Apprentis d'Auteuil
fondation éducative située à Paris, France
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La fondation Apprentis d’Auteuil est une fondation française catholique, reconnue d'utilité publique, dont la tutelle est confiée par l'archevêché de Paris à la congrégation du Saint-Esprit[1].
| Fondation |
|---|
| Type | |
|---|---|
| Forme juridique |
Fondation |
| Domaine d'activité |
Enseignement secondaire technique ou professionnel |
| Siège |
Paris (40, rue Jean-de-La-Fontaine, 75016) |
| Pays |
| Fondateur | |
|---|---|
| Président |
Jean-Marc Sauvé (depuis ) |
| Directeur |
Jean-Baptiste Chasseloup de Chatillon (depuis ) |
| Personnes clés |
Véronique Fayet (vice-président (d)) |
| Organisme affilié |
Fondation Maître Léonard Foujita (d) |
| Chiffre d'affaires | |
| Récompense | |
| Site web |
| SIREN | |
|---|---|
| TVA européenne | |
| OpenCorporates |
C'est une œuvre sociale qui se consacre à l'accueil, l'éducation, la formation et l'aide à l'insertion des jeunes en difficulté sociale, ainsi qu'à l'accompagnement des familles dans le cadre d'une démarche préventive, en France et à l’international[2].
Depuis les années 2010, elle développe également une activité de plaidoyer en faveur de la jeunesse en difficulté.
La fondation est accréditée à l'ECOSOC, le Conseil économique et social des Nations unies[3] et bénéficie du Label IDEAS[4].
Historique
Dénomination
Nommée les Orphelins apprentis d'Auteuil jusqu’en 2009 avec le sigle OAA, puis Fondation d'Auteuil[5],[6], puis fondation Apprentis d'Auteuil depuis 2020[7],[8], la fondation communique sous le nom de marque Apprentis d'Auteuil.
Grandes étapes
Fondée en 1866 par l’abbé Louis Roussel pour accueillir et former des orphelins dans le quartier d’Auteuil à Paris, l’œuvre se structure autour d’ateliers professionnels associant hébergement, éducation et apprentissage[9].
Dans l’entre‑deux‑guerres, le père Daniel Brottier impulse son expansion, modernise les installations et obtient en 1929 la reconnaissance d’utilité publique[9].
Après la Seconde Guerre mondiale, l’institution étend ses maisons en France métropolitaine et outre‑mer, s’adapte aux politiques de protection de l’enfance et commence à accueillir des filles[9].
À partir des années 1980‑1990, elle s’intègre davantage au système de l’Éducation nationale, développe des formations qualifiantes et diversifie ses dispositifs d’accueil et d’insertion[9].
Devenue fondation de droit privé reconnue d’utilité publique et prenant le nom d’« Apprentis d’Auteuil », elle accompagne aujourd’hui des jeunes et des familles en difficulté en France et à l’international[9].
Activités
Apprentis d’Auteuil développe principalement des activités d’accueil, d’éducation, de formation et d’insertion en direction de jeunes en difficulté et de leurs familles, en France et à l’international[10]. Elle anime pour cela un réseau d’établissements et de dispositifs relevant notamment :
- de la protection de l’enfance (maisons d’enfants, internats éducatifs, accueils de jour)[11] ;
- de la scolarisation et de la formation professionnelle (écoles, lycées professionnels, centres de formation)[12] ;
- de l’insertion sociale et professionnelle (dispositifs de remobilisation, chantiers d’insertion, accompagnement vers l’emploi)[13] ;
- de l’accompagnement des familles (soutien à la parentalité, lieux d’écoute, actions collectives)[14].
Elle mène en outre une activité de plaidoyer sur la protection de l’enfance, l’éducation, la formation, l’insertion et le soutien à la parentalité[15].
Établissements

Le siège des Apprentis d'Auteuil est situé au 40, rue Jean-de-La-Fontaine (Paris). Le site accueille également la Maison d'enfants à caractère social (MECS) Sainte-Thérèse, l'accueil de jour Saint-Gabriel-et-Oscar-Romero, un internat et le lycée technologique et professionnel Sainte-Thérèse[16] (dont l'entrée principale se trouve villa Mozart). Il est bordé par le jardin de la Fondation-d'Auteuil.
En 2024, Apprentis d’Auteuil compte environ 430 établissements et dispositifs en France métropolitaine et outre‑mer[17],[18]. Ils se répartissent sur tout le territoire selon six grandes régions : Île-de-France, Nord-Ouest, Nord-Est, Sud-Ouest, Sud-Est et Outre-Mer.
En 2024, la Fondation Apprentis d'Auteuil compte 8 000 salariés et 2 000 bénévoles[19].
