mois plus tard, le 11 mai 2021, par le motu proprio Antiquum ministerium, le pape François crée le ministère de catéchiste[13].

Les ministères institués peuvent être exercés par des laïcs[14], mais les candidats au diaconat et au presbytérat doivent être institués comme lecteurs et acolytes et exercer ces deux ministères pendant une période convenable[15],[16].

Déjà avant 1972 on considérait que ce qu'on appelait l'ordination aux quatre ordres mineurs n'était pas un des sept sacrements mais un sacramental [17],[7]. Et certains prêtres, sans le caractère épiscopal, pouvaient les conférer comme ministres extraordinaires[18].

Églises catholiques orientales

Selon le canon 327 du Code des canons des Églises orientales, les Églises catholiques orientales ont leurs propres ordres mineurs (acolyte, chantre, sous-diacre) qui sont régis par le droit particulier de leur église sui juris[19].

Notes et références

Articles connexes

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