Origine des termes féministe et féminisme

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L'origine des termes féministe et féminisme se trouve en France, au XIXe siècle, et permet de qualifier les actions et les personnes luttant pour améliorer la condition des femmes.

Les néologismes féminisme et féministe sont héritiers de discours réactionnaires envers les militantes pour les droits des femmes, qui les perçoivent comme des monstres menaçant l'ordre sexué qui créeraient une « confusion des sexes ». Ainsi, le mot féminisme est d'abord utilisé dans une publication médicale en 1871 pour désigner des hommes tuberculeux qui développent des traits féminins . S'inspirant de l'usage médical, le terme féministe est utilisé de manière péjorative par Alexandre Dumas (fils) en 1872 pour qualifier les hommes qui se rangent du côté des droits des femmes. Dans les deux cas, le féminisme désigne un manque de virilité et s'utilise pour qualifier des individus qui transgressent la distinction entre hommes et femmes.

Dix ans plus tard, le terme est repris par des militantes afin de retourner le stigmate. Le mot féministe est utilisé par la suffragiste Hubertine Auclert en 1882, dans le sens de la lutte pour améliorer la condition féminine. Le substantif et son adjectif entrent progressivement dans le vocabulaire, et leur usage commence à se généraliser dans le débat public à la fin du XIXe siècle.

Confusion des sexes et stigmate du monstre

Les revendications et la lutte pour les droits des femmes remontent bien avant l'apparition des termes féminisme et féministe : Laurence Klejman situe l'émergence de ces idées à la Renaissance, et leur consolidation à la Révolution française[1]. Ce courant ne dispose pas d'un texte fondateur, mais apparaît progressivement en Europe, aux États-Unis et en Australie, ce qui explique que « les actes ont précédé le mot »[1].

Le terme « féminisme » est souvent attribué au philosophe français Charles Fourier (1772-1837), dans une publication de 1808, de 1837 voire dans une publication posthume en 1841[2]. Cependant, s'il se montre bien par ses écrits un défenseur de la liberté des femmes et de l'égalitarisme, le terme n’apparaît pas sous sa plume[3].

Pendant la Révolution française, les femmes qui s'engagent contre l'oppression féminine et réclament davantage de droits (comme Olympe de Gouges en France, Etta Palm d’Aelders aux Provinces-Unies ou encore Mary Wollstonecraft en Grande-Bretagne) suscitent une très forte opposition. Perçues comme une menace à l'ordre sexué et la répartition sexuée des rôles sociaux, elles sont vues comme une menace et accusées de créer une « confusion des sexes ». On les nomme « viragos » (terme désignant une femme autoritaire et masculine) et on les décrit comme des « femmes-hommes » ou des « « êtres mi-hommes mi-femmes » ». Ce stigmate repose sur la figure du monstre et vise à disqualifier les militantes de cette période[4]. Pour s'en défaire, certaines comme Olympe de Gouge tentent de retourner le stigmate en se le réappropriant. De Gouges déclare ainsi peu avant son exécution « Je suis un animal sans pareil, je ne suis ni homme, ni femme. J’ai tout le courage de l’un, et quelque fois les faiblesses de l’autre »[4].

Usage médical du terme féminisme (1871)

Définition du féminisme pour qualifier des hommes atteints de tuberculose et présentant des caractéristiques physiques jugées féminines (thèse de médecine, 1871). Il s'agit de la première occurrence du terme « féminisme ».

Durant le XIXe siècle, les médecins cherchent à naturaliser les inégalités entre les sexes en associant aux femmes le rôle de mère et d'épouse. Celles qui le refusent sont qualifiées de déviantes et reçoivent elles aussi le stigmate du monstre. Il en va de même pour des écrivaines. C'est dans ce contexte de peur de confusion des sexes qu'apparaît pour la première fois le terme féminisme[5], dans la thèse de médecine de Ferdinand-Valère Faneau de la Cour[4], Du féminisme et de l'infantilisme chez les tuberculeux[a 1], consacrée aux hommes atteints de tuberculose qui développent des traits corporels jugés féminins. Le mot féminisme sert ici à désigner une pathologie[6], un développement corporel et sexuel jugé incomplet.

Alexandre Dumas fils est le premier à utiliser le terme féministe dans L'Homme-femme en 1872, de manière péjorative : « Les féministes, passez-moi ce néologisme, disent [...] : Tout le mal vient de ce qu'on ne veut pas reconnaître que la femme est l'égale de l'homme, qu'il faut lui donner la même éducation et les mêmes droits qu'à l'homme. [...] Nous nous permettons de répondre aux féministes que ce qu'ils disent là n'a aucun sens »[a 2],[2]. Dumas utilise le qualificatif « féministe » pour désigner les hommes qui se rangent du côté des femmes s'inspirant peut-être du sens médical de ce terme[1]. L'historienne Caroline Fayolle écrit à ce propos que « par ce néologisme, [Alexandre Dumas] exprime son mépris envers ces hommes qui auraient perdu leurs attributs virils ». Bien que le mot ait changé de définition, il garde la trace du stigmate du monstrueux, d'une catégorie hybride d'homme-femme[4].

Avant , le terme féminisme est très rare et sert à parler des caractéristiques propres aux femmes[Interprétation personnelle ?]. Ainsi, dans le Salon de , il est dit « Une femme enfin, Mme Browne, a pénétré dans les harems, et nous en a rapporté de petits poèmes de grâce, d'afféterie, de féminisme qu'un homme n'eût jamais saisis »[a 3]. On trouve aussi le mot avec ce sens dans un ouvrage de de Jean-Baptiste Fonssagrives qui indique « chaque sexe a, dès l'enfance son individualité bien tranchée (...) Voilà donc bien démontré, je l'espère, le féminisme physique de la petite fille ». En écrivant cela, Fonssagrives utilise le terme de féminisme physique pour montrer par des chiffres que la petite fille est sujette à des conditions physiques différentes du petit garçon, avant de traiter les autres caractères attribués au genre féminin comme l'âme et l'esprit déjà présents chez la petite fille[a 4].[source secondaire nécessaire]

Redéfinition des termes féminisme et féministe

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Notes et références

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