Oscar Cullmann

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Oscar Cullmann est le dernier d'une famille de neuf enfants[1]. Né à Strasbourg, il fait ses études secondaires au Gymnase Jean-Sturm, avant d'entreprendre des études de théologie et de langues bibliques, grec, araméen et hébreu, à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg et à la Faculté de théologie protestante de Paris. Il devient assistant de grec à la Faculté de Strasbourg en 1927, puis soutient en 1930 une thèse de doctorat sur le roman pseudo-clémentin.

Il devient maître de conférences à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg (1930-1938), puis est nommé professeur de Nouveau Testament et d'histoire ancienne de l'Église à Bâle (1938), où il effectue l'essentiel de sa carrière universitaire, jusqu'à sa retraite en 1972. Il dirige également, à partir de 1941, le foyer des étudiants, l'Alumneum, assisté dans cette fonction par sa sœur. Oscar Cullmann est à plusieurs reprises doyen de la faculté de théologie protestante de Bâle, et exerce la fonction de recteur de cette université en 1968.

Cullmann donne des enseignements à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg (1945-1948), à la Faculté de théologie protestante de Paris (1954-1968) et à l'École pratique des hautes études (1949-1972). Il donne également des enseignements à la Faculté de théologie vaudoise de Rome, ainsi qu'à Harvard et à Munich.

Président de la Studiorum Novi Testamenti Societas en 1964, il devient membre de l'Institut de France en 1972, élu à l'Académie des sciences morales et politiques.

Membre du Conseil œcuménique des Églises et ami du pape Paul VI, il participe au concile Vatican II en tant qu'observateur. Oscar Cullmann contribue à la mise en place de l'Institut œcuménique et théologique de Tantur, inauguré en sa présence en 1972, à Bethléem. Le prix Paul VI récompense son engagement œcuménique en 1994.

Pensée

Trois axes peuvent définir les orientations de recherche d'Oscar Cullmann :

  • son intérêt pour un judaïsme qu'il qualifie d'hétérodoxe, qui est à l'origine du christianisme[2], et qui a permis, selon lui, aux premiers théologiens chrétiens de développer une théologie originale.
  • ses développements théologiques sur l'« histoire du salut » (Heilsgeschichte), qui le poussent à distinguer, dans le Nouveau Testament «une tension d'ordre temporel, dont l'expression dialectique est celle du « déjà » et du « pas encore »[2](cf. ses deux ouvrages, Christ et le temps, 1946 et Le Salut dans l'histoire, 1966) : «Tout est déjà accompli en Jésus-Christ mais la fin n'est pas encore arrivée». Ainsi il écrit en 1992, dans Les Voies de l'unité chrétienne :

« La ligne du temps [...] est, selon le Nouveau Testament, coupée : il y a un milieu temporel (accomplissement) et une fin temporelle (achèvement). J’ai résumé cette tension par la formule : “déjà” et “pas encore” ; et je l’ai illustrée par une image bien comprise au moment où j’ai fixé mon idée par écrit (1944). La bataille décisive avait eu lieu, mais les combats continuaient et on attendait encore l’armistice. Le temps compris entre le milieu et la fin est celui du Nouveau Testament et se prolonge dans celui qui est le nôtre : il s’agit d’un temps intermédiaire... Cette conception engendre celle de l’histoire du salut que j’ai développée par la suite. »

  • Son investissement dans le dialogue œcuménique, qui a établi la notoriété d'Oscar Cullmann, et notamment l’octroi du Prix Paul VI (1994). Il publie en 1952 son ouvrage Saint Pierre, disciple, apôtre, martyr et participe à l'ensemble des sessions du Concile Vatican II. Il défend l'idée d'une unité par la diversité et soutient l'établissement d'une communauté d’Églises qui tirent un enseignement de leurs différences doctrinales[2].

Publications en français

Notes et références

Pour approfondir

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