Organisme dégradant le plastique
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Les organismes dégradant le plastique sont une source d'intérêt de la part de la communauté scientifique face à l'accumulation préoccupante des déchets en matière plastique notamment dans les océans.
Les études de métagénomique environnementale ont permis d'identifier de nombreuses enzymes capables de dégrader de plastique[1].

Parmi les organismes vivants dont on a découvert une aptitude à dégrader le plastique, on peut citer :
- Bactérie mangeuse de nylon est la souche Flavobacterium sp. KI72 capable de digérer certains sous-produits de nylon ;
- Galleria mellonella ou « fausse teigne de la cire » est un insecte lépidoptères de la famille des Pyralidae vivant en Europe et dont on a découvert en 2017 une aptitude à dégrader le polyéthylène[2],[3]. La chenille de ce papillon qui dans la nature consomme les rayons de cires des ruches domestiques ou sauvages se montre aussi capable de percer ou dégrader un film de polyéthylène[4].
- Ideonella sakaiensis, une bactérie aérobie découverte en 2016 au Japon, permet la dégradation du PET[5] ; en 2018 une étude menée pour comprendre le fonctionnement de son enzyme PETase a conduit fortuitement à produire une enzyme d'une plus grande efficacité[6],[7] ;
- Pestalotiopsis microspora est une espèce de champignons endophytes capable de décomposer et digérer le polyuréthane[8] dans un milieu anaérobie ;
- Ténébrion meunier (Tenebrio molitor) est un insecte coléoptère de la famille des ténébrionidés qui affectionne notamment les farines de céréales et dont la larve se montre capable de manger certaines formes de polystyrène expansé[9]. Une expérimentation montre qu'il faut 138 jours à 100 vers de farine pour manger un Masque de protection FFP jetable réduit en microparticules de plastique mélangées à du son de blé. Ce qui serait insuffisant pour intégrer ce processus dans une chaîne alimentaire durable au sein d'un système d'élevage[10],[11].
- Zophobas atratus est aussi un insecte coléoptère de la famille des ténébrionidés dont les larves sont capables de digérer le plastique[10],[11].
En 2025, une bactérie E. coli génétiquement modifiée permet de transformer le PET en paracétamol[12],[13].
Références
- ↑ Jan Zrimec, Mariia Kokina, Sara Jonasson et Francisco Zorrilla, « Plastic-Degrading Potential across the Global Microbiome Correlates with Recent Pollution Trends », mBio, vol. 12, no 5, , p. 10.1128/mbio.02155–21 (DOI 10.1128/mbio.02155-21, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Nathaniel Herzberg, « Une chenille dévoreuse de plastique fait rêver les scientifiques », le monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Paolo Bombelli, Christopher J. Howe et Federica Bertocchini, « Polyethylene bio-degradation by caterpillars of the wax moth Galleria mellonella », Current Biology, vol. 27, no 8, , R292–R293 (ISSN 0960-9822, PMID 28441558, DOI 10.1016/j.cub.2017.02.060, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Futura avec ETX Daily Up, « La salive d’une larve pour dévorer le plastique de nos emballages », sur Futura, (consulté le )
- ↑ Shosuke Yoshida, Kazumi Hiraga, Toshihiko Takehana et Ikuo Taniguchi, « A bacterium that degrades and assimilates poly(ethylene terephthalate) », Science (New York, N.Y.), vol. 351, no 6278, , p. 1196–1199 (ISSN 1095-9203, PMID 26965627, DOI 10.1126/science.aad6359, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Anne Cagan, « Des chercheurs ont conçu par hasard une enzyme capable de détruire le plastique plus efficacement », sur Journal du Geek, (consulté le )
- ↑ Harry P. Austin, Mark D. Allen, Bryon S. Donohoe et Nicholas A. Rorrer, « Characterization and engineering of a plastic-degrading aromatic polyesterase », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 115, no 19, , E4350–E4357 (ISSN 1091-6490, PMID 29666242, PMCID 5948967, DOI 10.1073/pnas.1718804115, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Jonathan R. Russell, Jeffrey Huang, Pria Anand, Kaury Kucera, Amanda G. Sandoval, Kathleen W. Dantzler, DaShawn Hickman, Justin Jee, Farrah M. Kimovec, David Koppstein, Daniel H. Marks, Paul A. Mittermiller, Salvador Joel Núñez, Marina Santiago, Maria A. Townes, Michael Vishnevetsky, Neely E. Williams, Mario Percy Núñez Vargas, Lori-Ann Boulanger, Carol Bascom-Slack, and Scott A. Strobel, « Biodegradation of Polyester Polyurethane by Endophytic Fungi », Applied and Environmental Microbiology, Washington, DC, American Society for Microbiology, vol. 77, no 17, , p. 6076-6084 (ISSN 1098-5336, PMID 21764951, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Yu Yang, Jun Yang, Wei-Min Wu et Jiao Zhao, « Biodegradation and Mineralization of Polystyrene by Plastic-Eating Mealworms: Part 1. Chemical and Physical Characterization and Isotopic Tests », Environmental Science & Technology, vol. 49, no 20, , p. 12080–12086 (ISSN 0013-936X, DOI 10.1021/acs.est.5b02661, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (en) Susan Milius, « Here’s how long it would take 100 worms to eat the plastic in one face mask », sur Science News,
- 1 2 (en) Shim Gicole, Alexandra Dimitriou, Natasha Klasios et Michelle Tseng, « Partial consumption of medical face masks by a common beetle species », Biology Letters, vol. 20, no 12, (ISSN 1744-957X, PMID 39626762, PMCID PMC11614548, DOI 10.1098/rsbl.2024.0380, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Des bactéries transforment du plastique en paracétamol », sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ (en) Nick W. Johnson, Marcos Valenzuela-Ortega, Thomas W. Thorpe et Yuta Era, « A biocompatible Lossen rearrangement in Escherichia coli », Nature Chemistry, vol. 17, no 7, , p. 1020–1026 (ISSN 1755-4349, DOI 10.1038/s41557-025-01845-5, lire en ligne, consulté le )