L'organisation compte 26 types d'établissements, de la crèche au centre de formation continue, en passant par la maison d'enfance à caractère social. Exemples :
- Château des Vaux à La Loupe en Eure-et-Loir (28)[20],
- Maison d'enfants à caractère social Pierre Carpentier à Abbeville Somme (80),
- Internat au château de Grignon à Orly, renommé Maison Jean-XXIII,
- Plusieurs établissements à Saint-Antoine à Marcoussis, dont un lycée horticole,
Plaidoyer
Depuis 2010, Apprentis d’Auteuil développe une activité de plaidoyer, afin d'infléchir les politiques publiques en faveur des jeunes et des familles en difficulté, dans ses différents domaines d'action et d'expertise : protection de l'enfance, éducation et scolarité, formation et insertion, accompagnement des parents. La fondation agit également dans ce domaine à l'international, avec ses partenaires locaux.
Au-delà de ses interventions auprès des élus, des décideurs et des institutions, la fondation profite des échéances présidentielles et législatives pour porter sur le devant de la scène des propositions concrètes en faveur de la jeunesse en difficulté, sous forme d’un livre à destination des candidats :
- 2011 : « Plaidoyer pour la jeunesse en difficulté, l'urgence d'agir »[22]. Le livret adressé aux parlementaires insiste sur la nécessité de réagir face à l'ampleur du décrochage scolaire.
- 2016 : « Prendre le parti des jeunes, petit bouquin d'utilité publique »[23]. En quatre chapitres (Famille, école, emploi, engagement citoyen) et 20 propositions, la Fondation donnent quelques pistes très concrètes pour révolutionner l'accompagnement des jeunes.
Financement
Fondation à but non lucratif, elle repose sur un modèle de financement mêlant contributions publiques et ressources privées. En 2024, les ressources de la fondation s’élèvent à environ 584 millions d’euros, dont 59 % de financements publics, principalement des contributions de l’Aide sociale à l’enfance et d’autres collectivités[24]. Les 41 % restants proviennent de financements privés, essentiellement des dons, legs et actions de mécénat, ainsi que de produits d’activités propres[25].
Directions
Présidences
- Bernard Prévost : de 2009 à 2018,
- Jean-Marc Sauvé : 2018 à 2026 [26]
- François Villeroy de Galhau Depuis 2026
Directions générales
- Jean Gosselin premier directeur général laïque : de 1973 à 1991
- Hugues Renaudin : de 1991 à ?
- François Content : de 1997 à 2015
- Nicolas Truelle : de 2015 à 2024[27],[28],[29]
- Jean-Baptiste de Chatillon : depuis 2024[29].
Anciens élèves
Dossiers judiciaires
Maison du Saint-Esprit d'Orly (1997)
En , l’éducateur Philippe Guillemin est condamné à quinze ans de réclusion criminelle pour viol et agressions sexuelles sur un enfant de neuf ans au sein de la maison du Saint-Esprit d’Orly. En 2005, la victime assigne au civil la directrice de l’établissement et l’association des Orphelins apprentis d’Auteuil pour défaut de signalement, mais le tribunal de grande instance de Paris rejette ses demandes[33].
Affaire Jacques Daheron (2001)
Le , le prêtre Jacques Daheron, salarié de l'établissement durant 40 ans, est incarcéré, soupçonné d'« agression sexuelle sur mineur par personne ayant autorité » sur trois enfants[34],[35]. La fondation révèle l’affaire et se porte partie civile[36],[37].
En 2001, l'Observatoire des violences, accidents et infractions graves est mis en place à la suite de l'affaire Daheron[38].
Lors de son procès, le prêtre reconnaît des attouchements sexuels, des demandes de fellation et des viols commis pendant plusieurs années, et est condamné en 2003 à six ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur trois mineurs. En 2005, la cour d’appel de Paris engage également la responsabilité civile de la fondation, juge les premières indemnités insuffisantes, condamne conjointement le prêtre et l’institution à verser des dommages et intérêts à la victime et à sa mère et ordonne une expertise médicale[39].
Collège Sainte-Bernadette de Pau
Agression sexuelle (2021)
En , une élève, âgée de 14 ans, du collège Sainte-Bernadette des Apprentis d'Auteuil à Pau, indique être victime d'agression sexuelle. Un signalement auprès du procureur de la République de Pau est immédiatement effectué. Le surveillant d’internat de l'établissement est accusé, démis de ses fonctions puis licencié. En 2019, le surveillant avait déjà fait l'objet d'une enquête interne pour des faits similaires, mais sans aboutir à une mise en cause[40],[41].
Agressions sexuelles, viol et violences avec arme (2024 et 2025)
En , deux enquêtes pour agressions sexuelles, entre élèves, sont engagées concernant le collège Sainte-Bernadette de Pau. Depuis plusieurs années des parents et des membres de l'équipe éducative y décrivent un climat de violence permanent[42],[43].
En , une enquête est ouverte à l'encontre d'un élève de 14 ans qui aurait forcé une élève à lui faire une fellation pendant un cours d'histoire géo. Puis l'agresseur serait revenu dans l'école pour agresser la victime avec un couteau[44].
